Sevrer en douceur (2)

Un petit point sur l’avancée du sevrage. Premier constat : le délai que je m’étais plus ou moins fixé est largement dépassé et Poulette est toujours lactolique (pour reprendre la jolie expression de McMaman). Néanmoins on a bien progressé.  Le rythme des tétées a considérablement ralenti et l’on est arrivé à un équilibre qui nous convient à toutes les deux.

  • Etape 1 : Les nuits
    Bien que nos essais pour l’aider à faire ses nuits  aient plus ou moins été réduits à néant  du fait du voyage en avion, du décalage horaire, des multiples déménagements, des premiers jours avec la nounou et des 4 dents qui la chiffonnaient il n’y a globalement eu qu’un seul réveil/tétée par nuit au cours du dernier mois. Il est même arrivé 2 ou 3 fois, ô joie, ô bonheur que Poulette ne se réveille pas et fasse une nuit de 11h

  • Etape 2, 3 et 4 : Arrêter de tirer mon lait
    Succès !
    Ma lactation s’est bien adaptée, je n’ai pas besoin de tirer mon lait pour me soulager pendant une longue journée de travail (je viens de reprendre à temps plein). A la crèche / avec la nounou, le lait maternel a été remplacé en partie par du lait en poudre et l’autre partie par un yaourt. Poulette préférant le yaourt (et tous les laitages en général), on est vite passé au tout yaourt.
  • Cinquième étape : Le repas du soir
    On a progressivement diversifié le repas : purée, biberon, sein, les trois lui on été proposés jusqu’à ce qu’un jour Poulette ait un déclic : elle aime manger à la cuillère. Depuis c’est un puits sans fond ! Néanmoins je lui propose toujours le sein avant l’histoire du soir et 2
    fois sur 3 elle s’y endort calmement. Il arrive aussi que je ne sois pas là et cela ne l’empêche pas de s’endormir, je pense qu’elle comprend maintenant que si maman n’est pas là il n’y aura pas de tétée alors on fait sans.
  • Sixième étape : remplacer la tétée du matin par un biberon
    Remplacer ? Non, pas remplacer mais varier le repas. Poulette montre un intérêt de plus en plus grand à manger « toute seule » et comme nous. Elle grignote donc un morceau de pain ou de brioche, boit un peu de jus d’oranges, se baffre de raisins, etc… pendant que l’on prend notre petit déjeuner. Ensuite c’est tétée ou biberon, biberon la semaine car maman doit se préparer pour le travail et tétée le week end car on a plus le temps.

La cadence a donc bien diminuée et ma lactation s’est bien adaptée (un bémol cependant ma poitrine en a profité pour fondre comme neige au soleil :( ). Je peux donc porter la lingerie qui me plait et prendre un petit apéro de temps à autre tout en gardant ces instants si privilégiés avec ma fille, on est donc arrivé à un équilibre qui nous convient bien et je pense que les tétées restantes devraient se faire de plus en plus rares et disparaître d’elles-mêmes. En tout cas je n’ai pas de plan pour les éradiquer, on va laisser faire le temps. En parallèle Poulette fait de plus en plus de vrais câlins : elle pose sa tête au creux de notre cou et nous enlace fort avec ses petits bras ! On remplace donc tout doucement une sorte de câlin par une autre…

Se sevrer du tire-lait

La deuxième étape de mon plan de sevrage consiste à passer en allaitement mixte et donc à arrêter de tirer mon lait au boulot. Après 8 mois de bons et loyaux services, j’étais prête à remiser le tire-lait au placard.

Je travaille à temps partiel et tirais mon deux fois, vers 10h puis vers 13h. J’ai donc d’abord réduit la durée des tirages pour finalement, au bout de quelques jours, n’en garder qu’un que j’ai un peu décalé vers 11/11h30. Poulette avait donc encore mon lait à la crèche, que l’on a progressivement compléter par un biberon de lait en poudre.

Et puis un jour, absorbée par le boulot j’ai tout simplement oublié de tirer et je n’ai pas ressenti de désagrément majeur. J’étais néanmoins bien contente de récupérer ma Poulette et de lui donner une bonne tétée pour le gouter.
Le jour suivant j’ai donc laisser le tire-lait électrique à la maison et mis le tire-lait manuel dans mon sac à main avec l’idée de me soulager seulement si j’en ressentais le besoin. Je me suis sentie libérée d’un poids, celui du tire-lait. Plus qu’un seul sac à trimballer !
J’ai tout bien nettoyé et stérilise une dernière fois, et hop dans le placard ! Sans regrets, au contraire, il a été bien rentabilisé…

Je n’ai jamais ressenti l’allaitement et le fait de tirer mon lait comme une contrainte (sinon j’aurais arrêter bien plus tôt) mais je me suis effectivement sentie plus légère de ne plus avoir à le faire. La vaisselle des petites pièces du tire-lait tout les soirs a été remplacée par des jeux et des câlins avec Poulette ce qui me plait beaucoup.

Mon expérience s’est passée bien mieux que ce à quoi je m’attendais. J’avais fait quelques recherches sur les différentes méthodes pour améliorer son confort pendant la période de sevrage. Pour rappel la lactation automatique, je ne connais pas donc il m’arrive encore de « déborder » lorsque l’intervalle entre 2 tétées est inhabituellement important.

Voilà donc quelques astuces pour gérer le confort pendant la période d’adaptation de la lactation.

  • Veuillez à ne pas comprimer les seins, pourquoi ne pas porter un soutien-gorge ou l’on se sent à l’aise en période « de pointe » ? Une fois que la lactation aura trouvée son rythme, les soutien-gorge normaux pourront refaire leur appariation car un soutien-gorge trop serre risquerait juste de provoquer un engorgement, une mastite ou autre joyeuseté.
  • Exprimer un peu de lait manuellement ou au tire-lait, juste de quoi se soulager, ne pas viser la performance.
  • Les compresses chaudes et feuilles de choux peuvent soulager (mais au bureau ca risque de susciter des commentaires sans parler de l’odeur…)
  • Certaines herbes ont pour propriété de ralentir la production de lait, à savoir la sauge (lien), le jasmin, le persil et la menthe poivrée. Une petite tisane avec ces plantes permet donc de s’hydrater sans avoir peur ressentir l’effet Pamela quelques temps plus tard.

Et pour finir qui dit réduction de la lactation, dit chute des taux hormonaux, c’est la deuxième raison (après le confort de la maman et du bébé) pour laquelle un sevrage progressif est préférable. Une chute brutale des hormones s’accompagne souvent d’un sentiment de tristesse similaire au baby blues. Il n’est donc pas rare que les mamans en plein sevrage aient un petit coup de blues ccomme le raconte si bien Marie.  Après tout c’est la fin d’une période, mais on peut aussi le voir comme le début d’une autre qui peut nous apporter tout autant de joie (je pense notamment aux petites étoiles dans les yeux de Chéri quand Poulette lui a caressé la main pendant tout le temps qu’il lui donnait le biberon).

Premier biberon

Lait en poudre, lait artificiel, lait maternisé… tout un monde à découvrir…

Déjà ouvrir la boîte. Non, on ne rigole pas c’est pas évident quand la petite languette nous reste dans la main… Ensuite comment on fait? Merde, c’est écrit en arabe… c’est pas grave je comprends les images…

Bon c’est le moment du goûter, on se lance avec un petit biberon de 60 ml. Trop chaud. Alors on attend un peu. C’est mieux là? Niveau température oui mais le goût… beurk, on va vraiment lui donner ça?

Et on l’a fait. Et même que ça s’est super bien passé.

Me voilà donc rassurée… pourquoi?

Suite à ce billet, j’avais décidé d’attendre que la diversification alimentaire soit bien enclenchée pour avoir un peu moins de lait à fournir et réduire la cadence des tirages au bureau et donc tirer plus pour mon confort que par necessité. C’était il y a bientôt 2 mois et force est de constater que les purées, que ce soit celles faites avec amour (et le robot) par maman ou les petits pots du commerce, ben c’est pas son truc à ma Poulette. J’avais même l’impression que plus le temps avançait, moins elle montrait d’intérêt et refusait d’avaler. Les morceaux à mâchouiller ça lui plait mais soyons honnête il y en a plus par terre et sur la chaise haute que dans son estomac et surtout je ne me vois pas lui en donner pour la crèche.

Tout ça pour dire que le rythme des tétées ne s’étant que légèrement ralentit et une forte fièvre ont eu raison de moi, Poulette a eu son premier biberon.

C’était à la fois l’occasion de me reposer mais aussi de faire un essai. En effet, dans 1 mois, je dois m’absenter toute une journée pendant mes vacances et je ne comptais ni emmener de tire-lait ni passer les deux jours précédents à tirer mon lait en prévision de cette journée. Sans compter que lors de ces vacances j’assiste à deux mariages auxquels j’ai envie de m’habiller normalement (une robe qui ne soit pas "d’allaitement") et de profiter des vins après près de 18 mois d’abstinence… savoir qu’elle acceptera un biberon de lait en poudre le lendemain matin me permettra de bien profiter de ma soirée.

Et surtout, surtout, le mois d’après c’est à mon tour de me marier!

Travailler et faire du lait

Allaiter et travailler c’est possible, ça demande juste un peu de préparation et d’organisation.
« Le petit guide de l’allaitement pour la mere qui travaille » et les sites de La Leche League et Lactissima (parcourus en long et en large) m’ont bien aidés à y voir plus clair pour préparer ma rentrée.

Mon principal souci était de savoir comment j’allais m’organiser : quand et où tirer ? combien de fois ? frigo, congel ou glacière ? plusieurs petits biberons ou de gros biberons moins nombreux?
Apres bien des prises de tête et d’essais pour parvenir aux bonnes quantités, je suis parvenue à l’organisation suivante :

Le matin une petite tétée avant de partir pour la crèche. On emporte 3 biberons de 120 ml dans un sac isotherme avec un bloc congélation (j’utilise le sac et le bloc fourni avec mon tire-lait, les dimensions sont parfaites et ô joie, le bloc réfrigérant s’encastre aussi bien dans les biberons que les canettes de bière (qui favorise la lactation ;)).

Les auxiliaires conservent le lait au frigo et le réchauffe doucement dans un peu d’eau chaude avant de le donner à ma Poulette.
Les infos et commentaires trouvés ici m’ont bien aidés pour trouver les quantités de départ. J’ai préféré commencer par donner plein de petits biberons pour essayer de respecter au mieux le rythme des tétées.
Au tout début, Poulette prenait donc de petits biberons de 60 ml (j’en fournissais 4) puis lorsqu’il a fallu lui en donner deux pour un repas, on est passé à 80 ml puis 100 ml et enfin 120 ml (dans le même temps la fréquence des biberons a diminuée). Je me laisse aveuglement guidée par la crèche, ne sachant pas du tout comment ma fille se comporte avec un biberon.
Jusque ici pas de confusion sein-tétine mais je veille bien à bien faire la distinction : les biberons c’est pour la crèche ou quand je ne suis pas là, sinon c’est tétée. Ca a l’air de bien marcher pour l’instant.

De mon côté, je profite de ma pause allaitement pour tirer mon lait. Je tire deux fois (entre 8h et 14h) à 3h d’écart pendant 10 à 15 min, j’ai remarqué que plus j’étais régulière dans mes horaires plus j’obtenais de lait. J’obtiens au total 2 biberons de 100 à 120 ml que je range dans mon sac isotherme.
Ces pauses, outre nourrir ma fille, m’ont permis de faire ce que je n’avais plus beaucoup le temps de faire depuis un bon moment : lire ! Déjà 3 livres lus depuis le début de l’aventure de l’allaitement au travail…

Malheureusement je n’ai pas trouvé d’autre endroit que les toilettes pour tirer mon lait. Cependant c’est propre et peu fréquenté donc je fais avec.

Récupération de la Poulette à 15h, tétée.

Retour à la maison, étiquetage (nom de ma Poulette, date et quantité) et stockage des biberons tirés dans la journée au frigo jusqu’au lendemain matin où ils partiront à la crèche avec nous.

Bien souvent Poulette ne boit que 2 des 3 biberons que j’apporte à la crèche, le biberon restant est donc conservé au frigo et sera bu le lendemain en premier. La crèche est rassurée d’avoir un biberon de rab pour le cas où un viendrait à se renverser par exemple (ça n’est encore jamais arrivé mais on ne sait jamais).
De plus, cela permet d’avoir du lait datant de deux journées différentes donc si un lait ne passe pas pour X raisons (Poulette a horreur de la rhubarbe par exemple) elle a quand même à manger. Une à deux fois par semaine je récupère le surplus de lait (qui date donc de la veille ou au plus de l’avant-veille) que je congèle dans des sacs (je viens enfin de comprendre l’intérêt du stockage à l’horizontal… oui, oui je suis blonde).

De temps en temps il arrive que je ne puisse pas pu tirer assez longtemps ou assez souvent au travail, je puise donc dans ma petite réserve congelée.
Je préfère néanmoins fonctionner en flux tendus avec du lait frais car celui-ci se conserve sans problèmes 3 à 5 jours au frigo (la durée varie d’un site à l’autre) alors que le lait décongelé doit se boire dans la journée (donc s’il n’est pas bu il sera jeté alors que du lait frais peut se conserver facilement jusqu’au lendemain dans le frigo).

Il arrive aussi que je remarque une baisse de production, surtout vers la fin de la semaine, dans ce cas il m’arrive de rajouter un petit tirage après la tétée du matin, pour partir plus sereine au travail sans obligation de fournir un repas complet. Ca suffit bien souvent à régulariser la situation en quelques jours.
J’ai également troqué mes thés et tisanes (je suis une grande consommatrice) par des tisanes favorisant la lactation : fenouil, anis, cumin ou mélange tout prêt « maman-bébé ». En plus il parait que ca parfume délicatement le lait (c’est Marjoliemaman qui le dit).


En cas de forte baisse, j’ai testé la cure de fenugrec. Cette épice galactagogue a un effet secondaire des plus surprenants : elle modifie l’odeur corporelle en version « sirop d’érable ». Et ouais avec le fenugrec, tu sens bon des dessous de bras ! (et tu as l’air con quand chéri te surprends en train de renifler tes aisselles et toi de lui dire « Vas-y sens ça sent l’érable »).

Hum... ça sent bon!

Au niveau logistique, je ne suis pas sponsorisé par Medela mais pas loin…

J’utilise le tire-lait double pompage Freestyle (kit main libre bien pratique pour faire autre chose pendant la traite même si on peut utiliser un tire-lait normal avec un bustier spécial qui libère les mains) fourni avec son sac de transport (féminin et passe-partout), le bloc glacière et quelques biberons. J’ai seulement acheté des tétines et quelques biberons car c’est le seul contenant que j’utilise. En effet ils s’adaptent aussi bien aux téterelles qu’aux tétines grâce à leur astucieux couvercle en deux parties : la bague et un opercule. Il suffit d’enlever l’opercule et de le remplacer par une tétine et hop le biberon est prêt !
Non seulement c’est très pratique (pour la crèche c’est plus rapide que de préparer un biberon de lait en poudre), on ne perd pas de lait dans des transvasements mais surtout, surtout : moins de vaisselle !! Youhou !!

Mode stockage

Mode tétine

Pour finir il doit y avoir autant de témoignages que de mamans, de modes de garde et de boulots différents mais voilà ma petite pierre à l’édifice, ce n’est qu’un aperçu de ce qui marche pour nous.

J’avoue qu’être un peu déchargée des tirages au travail lorsque Poulette sera diversifiée sera sans doute un gros plus mais ça ne devrait plus tarder!

Biberon?

Juju organise un concours sur son blog  pour gagner un Bib’Expresso ! Vous connaissez la Senseo ou la Nespresso (mais siiii, Georges, voyons) ? Ben là c’est le même principe version bébé et biberon…

 Alors oui j’aimerais allaiter mais lorsque j’ai montré le Bibi’Expresso au futur papa, j’ai vu la petite étincelle dans ses yeux : il s’imaginait déjà en train de préparer le bibi d’une main, tout en se faisant son café de l’autre… (pendant que moi je roupille sous la couette). Bon ok, il ne m’en faut pas plus, je participe !

 Alors, alors, si on me dit « biberon » ?

 D’abord je pense à mon petit frère, ce petit fourbe… voilà comment on m’a vanté l’arrivée de l’envahisseur : tu vas pouvoir lui donner le biberon! Chouette, alors ! Sauf qu’il n’en a jamais voulu ! Mossieur n’aimait pas le gout du caoutchouc ni du silicone… pppffff…

 Un autre souvenir de biberon, l’un de mes premiers souvenirs d’ailleurs… mon bibi est là sur le plan de travail, je me hisse pour l’attraper du bout des doigts et… badaboum… la tétine n’était pas vissée, tout le liquide bouillant m’est tombé dessus… j’ai du crier pas mal car je me souviens que ma mère a fait venir le médecin, chose rarissime. Ce fut mon dernier biberon… et le début de ma maladresse légendaire je suppose…

 Une autre rencontre avec le monde de la biberonerie pendant mon projet de fin d’études : la synthèse du BPA… tout le connait bien ce vilain produit maintenant (sinon allez voir ici, c’est très bien expliqué) mais à l’époque (y’a 5 ans, quoi) on en entendait moins parler. Ma petite phrase de conclusion portait sur ses principales utilisations dont les biberons, ce qui avait horrifiée une de mes profs, elle avait justement un biberon dans son sac, en BPA évidemment…
Depuis on fabrique de plus en plus de biberons sans BPA (aucun lien avec mes recherches mais j’aime à penser que si) et c’est vers ceux-là que je vais m’orienter pour le petit bout à venir.