Mon Baleineau

Dans le désordre et comme ça vient, quelques nouvelles de mon Baleineau, 5 mois bien tassés:

  • c’est le plus beau!
  •  il fait maintenant plus de 7 kg et 60 cm (rappel: poids de naissance 1,7 kg). Oui la cantine est bonne!
  •  l’allaitement se passe maintenant à merveille, il est accro du tétou! A tel point qu’il régurgite une bonne partie de ses repas peu de temps après. La machine à laver tourne à plein régime et les bavoirs défilent. J’ai d’ailleurs eu l’occasion de tester les bavoirs- bandanas* de Funky Giraffe et j’en suis ravie. Mon loulou est beau à croquer et leur doublure en polaire le laisse au sec.
Mon Baleineau

Mon Baleineau

  • il nous innonde de sourires et d’éclats de rire, adore jouer sur son tapis d’éveil et commence à se retourner.
  •  il dort plutôt bien (si on compare à sa soeur au même âge à moins que je ne me sois habituée aux nuits pourries)
  •  il voue une admiration sans bornes à sa grande soeur qui le lui rend bien
  •  il rentre à la crèche début septembre quand maman retourne au turbin… gloups
  • son baptême de l’air s’est passé sans encombres

Bref, c’est du bonheur en barre ce bébé!

* Produit offert par la marque

Allaiter (encore) un prématuré

En relisant  le témoignage d’allaitement que j’avais fait pour Poulette je me rends compte qu’à l’époque j’avais trouvé ça très long à se mettre en place (ça avait pris un petit mois pour qu’elle soit allaitée au sein à 100%), laissez moi rire…

Bref, commençons par le début. 32 +5 SA c’est bien petit pour téter… Malgré tout, cette fois-ci j’avais l’expérience d’un premier allaitement de prématuré, je n’étais pas tout à fait dans l’inconnu et je savais quelles erreurs je ne souhaitais pas commettre. A peine le Petit Poisson né, j’ai donc demandé un tire-lait. Je savais qu’un bon démarrage de la lactation commence au plus tôt après la naissance. Faute de bébé, j’ai utilisé un tire-lait. Toutes les 3h. Jour et nuit. Je voulais reproduire du mieux que possible le rythme d’un nourrisson pour favoriser ma montée de lait et receuillir un maximum de colostrum pour mon fils. Et cela a bien marché car la montée de lait est arrivée le deuxième jour. J’ai donc continué sur ma lancée et j’ai rapidement pu fournir beaucoup de lait à la néonat. Tant et si bien qu’ils m’ont gentiment demandé de garder le lait chez moi car leur congélateur était plein. Je n’avais donc pas à m’inquiéter de ma production de lait. Un point positif, un souci de moins.

Production d’une nuit !

Car des soucis nous en avons eu à la pelle. Tant et si bien que je ne sais par quoi commencer.

Le début peut-être… dès que nous avons pu prendre le Petit Poisson dans nos bras, on m’a proposé de le mettre au sein, afin de faire connaissance. Les moments où il était éveillé et alerte étaient bien rares et ne coïncidaient que rarement avec les moments de mes visites. 

Mon Petit Poisson est né dans un hôpital Ami des Bébés et le personnel de néonat a été admirable concernant l’allaitement. Une consultante en allaitement est venue me voir dans les 6 h qui ont suivi la naissance pour s’assurer que je disposais de toutes les informations utiles et du matériel nécessaire. Le peau-à-peau et les mises au sein ont été encouragées dès que son état de santé le lui a permis et le Petit Poisson a pris sa première tétée quand il a eu 16 jours.

Première tétée en néonat

Jusque là il était nourri par sonde, le but étant de passer directement de la sonde au sein en évitant la case biberon. Malheureusement avec une petite puce dont il fallait s’occuper aussi, les tirages de lait et le temps de trajet maison-hôpital il m’était difficile d’être présente à plus de deux tétées par jour. Ce fut très dur de savoir que je sabotais l’allaitement de mon fils mais je ne savais que faire d’autre… L’inconvénient de l’expatriation c’est que dans des situations comme celle-ci on se retrouve bien seuls, l’aide des amis est appréciée mais on ne pouvait leur demander de s’occuper de notre fille H24 pendant quelques semaines. Le coeur en miettes j’ai donc donner mon premier biberon à mon petit, me promettant de tout faire pour sauver cet allaitement.

Une semaine après le Petit Poisson découvrait enfin notre foyer (et sa grande soeur par la même occasion) et le plan « allaitement au sein à 100% » était lancé. Mais malgré tous mes efforts, je n’arrivais pas à lui faire prendre le sein correctement. J’ai eu beau parcourir le site de la Leche League et mon livre sur l’allaitement, rien ne marchait… Je continuais donc l’infernal trio « essai de mise au sein – biberon – tirage du lait », en y ajoutant la vaisselle et stérilisation / congélation de tout le matériel cela me prenait 1h30 à 2h alors que le Petit Poisson mangeait toutes les 3h. Je ne pouvais donc pas imaginer sortir ne serait-ce qu’une heure…

N’en pouvant plus mais ne voulant pas renoncer (il avait su téter une fois, il en était donc capable) je suis retournée à la clinique de lactation de ma maternité. Les conseils apportés ne m’ont pas fait plaisir il faut l’avouer: il lui faudrait du temps, beaucoup de temps avant de pouvoir téter correctement et certainement avec des bouts de sein en silicone. Mais surtout ils ont vu ce que personne n’avait encore remarqué: le Petit Poisson avait le frein de la langue bien trop court pour pouvoir prendre correctement le sein en bouche.

Nous avons donc été redirigés vers un chirurgien pédiatrique qui a réglé le problème en 5 (longues) minutes. Néanmoins contrairement à ce que j’ai pu lire, mon Petit Poisson a eu mal et il lui a fallu plusieurs jours pour s’habituer à la nouvelle mobilité de sa langue et pour qu’il ne la colle plus à son palais (pas très pratique pour allaiter).

Pour moi les bouts de sein c’était le mal, je ne voulais pas en entendre parler mais j’ai essayé et j’ai du me rendre à l’évidence… avec, il a tété… Certes ce n’était pas optimal mais qu’est ce que ça fait du bien de ne plus avoir d’intermédiaire entre soi et son bébé! Pendant quelques semaines on a jonglé entre les tirages de lait, le biberon et les tétées en plastiques pour que ma lactation s’adapte à ce nouveau mode d’alimentation. Une fois le 100% tétées en plastique établi, on a décidé que certes le plastique c’est fantastique mais c’est tellement mieux sans!

Retour à la clinique de lactation pour apprendre à mettre Petit Poisson au sein sans les bouts de sein. Ce fut long, très long pour en venir à bout de ces bouts de sein! Le déclic est venu de mon bébé quand il avait 2.5 mois; nous avons été séparé quelques heures le temps que je subisse une petite intervention. J’avais laissé un biberon de lait tiré au papa au cas où… Le Petit Poisson n’en a pas voulu et s’est jeté sur mon sein à mon retour. Depuis ce jour, fini le plastique!

Aujourd’hui le tire-lait est au placard où j’espère qu’il restera longtemps et enfin je peux dire: j’allaite. Et non pas : j’allaite mais je tire mon lait ou j’allaite mais avec des bouts de sein. Je l’allaite, tout simplement (pas si simplement que ça, un REF vient un peu ombragé le tableau mais par rapport à nos difficultés initiales c’est du pipi de chat).

Et quand son regard plonge dans le mien, que ses lèvres dessinent un sourire de contentement, tous ces moments de galère sont balayés par une grosse vague de bonheur!

La cerise sur le gâteau? Une courbe de poids qui monte en flèche, le Petit Poisson devient donc officiellement le Baleineau!

L’est bon le lait de maman

La naissance du Petit Poisson – part 2

Hier, je vous ai laissé à 22h09. Je finis d’envoyer quelques textos, je pose mon téléphone et je me prépare à aller au lit.  Pendant que je me brosse les dents je remarque que les légères contractions que je ressens déjà depuis plusieurs semaines (aussi appelées contractions de Braxton Hicks ou de pré-travail) s’intensifient sans pour autant être douloureuses. A la fin du brossage, elles commencent à être un poil douloureuses.

Ca tombe bien l’infirmière est là pour vérifier les constantes de ma voisine de chambre, j’en profite pour lui faire part du changement dans mes contractions et elle me propose de faire un monito un peu plus tard si la douleur est toujours là. Elle quitte la pièce. Je la rappelle illico, ça fait MAL.

Le monito arrive et elle me demande donc de m’allonger pour qu’elle puisse l’installer. C’est à ce moment là que j’ai su…

J’ai su que le monito ne servirait à rien, que j’étais bien incapable de m’allonger sans quoi je ne saurais gérer cette douleur, que cette sensation qui avait commencé un peu plus tôt était celle de mon corps qui s’ouvrait et se préparait à faire naître ce bébé.

J’attrape mon téléphone qui était resté près de moi et j’appelle Chéri. Lui qui venait juste d’arriver à la maison, le voilà reparti en sens inverse…

Dans la chambre, c’est le branle-bas de combat, l’infirmière en chef arrive et comprend instantanément (le petit pied qui dépassait entre mes jambes a dû l’aider). Elle s’appelle Sharon et c’est à ces paroles que je m’accroche. Sa voix est douce et elle utilise les mêmes expressions et la même technique de respiration que celle que j’ai apprise pendant mes cours de préparation à la naissance. Je me concentre sur ma respiration, je suis dans ma bulle et étonnamment  je gère plutôt bien la douleur. Je ne perds pas pied comme lors de la naissance de Poulette (où la seule chose que je pouvais faire était crier), la respiration m’aide énormément.

Et Sharon me demande la chose la plus incongrue et la plus difficile lors de cet accouchement: d’arrêter de pousser! Tout se déroule à merveille mais le bébé ne peut pas naître ici, pas dans le couloir qui mène aux salles d’accouchement. Je tente donc d’aller à l’encontre de tout ce que mon corps m’incite à faire et je mesure l’ampleur de cette poussée réflexe, ce n’est juste pas possible d’aller à l’encontre de cette poussée, c’est incontrôlable.

Ca y est, je suis en salle d’accouchement, Sharon m’abandonne ici et je perds pied un instant, je veux qu’elle reste… Elle me confie à Verina, la sage-femme de garde. Cette dernière gagne instantanément ma confiance, elle me laisse carte blanche sur le choix de ma position et m’encourage à écouter mon corps. Il ne faut pas me le dire deux fois et je me laisse enfin porter par mes contractions alors que Verina me guide dans ma respiration et me réconforte…

Une poussée un peu plus forte et les fesses du Petit Poisson sont sorties, sa tête sortira à la prochaine poussée. J’ai un peu l’impression d’accoucher deux fois, pour ma fille une fois la tête sortie le plus dur était fait alors que là une fois les fesses dehors le plus dur restait à venir.

Je découvre alors un magnifique petit garçon et le temps se suspend un instant… Verina, pourquoi il ne crie pas? Pourquoi il est bleu? Pourquoi le cordon est-il autour de son cou? Je n’ai pas le temps de formuler ces questions à voix haute que les pleurs de mon fils emplissent la pièce… et c’est à ce moment là que le nouveau papa fait son entrée. Arrivé après la bataille, il découvre son fils d’un air ébahi.

Sage-femme, pédiatre et infirmière rient aux éclats, nous félicitent, l’ambiance est détendue malgré les circonstances. Le Petit Poisson, intubé par mesure de précaution, part découvrir ses nouveaux quartiers en néonat avec son papa.

Je suis abasourdie, je n’en reviens pas j’ai accouché… déjà… si vite… seule… naturellement… à genoux… d’un bébé en siège… dans mon joli top de grossesse… avec mes boucles d’oreilles… et mon téléphone à la main!

Et vous savez quoi? Ben un accouchement comme ça je veux bien recommencer dès demain (avec quelques semaines de grossesse supplémentaires toutefois) (et la néonat en moins).

J’ai eu la chance d’être entourée d’une super équipe ce qui ne fut pas le cas pour mon premier accouchement et ça change tout. J’étais également mieux préparée à gérer la douleur (mon premier ayant été rapide, il était fort probable que je ne puisse pas avoir de péridurale même si je l’avais souhaitée) et surtout j’ai pu constater à quel point rester libre de ses mouvements et choisir sa position permet d’atténuer la douleur des contractions. C’est plus sympa d’avoir la gravité de son côté plutôt que d’avoir à lutter contre.

La suite est un peu moins rose, le Petit Poisson resta trois semaines en néonat avant de pouvoir enfin rejoindre notre maison et faire la connaissance de sa grande soeur qui trépignait d’impatience à l’idée de connaître son « petit frère garçon ».

La naissance du Petit Poisson – part 1

Ce jour là, la famille Bidon a rendez-vous chez l’ostéopathe. J’attends ce rendez-vous avec impatience car mon sacrum et mon dos me font souffrir terriblement pendant cette grossesse.

Manque de bol, j’ai oublié de prendre des jouets pour Poulette, le trajet est longuet, alors je passe une bonne partie du temps tournée vers l’arrière de la voiture à faire l’animation. Quand soudain, un liquide chaud coule entre mes jambes…

Branle-bas de combat on fait demi-tour, direction les urgences de la maternité!
Sur le chemin du retour, je passe quelques coups de fil: l’ostéo pour annuler le rendez-vous, des copains pour garder Poulette pendant que nous allons aux urgences et enfin ma gynéco qui me confirme qu’un tour aux urgences est indispensable à ce stade car je ne suis qu’à 32 semaines…

Un petit détour par la maison pour me changer (mon pantalon est trempé, je n’ai plus de doutes quant à l’origine du liquide), préparer le sac de survie de Poulette et nous voilà aux urgences de la maternité, plutôt inquiets.
Le diagnostic est rapide: la poche des eaux est rompue, il faut m’hospitaliser pour voir comment la situation évolue, soit ce n’est qu’une fissure, avec du repos complet le liquide peut se régénérer et le Petit Poisson rester au chaud le plus longtemps possible soit c’est un début de travail. Je comprends rapidement que je ne retournerai plus travailler (il me restait 2 jours à tirer) et que tous mes beaux projets à faire pendant mon congé maternité tombent à l’eau (c’est le cas de le dire).

Moins d’une heure plus tard me voilà dans ma chambre que je partage avec Rania de Jordanie (pas la princesse). Commence alors une longue période d’incertitude, personne ne peut se prononcer avant de voir comment la situation évolue dans les jours qui viennent. Pourrais-je bientôt rentrer chez moi?

Ce qui va s’avérer être la dernière photo de mon bidon

Pas de bol, depuis la veille le Wifi est en panne, finalement c’est peut-être pas plus mal, ça m’empêche de googler « rupture des membranes à 32 SA » pour le regretter ensuite. Le temps me semble long, Chéri est rentré à la maison, il gère Poulette jusqu’à l’arrivée de Super Mamie qui a sauté dans le premier avion pour voler à notre secours.
Entre les visites de médecins pour moi ou ma colocataire, les passages des infirmières, les plateaux repas et les visiteurs, la notion de repos à l’hôpital est toute relative. Je prends mon mal en patience, je me dis que cela peut encore durer plusieurs semaines, mais qu’avec un peu de chance je pourrais bientôt passer en hospitalisation à domicile dans mon chez-moi avec ma Poulette, mon Chéri et ma maman pour me chouchouter. Et puis je bois, énormément, pour régénérer le liquide amniotique. J’ai découvert que celui-ci est en fait composé principalement de l’urine du foetus et que l’absorption de cette urine par le foetus lui permet de maturer ces poumons. J’encourage donc mon Petit Poisson à me faire pipi dedans…

Et surtout je relativise, car Rania perd aussi du liquide mais elle n’en est qu’à 24 semaines, elle. Elle a aussi du diabète gestation et une forte tension. Bref, vaut mieux être à ma place qu’à la sienne.

Deuxième jour d’hospitalisation, la position allongée n’y fait rien, je continue de perdre du liquide et celui-ci ne se régénère pas assez vite pour compenser les pertes. Dans ce cas, on m’explique que 70% des accouchements ont lieu dans les 7 à 10 jours. Le tableau s’assombrit, on accélère la maturation des poumons du Petit Poisson mais je veux toujours y croire, je suis prête à rester allongée le temps qu’il faudra pour éviter au Petit Poisson d’avoir à séjourner en néonat, j’ai déjà tester pour ma Poulette et franchement je ne souhaite pas réitérer l’expérience.

Ceci n’est pas mon docteur, snif

Ma maman arrive, je suis soulagée, ma Poulette est entre de bonnes mains, elle est ravie que sa grand-mère soit là même si maman lui manquera un peu au coucher. Je délègue à Chéri la liste des derniers préparatifs au cas où le Petit Poisson précipiterait sa venue. Chéri s’en sort plutôt bien, faut dire que pour Poulette s’était déjà lui qui s’était de charger de préparer les sacs pour l’hôpital!

La nouvelle de mon hospitalisation s’est propagée rapidement et les amis et collègues se sont organisés en relais pour venir me rendre visite dans les jours qui suivent. Leurs petites attentions me touchent et les bons plats fait-maison me remontent le moral! Quand ils ne viennent pas me rendre visite, c’est mon téléphone qui sonne. C’est donc presque avec soulagement que je vois l’heure de fin des visites approcher. Un dernier texto à une amie qui vient aux nouvelles avant de me coucher:

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Vous avez vu l’heure? Il est 22h09.

Le Petit Poisson est né à 22h39.

Demain, je vous explique ce qu’il s’est passé entre 22h09 et 22h39.