La pré-éclampsie: et après?

Ma crainte principale pour cette seconde grossesse est de revivre une fin de grossesse similaire à la première. Bien avant de tomber enceinte je me suis donc renseignée sur les risques et probabilité de refaire une pré-éclampsie. Bien m’en a pris car j’ai ainsi  découvert beaucoup de choses sur cette maladie que je voudrais vous faire partager ici.

Tout d’abord voici quelques explications à propos de la pré-éclampsie afin de mieux comprendre la suite.

La pré-éclampsie (ou toxémie gravidique) est une complication de grossesse qui peut conduire, entre autres,  à l’éclampsie, l’une des premières causes de mortalité maternelle et foetale. Mais pas de panique, elle ne touche qu’environ 5% des femmes et les examens mensuels de routine (analyses d’urine, suivi du poids, de la tension) ont  justement pour but de la détecter au plus vite.

Elle peut apparaître à partir de la 20ème semaine de grossesse et les symptômes sont les suivants:

  • L’hypertension artérielle (HTA): une tension supérieure à 14/9 au repos. L’hypertension seule  concerne 10% des grossesses,  et dans ces cas mieux vaut surveiller les autres symptômes qui caractérisent la pré-éclampsie
  • La protéinurie : présence d’albumine dans les urines (plus de 300 mg par jour)
  • Une prise de poids rapide (plus d’un kilo en une semaine)  associée à des oedèmes au niveau des chevilles et des jambes.
  • Des maux de tête, bourdonnements d’oreille, une somnolence inhabituelle ou des troubles oculaires : vision double, mouches volantes, etc…
  • Une  hyperréflexie peut également survenir
  • Le foetus présente un retard de croissance (hypotrophie)

La cause de cette maladie n’est pas précisément connue mais serait due à une mauvaise vascularisation du placenta. Les artères utérines sont de calibre insuffisant donc le placenta  ne reçoit pas assez de sang, et donc pas assez d’oxygène et de nutriments.

Les échanges entre la maman et le bébé sont alors perturbés. Cette situation peut conduire à un retard de croissance du bébé voire à une prématurité (liée à l’urgence de l’accouchement, le seul vrai traitement) ainsi qu’à une souffrance foetale.

Chez la maman, la tension artérielle augmente afin de compenser ces artères de calibre insuffisant. Le placenta libère également des substances toxiques qui altèrent la paroi des vaisseaux maternels. Ceci peut  aboutir à des lésions vasculaires rénales et hépatiques.

Si la pré-éclampsie est modérée et prise en charge rapidement, les conséquences sont limitées.

Si celle-ci n’est pas repérée suffisamment tôt ou réagit mal au traitement, elle peut se compliquer de manières différentes : l’éclampsie (survient dans environ 1 % des pré-éclampsies), l’hématome rétroplacentaire, le syndrôme HELLP,  et d’autres complications graves (hémorragie cérébrale, insuffisance rénale, rupture hépatique).

Mais heureusement l’éclampsie touche très peu de femmes enceintes, seulement une sur 2 000.

Voilà, c’est donc une maladie qui survient on ne sait pas trop comment, qui peut être grave mais qui n’arrive pas souvent, la "faute à pas de chance" en quelque sorte…

Quoique certaines d’entre nous ont plus de risque d’être touchées que les autres. A savoir que cela peut être génétique, ce qui fut mon cas, ma maman ayant fait une pré-éclampsie à la naissance de mon petit frère (mais ça je ne l’ai su qu’après la naissance de Poulette).

Les facteurs de risque principaux (qui multiplient le risque de survenue par 3) sont les suivants :

  • la nulliparité ou la première grossesse avec un nouveau partenaire
  • les grossesses multiples
  • des antécédents familiaux de pré-éclampsie
  • des ancêtres africains ou amérindiens
  • la présence d’anticorps antiphospholipides (les anticorps maternels developpent une intolérance aux antigènes paternels)
  • le diabète
  • des antécédents d’hypertension artérielle, de maladie rénale ou de désordres hématologiques
  •  un surplus de poids avant la grossesse (indice de masse corporelle (IMC) de 30 ou plus)
  • l’âge maternel (plus de 40 ans ou moins de 20 ans)
  • une pré-éclampsie lors d’une grossesse antérieure

Bingo, je me retrouve encore dans cette catégorie « à risques ».  Mais pour être sûre, j’ai posé la question à mon médecin qui m’a répondu que le risque de récidive d’une pré-éclampsie dépendait de la cause de la première pré-éclampsie. Toutefois, selon lui  c’est bien souvent une pathologie de la première grossesse, généralement les suivantes se passent mieux et peuvent même être normales.

Malheureusement il n’existe pas de moyens de prévention permettant d’empêcher la pré-éclampsie. Aller à toutes ses consultations de grossesse et faire les analyses prescrites reste le seul moyen de déceler la maladie suffisamment tôt pour traiter les éventuelles complications.

Les traitements consistent majoritairement en un repos complet (pour faire baisser la tension), des médicaments antihypertenseur et une surveillance accrue de l’évolution de la maladie et des symptômes en fonction du terme de la grossesse.

Il est préférable de se reposer sur le coté gauche car cela diminue la pression sur plusieurs vaisseaux sanguins principaux situés à droite. Par contre cela augmente aussi l’envie d’uriner.  Mais c’est une bonne chose car une évacuation régulière des urines améliore la qualité du sang.

Finalement,  le seul traitement efficace de cette maladie est l’accouchement. Cela arrête l’activité du placenta qui provoque les symptômes. Les autres traitements n’ont comme unique but d’attendre un terme d’accouchement compatible entre la vie de l’enfant et celle de la mère.

Tout devrait revenir à la normale 4 à 6 semaines après l’accouchement. Pour ma part, 24h après toutes mes analyses étaient redevenues normales.

Selon la gravité de la pré-éclampsie et afin de déterminer l’origine de celle-ci, des examens peuvent être réalisés par un néphrologue, une cardiologue ou un ophtalmologue,  4 à 6 mois après l’accouchement. Cela permet parfois de déceler une maladie (comme une hypertension chronique) qui aurait été révélée par la grossesse.

En conclusion, pour cette seconde grossesse, j’applique les consignes suivantes: beaucoup de repos sur le coté gauche (évidemment je ne suis bien qu’à droite), un suivi régulier avec des échographies mensuelles pour surveiller le développement du placenta. Bref on ne s’alarme pas, ma grossesse est considérée normale jusqu’ à preuve du contraire… je croise les doigts!

PS: cet article reflète ma compréhension de la maladie et n’a aucune valeur médicale. Bien que je me sois servie des réponses apportées par mon gynéco, ma sage-femme et mon généraliste a mes questions, il se peut que ma retranscription ne soit pas tout à fait exacte et j’invite quiconque ayant des connaissances sur le sujet à apporter ses commentaires. En cas de doute pour les femmes enceintes, n’hésitez pas à consulter, mieux vaut une consultation pour s’entendre dire que tout va bien plutôt que de laisser
empirer une complication qui pourrait avoir de graves conséquences.

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Une réflexion sur “La pré-éclampsie: et après?

  1. Bonjour, je vient de trouver votre blog par hasard. Moi même j’ai fait une préeclampsie à 36 sa + 5 jours et je pose également des questions pour une seconde grossesse. Je voulais juste vous dire que je trouve votre article très bien.

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