Travailler et faire du lait

Allaiter et travailler c’est possible, ça demande juste un peu de préparation et d’organisation.
« Le petit guide de l’allaitement pour la mere qui travaille » et les sites de La Leche League et Lactissima (parcourus en long et en large) m’ont bien aidés à y voir plus clair pour préparer ma rentrée.

Mon principal souci était de savoir comment j’allais m’organiser : quand et où tirer ? combien de fois ? frigo, congel ou glacière ? plusieurs petits biberons ou de gros biberons moins nombreux?
Apres bien des prises de tête et d’essais pour parvenir aux bonnes quantités, je suis parvenue à l’organisation suivante :

Le matin une petite tétée avant de partir pour la crèche. On emporte 3 biberons de 120 ml dans un sac isotherme avec un bloc congélation (j’utilise le sac et le bloc fourni avec mon tire-lait, les dimensions sont parfaites et ô joie, le bloc réfrigérant s’encastre aussi bien dans les biberons que les canettes de bière (qui favorise la lactation ;)).

Les auxiliaires conservent le lait au frigo et le réchauffe doucement dans un peu d’eau chaude avant de le donner à ma Poulette.
Les infos et commentaires trouvés ici m’ont bien aidés pour trouver les quantités de départ. J’ai préféré commencer par donner plein de petits biberons pour essayer de respecter au mieux le rythme des tétées.
Au tout début, Poulette prenait donc de petits biberons de 60 ml (j’en fournissais 4) puis lorsqu’il a fallu lui en donner deux pour un repas, on est passé à 80 ml puis 100 ml et enfin 120 ml (dans le même temps la fréquence des biberons a diminuée). Je me laisse aveuglement guidée par la crèche, ne sachant pas du tout comment ma fille se comporte avec un biberon.
Jusque ici pas de confusion sein-tétine mais je veille bien à bien faire la distinction : les biberons c’est pour la crèche ou quand je ne suis pas là, sinon c’est tétée. Ca a l’air de bien marcher pour l’instant.

De mon côté, je profite de ma pause allaitement pour tirer mon lait. Je tire deux fois (entre 8h et 14h) à 3h d’écart pendant 10 à 15 min, j’ai remarqué que plus j’étais régulière dans mes horaires plus j’obtenais de lait. J’obtiens au total 2 biberons de 100 à 120 ml que je range dans mon sac isotherme.
Ces pauses, outre nourrir ma fille, m’ont permis de faire ce que je n’avais plus beaucoup le temps de faire depuis un bon moment : lire ! Déjà 3 livres lus depuis le début de l’aventure de l’allaitement au travail…

Malheureusement je n’ai pas trouvé d’autre endroit que les toilettes pour tirer mon lait. Cependant c’est propre et peu fréquenté donc je fais avec.

Récupération de la Poulette à 15h, tétée.

Retour à la maison, étiquetage (nom de ma Poulette, date et quantité) et stockage des biberons tirés dans la journée au frigo jusqu’au lendemain matin où ils partiront à la crèche avec nous.

Bien souvent Poulette ne boit que 2 des 3 biberons que j’apporte à la crèche, le biberon restant est donc conservé au frigo et sera bu le lendemain en premier. La crèche est rassurée d’avoir un biberon de rab pour le cas où un viendrait à se renverser par exemple (ça n’est encore jamais arrivé mais on ne sait jamais).
De plus, cela permet d’avoir du lait datant de deux journées différentes donc si un lait ne passe pas pour X raisons (Poulette a horreur de la rhubarbe par exemple) elle a quand même à manger. Une à deux fois par semaine je récupère le surplus de lait (qui date donc de la veille ou au plus de l’avant-veille) que je congèle dans des sacs (je viens enfin de comprendre l’intérêt du stockage à l’horizontal… oui, oui je suis blonde).

De temps en temps il arrive que je ne puisse pas pu tirer assez longtemps ou assez souvent au travail, je puise donc dans ma petite réserve congelée.
Je préfère néanmoins fonctionner en flux tendus avec du lait frais car celui-ci se conserve sans problèmes 3 à 5 jours au frigo (la durée varie d’un site à l’autre) alors que le lait décongelé doit se boire dans la journée (donc s’il n’est pas bu il sera jeté alors que du lait frais peut se conserver facilement jusqu’au lendemain dans le frigo).

Il arrive aussi que je remarque une baisse de production, surtout vers la fin de la semaine, dans ce cas il m’arrive de rajouter un petit tirage après la tétée du matin, pour partir plus sereine au travail sans obligation de fournir un repas complet. Ca suffit bien souvent à régulariser la situation en quelques jours.
J’ai également troqué mes thés et tisanes (je suis une grande consommatrice) par des tisanes favorisant la lactation : fenouil, anis, cumin ou mélange tout prêt « maman-bébé ». En plus il parait que ca parfume délicatement le lait (c’est Marjoliemaman qui le dit).


En cas de forte baisse, j’ai testé la cure de fenugrec. Cette épice galactagogue a un effet secondaire des plus surprenants : elle modifie l’odeur corporelle en version « sirop d’érable ». Et ouais avec le fenugrec, tu sens bon des dessous de bras ! (et tu as l’air con quand chéri te surprends en train de renifler tes aisselles et toi de lui dire « Vas-y sens ça sent l’érable »).

Hum... ça sent bon!

Au niveau logistique, je ne suis pas sponsorisé par Medela mais pas loin…

J’utilise le tire-lait double pompage Freestyle (kit main libre bien pratique pour faire autre chose pendant la traite même si on peut utiliser un tire-lait normal avec un bustier spécial qui libère les mains) fourni avec son sac de transport (féminin et passe-partout), le bloc glacière et quelques biberons. J’ai seulement acheté des tétines et quelques biberons car c’est le seul contenant que j’utilise. En effet ils s’adaptent aussi bien aux téterelles qu’aux tétines grâce à leur astucieux couvercle en deux parties : la bague et un opercule. Il suffit d’enlever l’opercule et de le remplacer par une tétine et hop le biberon est prêt !
Non seulement c’est très pratique (pour la crèche c’est plus rapide que de préparer un biberon de lait en poudre), on ne perd pas de lait dans des transvasements mais surtout, surtout : moins de vaisselle !! Youhou !!

Mode stockage

Mode tétine

Pour finir il doit y avoir autant de témoignages que de mamans, de modes de garde et de boulots différents mais voilà ma petite pierre à l’édifice, ce n’est qu’un aperçu de ce qui marche pour nous.

J’avoue qu’être un peu déchargée des tirages au travail lorsque Poulette sera diversifiée sera sans doute un gros plus mais ça ne devrait plus tarder!

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14 réflexions au sujet de « Travailler et faire du lait »

  1. Merci pour ce bel article ! c’est encourageant pour les mamans qui redoutent la reprise du travail.
    Perso, je continue d’aller uniquement matin et soir (BB a 10 mois) et j’ai tiré mon lait les deux premiers mois de reprise. Cependant, il faut bien reconnaitre que c’est fatiguant (enfin dans mon cas) ! je trouve que les tire lait même s’ils sont maintenant plutot confortables, sont moins stimulants que BB lui même donc ca fatigue…

    • Effectivement bébé est le meilleur des tire-laits! En ce qui concerne la fatigue, je ne la ressens pas trop du fait de tirer mon lait mais plutôt du fait des nuits hachées (gros retour en arrière après 2 mois de nuits avec 1 seul réveil… glups) 🙂

  2. Bon article, bien détaillé. Je bois également de la bière (la Volsberg, une blonde légère sans alcool). Je vais tenter le fenugrec, surtout pour l’odeur.

    Je tire 2 fois au travail aussi, mais je ne suis pas très régulière dans l’horaire. Comme je tire une fois le matin sur le sein non-tété et 2 fois dans la journée tandis que bébé boit 3 biberons…j’ai plein de lait dans la journée.
    Je tire 100-120mL à chaque tirage les deux seins cumulés en journée. La nounou a un stock de congelé « au cas où ».
    J’ai loué un Ardo Calypso et les bibs Medela s’adaptent dessus, ô joie et bonheur !

    Tiens d’ailleurs je devrais raconter comme toi, sur mon blog mon organisation.

      • Malheureusement, il se réveille une fois la nuit. Mais j’ai repéré des bandelettes pour mesurer l’alcool dans le lait (type alcootest).

      • Ah oui j’en ai entendu parlé mais jamais essayé. Les rares fois où j’ai consommé de l’alcool et où Poulette s’est réveillé dans les 2 heure qui suivaient, on a testé d’autres méthodes pour la rendormir (sans grand succès bien sûr).

  3. J’ai continué à allaiter à chaque fois après ma reprise du travail, par contre je tirai 1 seule fois mon lait durant la pause déjeuner. J’obtenais un biberon de 330 ml, et je complétais le soir.

    Ce n’est pas toujours facile mais ça vaut le coup 🙂

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