La naissance du Petit Poisson – part 1

Ce jour là, la famille Bidon a rendez-vous chez l’ostéopathe. J’attends ce rendez-vous avec impatience car mon sacrum et mon dos me font souffrir terriblement pendant cette grossesse.

Manque de bol, j’ai oublié de prendre des jouets pour Poulette, le trajet est longuet, alors je passe une bonne partie du temps tournée vers l’arrière de la voiture à faire l’animation. Quand soudain, un liquide chaud coule entre mes jambes…

Branle-bas de combat on fait demi-tour, direction les urgences de la maternité!
Sur le chemin du retour, je passe quelques coups de fil: l’ostéo pour annuler le rendez-vous, des copains pour garder Poulette pendant que nous allons aux urgences et enfin ma gynéco qui me confirme qu’un tour aux urgences est indispensable à ce stade car je ne suis qu’à 32 semaines…

Un petit détour par la maison pour me changer (mon pantalon est trempé, je n’ai plus de doutes quant à l’origine du liquide), préparer le sac de survie de Poulette et nous voilà aux urgences de la maternité, plutôt inquiets.
Le diagnostic est rapide: la poche des eaux est rompue, il faut m’hospitaliser pour voir comment la situation évolue, soit ce n’est qu’une fissure, avec du repos complet le liquide peut se régénérer et le Petit Poisson rester au chaud le plus longtemps possible soit c’est un début de travail. Je comprends rapidement que je ne retournerai plus travailler (il me restait 2 jours à tirer) et que tous mes beaux projets à faire pendant mon congé maternité tombent à l’eau (c’est le cas de le dire).

Moins d’une heure plus tard me voilà dans ma chambre que je partage avec Rania de Jordanie (pas la princesse). Commence alors une longue période d’incertitude, personne ne peut se prononcer avant de voir comment la situation évolue dans les jours qui viennent. Pourrais-je bientôt rentrer chez moi?

Ce qui va s’avérer être la dernière photo de mon bidon

Pas de bol, depuis la veille le Wifi est en panne, finalement c’est peut-être pas plus mal, ça m’empêche de googler « rupture des membranes à 32 SA » pour le regretter ensuite. Le temps me semble long, Chéri est rentré à la maison, il gère Poulette jusqu’à l’arrivée de Super Mamie qui a sauté dans le premier avion pour voler à notre secours.
Entre les visites de médecins pour moi ou ma colocataire, les passages des infirmières, les plateaux repas et les visiteurs, la notion de repos à l’hôpital est toute relative. Je prends mon mal en patience, je me dis que cela peut encore durer plusieurs semaines, mais qu’avec un peu de chance je pourrais bientôt passer en hospitalisation à domicile dans mon chez-moi avec ma Poulette, mon Chéri et ma maman pour me chouchouter. Et puis je bois, énormément, pour régénérer le liquide amniotique. J’ai découvert que celui-ci est en fait composé principalement de l’urine du foetus et que l’absorption de cette urine par le foetus lui permet de maturer ces poumons. J’encourage donc mon Petit Poisson à me faire pipi dedans…

Et surtout je relativise, car Rania perd aussi du liquide mais elle n’en est qu’à 24 semaines, elle. Elle a aussi du diabète gestation et une forte tension. Bref, vaut mieux être à ma place qu’à la sienne.

Deuxième jour d’hospitalisation, la position allongée n’y fait rien, je continue de perdre du liquide et celui-ci ne se régénère pas assez vite pour compenser les pertes. Dans ce cas, on m’explique que 70% des accouchements ont lieu dans les 7 à 10 jours. Le tableau s’assombrit, on accélère la maturation des poumons du Petit Poisson mais je veux toujours y croire, je suis prête à rester allongée le temps qu’il faudra pour éviter au Petit Poisson d’avoir à séjourner en néonat, j’ai déjà tester pour ma Poulette et franchement je ne souhaite pas réitérer l’expérience.

Ceci n’est pas mon docteur, snif

Ma maman arrive, je suis soulagée, ma Poulette est entre de bonnes mains, elle est ravie que sa grand-mère soit là même si maman lui manquera un peu au coucher. Je délègue à Chéri la liste des derniers préparatifs au cas où le Petit Poisson précipiterait sa venue. Chéri s’en sort plutôt bien, faut dire que pour Poulette s’était déjà lui qui s’était de charger de préparer les sacs pour l’hôpital!

La nouvelle de mon hospitalisation s’est propagée rapidement et les amis et collègues se sont organisés en relais pour venir me rendre visite dans les jours qui suivent. Leurs petites attentions me touchent et les bons plats fait-maison me remontent le moral! Quand ils ne viennent pas me rendre visite, c’est mon téléphone qui sonne. C’est donc presque avec soulagement que je vois l’heure de fin des visites approcher. Un dernier texto à une amie qui vient aux nouvelles avant de me coucher:

Screenshot_2013-04-21-17-04-38-1

Vous avez vu l’heure? Il est 22h09.

Le Petit Poisson est né à 22h39.

Demain, je vous explique ce qu’il s’est passé entre 22h09 et 22h39.

La chambre de Poulette

Qui dit déménagement dit nouvel appart et nouveau décor. Après avoir été en quête d’idées pour agencer mon nouveau palace (passer d’un appart parisien à un appart aux standards émiriens c’est juste doubler sa superficie pour le même loyer ;)), ça y est je peux enfin dire que la chambre de Poulette est fin prête.

J’ai profité du déménagement pour lui faire une nouvelle chambre, une chambre de grande. Je l’ai impliquée autant que possible dans les choix des couleurs, du lit et du  linge de lit tout en composant avec les meubles et accessoires que nous avions déjà et d’autres trouvés chez notre ami suédois jaune et bleu.

Le résultat me plait bien, une chambre d’enfant qui ne fait pas trop fifille (j’ai déjà parle ici de mon aversion pour le rose) avec un brin d’inspiration locale et l’empreinte de l’artiste sur un mur (on accroche au fur et à mesure tous les trésors et dessins réalisés à la crèche). Bref cela correspond bien à ma Poulette qui prend plaisir à y venir pour lire, jouer et dormir.

chambre1 chambre2 chambre3

  • Lit : chiné sur les petites annonces locales, il s’agit en fait de lits superposés  Hemnes Ikea dont nous n’avons gardé que le lit du haut pour le côté rassurant des barrières.
  • Armoire chinée dans un entrepôt de meubles indiens, après un coup d’huile et un changement de poignées elle est parfaite (l’intérieur est bien adapté à un placard d’enfant).
  •  Pouf en maille bleu turquoise by Carrefour Home
  • Tapis iranien provenant du souk aux tapis d’Abu Dhabi, négocié âprement autour d’une tasse de thé.
  • Petit canapé arabe ou « majlis » trouve au souk également.
  • Tenture découverte dans un boui-boui de souvenirs orientaux.
  • Petit fauteuil, miroirs,  bibliotheques, étagères et linge de lit: Ikea
  • Guirlande: Maisons du monde
  • Dessins by Poulette

PS : oui les rideaux et luminaires sont affreux, ce sont les seuls éléments (avec la peinture des murs) dont j’ai du m’accommoder car nous sommes en location.

Bon, maintenant je vais m’attaquer à la chambre du Petit Poisson…

Paris c’est fini

L’aventure parisienne a malheureusement pris fin cet été. Notre nouvelle destination? Retour là où tout a commencé, aux Emirats.

Un bilan mitigé donc pour cette année parisienne que l’on aurait aimé voir se prolonger un peu plus.
D’autant plus lorsqu’on se voit attribuer la place en crèche tant convoitée juste avant l’annonce de notre départ, lorsqu’on venait enfin de trouver une babysitter, lorsque j’étais parvenue a trouver un équilibre et une organisation satisfaisante de notre vie de famille….

Il a fallu tout recommencer, la paperasse, les cartons, le séjour à l’hotel, en France d’abord puis aux Emirats, les démarches de sortie d’un pays et les démarches d’entrée dans un autre, retrouver un appartement, une crèche, des voitures… Tout ceci suit son cours pour l’instant et je pense en voir le bout d’ici un bon mois….

Voilà donc ce qui explique en partie le silence de ces derniers mois.

Il y a 5 ans

Il n’y avait pas de rayon Bio dans les supermarchés,
Il y avait NCIS le vendredi soir à la télé,
Il y avait Fort Boyard le samedi soir en été à la télé,
Il n’y avait qu’une seule poubelle où l’on jetait tout (sauf le verre),
Il faisait beau en été,
Il n’y avait que 3 opérateurs téléphoniques,
Il y avait des abonnements internet seulement,

Il y avait un avion en partance pour Abu Dhabi qui m’attendait, j’étais célibataire et sans enfant…

Poulette’s birth

Comme promis, voici le récit un peu (beaucoup) plus détaillé de la naissance de ma Poulette. Ca m’a pris un moment, 5 mois pour être précise, plusieurs brouillons, plusieurs versions (celle en colère, celle version film d’horreur, celle « finalement c’était pas si pire »), des dizaines de pages noircies, pour finalement arriver à ce petit récit en 6 épisodes.

Episode 1: Ca sent le sapin… où j’apprends qu’il y a un problème

Episode 2: Le début des hostilités où j’apprends que la fin de la grossesse approche

Episode 3: Le re-début des hostilités où l’accouchement est déclenché

Episode 4: Et c’est parti… où l’accouchement proprement dit

Episode 5: La fin (?) des hostilités où la délivrance ne se passe pas comme prévu

Episode 6: Et ils vécurent heureux où le + ou – happy end!

Je m’efforce de ne retenir que le bon de cette aventure (après tout j’ai réussi à accoucher rapidement sans péri ni épisio et la guérison fut plus que rapide) mais je ne garde pas un souvenir mémorable de mon accouchement, ça n’était pas « le plus beau jour de ma vie » (sinon comme le dit Florence Foresti à quoi ressembleraient les autres jours de ma vie?) et j’aimerais beaucoup que les choses se passent différemment pour le prochain bébé (un accompagnement global et accouchement avec la même sage-femme serait l’idéal). Et ouais malgré tout, j’ai quand même envie de remettre ça (un jour), comme quoi la douleur et les mauvais souvenirs s’estompent vraiment 😉

Et ils vécurent heureux…

Suite et fin (pour de bon cette fois) !

Les informations nous parviennent ensuite au compte-goutte : quand vais-je être transférée en chambre normale ? quand pourrais-je sortir ? et surtout, Poulette, on me la ramène quand ?
Comment ça on ne me la ramène pas ? Bon, ben c’est pas grave, je vais y aller alors, la perf a des roulettes, apportez moi un fauteuil roulant, et roule vers ma Poulette !

Et bien non ça aurait été trop simple… malgré mes multiples demandes, on ne me permettra pas d’aller voir ma fille avant que la perfusion soit finie, soit un délai de 24h après l’accouchement…
S’ensuivirent donc 23 longues heures d’attente seule dans une pièce (chéri faisant des allers-retours entre moi et Poulette) sans fenêtre ni réseau de téléphone. De temps à autre une infirmière venait me prendre ma tension et m’ôter la perfusion que je puisse aller aux toilettes. Notez que je pouvais me passer de perfusion pendant 30 minutes à 1h (le temps qu’elle vienne me la remettre) pour aller aux toilettes mais que je n’ai pas pu aller voir ma fille a l’autre bout du couloir même pour 5 minutes…

On m’a apporte un tire-lait et j’ai réussi à recueillir une dizaine de ml de colostrum pour ma Poulette… je découvrirais quelques jours plus tard en discutant avec les infirmières de néonat que le colostrum ne leur ai jamais parvenu… tout ces efforts pour rien…
Apres ces fameuses 24h j’ai enfin pu découvrir ma fille et j’ai ensuite été transférée en chambre normale. Merci a la gentille infirmière (celle qui m’avait aussi passer du gaz pendant la révision utérine) de m’avoir trouve une chambre simple… partager sa chambre avec une autre maman et un bébé aurait sans doute été dur quand on a pas son bébé avec soi…
Je ne dis pas merci à l’infirmière (celle qui n’a pas apporté mon colostrum à Poulette) qui est arrivée dans ma chambre le lendemain en me demandant : ‘mais il est ou ton bébé ? » Manque de tact et visiblement pas lu mon dossier…

Mes soins et heure de médicaments étant pile les mêmes que ceux de mon bébé, j’ai demandé à décaler un peu mais cela m’a été refusé… voilà comment j’ai passé beaucoup de temps à regarder Poulette dormir et devait partir lorsqu’elle se réveillait enfin…. Situation idéale pour démarrer l’allaitement, n’est-ce pas ?

Le retour à la maison, après deux jours, a fait beaucoup de bien, même si rentrer à deux n’était pas prévu, nous en avons profiter pour finir les préparatifs, la chambre de la demoiselle et aller lui acheter les plus petits pyjamas qu’on ait jamais vu (qui s’avèreront bien trop grands). Je m’efforce de ne retenir que le meilleur de cette période, on s’est efforcé de mettre la maison en ordre, et de bien récupérer pour être en forme et pouvoir profiter a 100% de Poulette a son retour… ou devrais-je dire son arrivée a la maison qui eut lieu 12 jours plus tard.

LA nôtre

La fin (?) des hostilités

Après la naissance de Poulette, la suite de mes (més)aventures…

Me voilà donc seule avec deux médecins (une jeune et la vieille bique) et 3 infirmières… Mais qu’est ce que vous faites toutes encore là ? Ah oui ça me revient, reste encore le placenta à sortir, c’était donc ça l’injection que j’ai eu lorsque je tenais mon bébé.
La jeune médecin est douce, elle tire gentiment sur le cordon et le placenta suit facilement… ah je me sens plus légère… je demande à le voir et elle commence à m’expliquer lorsque la vieille bique lui coupe la parole et lui dit qu’il n’a pas l’air entier…

Aarrfff c’est pas bon signe, me dis-je…

La jeune médecin s’excuse donc et me dit qu’elle va devoir aller vérifier que tout le placenta est bien sorti et que cela ne sera pas très agréable (quel euphémisme…). Elle m’appuie sur le ventre et…ah la vache ce que ça fait mal… elle extrait néanmoins un petit morceau… Ouf, c’est fini ? Non me rétorque la vieille bique, je suis sure qu’il en reste encore, je vais aller vérifier. .. un regard avec la jeune médecin me confirme ce que je redoute: c’est pas une tendre et je vais morfler…. c’est peu dire… je n’avais plus personne ni rien à me raccrocher ni aucun anti-douleur pour affronter cette douleur beaucoup plus intense que l’accouchement… j’ai supplié qu’on me donne quelque chose pour la douleur et c’est là qu’elle ma menacé, qu’il fallait que je me tienne tranquille, sinon c’était direction le bloc et elle n’y allait pas pour rien, si elle y allait elle enlevait tout l’utérus… honnêtement je la sentais parfaitement capable de mettre sa menace à exécution j’ai donc puiser dans les ultimes forces qui me restaient pour ne pas (trop) crier… je remercie l’infirmière qui a profité d’une minute d’inattention de Godzilla pour me coller le masque à gaz sur le visage et me chuchoter de prendre une grande respiration car ce n’était pas fini…
Apres avoir fait plusieurs fois le tour de mon utérus il a bien fallu qu’elle se rende à l’évidence, il n’y avait plus rien, nada, pas le moindre bout de placenta… la torture pris fin quelques (interminables) minutes plus tard avec une injection…

J’apprendrais par la suite que l’on m’a injecté de la pethidine (un opiacé, j’en ai déjà parlé ) à la fin de la révision utérine. Etait-ce vraiment bien utile à la fin ? Sachant que le produit met 30 minutes à agir ? Et surtout que j’avais bien précisé dans mon plan de naissance que je n’en voulais pas pour ses effets secondaires ?
Ca n’a pas loupé les effets secondaires se sont manifestés rapidement : maux de tête, vertiges, une immense envie de dormir… un vrai bad trip… mes souvenirs sont flous à partir de là … je crois que chéri est venu me montrer des photos de notre fille mais je n’en ai pas le souvenir, je me rappelle avoir eu la sensation de flotter à coté de mon corps…. Incapable de bouger ou de parler mais parfaitement consciente de ce qui se passait autour de moi…

Et c’est parti…

Previously on About my bidon: accouchement épisode 1, 2 et 3.

La menace de césarienne (et surtout ses conditions : sans le papa, sous anesthésie générale, pas d’allaitement en salle de réveil, pas possible de voir mon bébé avant 24 à 48h) me dévaste, le scenario catastrophe se déroule lentement sous mes yeux et je ne peux rien faire… quoique… je reprends du poil de la bête et décide de faire le peu que je puisse faire : parler au bébé, lui expliquer la situation et que ce serait cool qu’il se décide à venir de lui-même, boire quelques tasses de tisane de feuilles de framboisiers, et surtout changer de position malgré tous ces câbles.

A genoux sur le lit, en appui sur la table où l’on met le plateau-repas, il ne faut pas longtemps pour qu’enfin je sente de légères contractions. Ca y est ca commence et… aie… ça me remplit de joie (façon de parler, hein).

« Non madame, le monito ne montre aucune contraction, c’est pas ça »…aie… on décide alors de noter mes « non-contractions »(*). Le papa fait ça très…aie… bien et il ne faut pas longtemps pour qu’on se rende compte du rythme : toutes les 4 et 2 minutes alternativement. Ca commence rapidement dis donc… tant mieux, la menace de la césarienne s’éloigne d’autant plus à chaque contraction.

Je me concentre sur ma respiration et gère quelques contractions comme ça. Une sage-femme passe sa tête par la porte et constate qu’effectivement le travail a commencé, elle me demande si je veux du gaz mais je préfère attendre encore un peu et tester les massages, lingettes chaudes et autres anti-douleur. Apres tout y’en a encore pour plusieurs heures (ah la naïveté) alors je ne veux pas m’habituer à un anti-douleur tant que j’arrive plus ou moins à gérer. Mouais… j’ai du tenir ce discours pendant  5 minutes avant que je ne supplie chéri de la rappeler et de me donner du gaz! Parce que la les contractions sont de plus en plus longues et fortes… la vache… purée, c’est moi qui crie comme ça ? ah ben oui… mais expulser de l’air très très vite ça fait du bien et… ah tiens ça va mieux si je laisse faire la contraction, on dirait même que… ça pousse !

Poulette est née à 14h20...

Retour de la sage-femme qui ameute les troupes, allume toutes les lumières (aie mes yeux) et commence à installer THE gaz. On me demande (m’ordonne ?) de m’allonger pour m’examiner. Bon alors comment dire, déjà tu ne me demandes rien pendant une contraction et ensuite j’essaie de me retourner là mais avec un bébé qui tente de traverser ton bassin, c’est juste pas facile d’être gracieuse alors patiente un peu !

J’ai juste le temps d’entendre un « Mais on voit la tête ! » avant qu’on me tende le gaz (une pure merveille ce truc). Waouh y’a de la pression dans le masque. L’effet est instantané, après une bouffée la douleur est considérablement atténuée alors je continue…. Peut-être un peu trop car j’ai ensuite l’impression de sombrer, d’être complètement à coté de mon corps, je vois des images de tracé plat , de réanimation (merci urgences et grey’s anatomy) … suis-je en train de mourir (**)? ah ben non alors je veux savoir si c’est une fille ou un garçon ! Je me raccroche à la voix de chéri « Respire, respire » et on m’ôte le masque, oui ça vaut mieux… aaahhh nooooooon encore le masque, je VEUX la drogue…

…Accalmie…

Voix de chéri : « ça y est il est là le bébé ! »

Moi : « C’est vrai ? »

Chéri : « je sais pas je te demande… »

Moi : « Aiiiiieeeeeee »

Chéri : « Bon non il n’est pas encore la… »

… Fin de l’accalmie…

S’ensuit une série de contractions qui me parait interminable… je voudrais bien toucher la tête de mon bébé pour voir où j’en suis mais on m’en empêche a deux reprises (pourquoi ? mystère…) je laisse faire la poussée réflexe, je ne veux pas pousser pour ne pas déchirer mais je sens bien que dans cette position il faut que je donne un petit coup de pouce (enfin pas vraiment de pouce, on se comprend, hein) pour aider mon bébé. J’entends vaguement le mot « cut » revenir dans la conversation, bon c’est clair, ils ne m’épargneront pas(***). Allez je pousse un peu comme ça c’est enfin fini… ouillllle… la tête est passée… même sensation que lorsqu’on enfile un col roulé en beaucoup plus cuisant….

Plus que la brûlure, c’est la sensation de flottement une fois la tête sortie qui m’a le plus frappée… Une dernière contraction et hop… LA voilà ! C’est une fiiiiiille, une toute petite fille me dit son papa…

A peine dans mes bras qu’on me la reprends déjà, « elle est trop petite » me murmure-t-on… Là j’ouvre les yeux, redescends sur terre et constate le monde qu’il y a dans la pièce, ils étaient tous là tout ce temps ??

Avec tout ces gens impossible de voir mon bébé… ils s’apprêtent à l’emmener (dans les bras du pédiatre, sans couveuse ni rien) lorsque nous demandons à l’avoir encore un peu. Je souhaite la mettre au sein mais la pédiatre est formelle « elle est trop petite pour téter ». M’en fous je veux essayer et je veux ma fille contre moi… A peine le temps de prendre une photo que Poulette repart, accompagnée par son papa qui a pour mission de ne pas la quitter des yeux, je ne suis pas rassurée sur ce qu’ils vont lui faire.

(*) c’est dingue mais selon le monito Poulette est née sans contractions, incroyable, non ?

(**) c’était donc ça la phase de désespérance…

(***) à tort, je m’en suis sortie sans episio ni déchirure

Le re-début des hostilités

Si vous avez raté le début, c’est ici et .

Me voilà donc perfusée (de magnésium), sanglée, monitoire et sondée. Le déclenchement n’a même pas commencé que je ne me sens déjà plus libre de mes mouvements, emprisonnée sur ce lit… Parfait pour la mobilité pendant le travail, hein ?

Après l’introduction de la première tablette, on décide de faire un petit somme (le futur papa par terre sur son duvet, merci decathlon pour le matelas intégré) interrompu par les prises de tension et autres introduction intempestives dans la chambre (lumières allumées et claquements de porte en bonus).

J’ai mal… très mal… rien de cyclique comme ce à quoi je m’attendais mais plutôt mal comme une infection urinaire où la douleur serait présente en continu… et augmente en intensité… c’est franchement insoutenable…je presse le bouton près de lit mais personne n’arrive… je réveille chéri, il part chercher une infirmière qui m’applique de la glace… une fois… deux fois…aucun effet je souffre toujours autant et la douleur ne fait qu’empirer…  je n’ai qu’une envie, qu’on me retire cette sonde… un médecin passe, non on ne retire pas la sonde, impossible… peu après la poche se teinte de sang… je n’en peux plus de cette douleur, ça n’est pas normal, l’accouchement n’a même pas commencé et je m’épuise déjà… chéri s’en va et revient avec le médecin qui consent à retirer la sonde (merci chéri je ne sais pas ce que tu lui a dis mais merci)… le soulagement est quasi immédiat… 20 minutes après je revis…

Le médecin s’inquiète du sang dans la poche et veut donc me remettre la sonde… ou une plus petite ou une dans un autre matériel…. Même pas en rêve tu me remets ce machin…

D’autant plus qu’on a réussi connaitre l’utilité de la sonde : quantifier mes sorties par rapport à mes entrées (en gros voir si je fais bien pipi rapport à tout le liquide qu’on m’injecte dans la perfusion). Soit, ça peut très bien se mesurer dans un haricot, une bassine, un seau ou tout autre récipient, non ?

Après d’âpres négociations, on obtient gain de cause et la sonde ne sera pas remise, vive les pipis dans un petit récipient !

S’ensuit un défilé de médecins, une échographie des reins, un puis deux néphrologues qui cherchent à percer le mystère du sang dans la poche. Et si on m’écoutait moi ? Si comme je le pressens, ce n’était qu’une allergie a la sonde(*), sonde qui m’a irritée jusqu’au sang (vu qu’on s’est obstine à me la laisser) ?

Les 6 heures après l’introduction de la première tablette étant passées, il faut se rendre à l’évidence, bébé ne veut pas quitter son nid… et nous sommes déjà bien éprouvés…

Re-apparition du médecin (celle que l’on appellera vieille bique ou Godzilla)  qui me propose (non qui m’impose plutôt) de percer la poche des eaux pour déclencher le travail. Cela ne me plait guère car on a appris en cours de préparation que la poche des eaux est là pour protéger le bébé des contractions, comme un tampon, mais bon, c’est elle le médecin et je ne suis pas en mesure de refuser… Elle en profite d’ailleurs au passage pour me décoller les membranes, ouille ouille ouille elle n’a pas la main légère…

Introduction de la deuxième tablette et c’est reparti, on attend les contractions. L’équipe médicale s’impatiente, ça ne vient pas assez vite, si le travail ne démarre pas dans quelques heures, ce sera une césarienne (**).

(*) L’hypothèse de l’allergie de contact à la sonde a paru très plausible au chef de service de néphrologie qui est venu me voir le lendemain et qui m’a écouté, lui…

(**) Qui aurait était dictée principalement par la rupture de la poche des eaux, m’a affirmée ma gynéco à qui j’ai raconté l’histoire, c’est un peu le serpent qui se mord la queue…

Le début des hostilités

Le premier épisode de l’épopée de l’accouchement est .

Retour à la maternité avec le futur papa ou je sens les regards accusateurs, me voilà devenue ‘celle qui est sortie contre avis médical’. On nous sermonne donc allégrement et on m’annonce que les résultats des analyses sont revenus et sont plutôt mauvais, si ma tension augmente il faudra déclencher l’accouchement. Et voilà pas que l’on me prend la tension dans la minute suivant cette annonce… bingo ça dépasse le seuil limite !
Ben oui, forcément… même le futur papa devait avoir une tension élevée à ce moment là…
Bref, cette soi-disant forte tension était à mon humble avis due en bonne partie au stress infligé par l’équipe médicale… elle a d’ailleurs été bien entretenue en venant me la prendre tous les quarts d’heure…

Le futur papa et moi nous retrouvons donc en salle de travail, où l’on va rester une bonne heure jusqu’ à ce que quelqu’un veuille bien nous en dire un peu plus sur la suite des évènements. Informations que nous n’aurons qu’au compte goutte, ne me demandez d’ailleurs pas le nom des médecins ou infirmières, personne n’a eu le civisme de se présenter…
Contexte idéal pour entretenir ma tension élevée, non?

Une infirmière viendra ensuite me donner une blouse et me poser un cathéter. Nous attendrons ensuite une autre heure avant que quelqu’un ne vienne remplir la perfusion dont nous ignorons le contenu. Pardon, c’est faux on nous a dit que c’était du magnésium mais à la question « Pourquoi me donne-t-on du magnésium ? » on nous a répondu : « parce que c’est le médecin qui l’a prescrit » (*). Hhmm… j’y avais pas pensé…

Ca y est la médecin revient et nous explique ( etc’est un bien grand mot) le deroulement des évènements : on va me déclencher par tablettes, une maintenant (comprendre dans une heure) et la seconde 6 heures après, d’ici là le travail devrait se déclencher et sinon on avisera.

« C’est a dire ? »

« On avisera en temps voulu ne vous inquietez pas. »

On ne s’inquiète pas, on veut juste savoir ce qui peut arriver pour s’y préparer, c’est tout… c’est justement de ne pas savoir qui m’inquiète et me stresse (et fait donc monter ma tension) !
Nous en proftions quand même pour discuter de notre plan de naissance, vu l’accueil on se doute bien qu’il ne sera pas suivi mais je suis plutôt surprise car elle répond favorablement à la plupart de nos demandes : être mobile pendant le travail, choisir la position d’accouchement, les soins du bébé, pas d’épisio, découvrir nous-mêmes le sexe du bébé, ne couper le cordon que lorsqu’il a fini de battre, allaiter a la naissance, nous laisser un peu de temps seul tous les 3…

Enfin…elle dit oui pour ne pas s’étendre sur le sujet je pense… elle nous demandera ensuite nos copies du plan pour « les distribuer dans le service ». Mouais… on se rendra compte plus tard que c’était pour les faire disparaitre…

(*) Après recherches (merci google), le magnésium sert à prévenir les convulsions dans les cas d’éclampsies… sachant que je n’étais qu’en supposition de pré-éclampsie, cela me parait un peu drastique comme protocole… m’enfin bon je ne suis pas médecin… néanmoins un avis éclairé sur la question m’interesserait : était-elle vraiment nécessaire cette perfusion ?