Allaiter (encore) un prématuré

En relisant  le témoignage d’allaitement que j’avais fait pour Poulette je me rends compte qu’à l’époque j’avais trouvé ça très long à se mettre en place (ça avait pris un petit mois pour qu’elle soit allaitée au sein à 100%), laissez moi rire…

Bref, commençons par le début. 32 +5 SA c’est bien petit pour téter… Malgré tout, cette fois-ci j’avais l’expérience d’un premier allaitement de prématuré, je n’étais pas tout à fait dans l’inconnu et je savais quelles erreurs je ne souhaitais pas commettre. A peine le Petit Poisson né, j’ai donc demandé un tire-lait. Je savais qu’un bon démarrage de la lactation commence au plus tôt après la naissance. Faute de bébé, j’ai utilisé un tire-lait. Toutes les 3h. Jour et nuit. Je voulais reproduire du mieux que possible le rythme d’un nourrisson pour favoriser ma montée de lait et receuillir un maximum de colostrum pour mon fils. Et cela a bien marché car la montée de lait est arrivée le deuxième jour. J’ai donc continué sur ma lancée et j’ai rapidement pu fournir beaucoup de lait à la néonat. Tant et si bien qu’ils m’ont gentiment demandé de garder le lait chez moi car leur congélateur était plein. Je n’avais donc pas à m’inquiéter de ma production de lait. Un point positif, un souci de moins.

Production d’une nuit !

Car des soucis nous en avons eu à la pelle. Tant et si bien que je ne sais par quoi commencer.

Le début peut-être… dès que nous avons pu prendre le Petit Poisson dans nos bras, on m’a proposé de le mettre au sein, afin de faire connaissance. Les moments où il était éveillé et alerte étaient bien rares et ne coïncidaient que rarement avec les moments de mes visites. 

Mon Petit Poisson est né dans un hôpital Ami des Bébés et le personnel de néonat a été admirable concernant l’allaitement. Une consultante en allaitement est venue me voir dans les 6 h qui ont suivi la naissance pour s’assurer que je disposais de toutes les informations utiles et du matériel nécessaire. Le peau-à-peau et les mises au sein ont été encouragées dès que son état de santé le lui a permis et le Petit Poisson a pris sa première tétée quand il a eu 16 jours.

Première tétée en néonat

Jusque là il était nourri par sonde, le but étant de passer directement de la sonde au sein en évitant la case biberon. Malheureusement avec une petite puce dont il fallait s’occuper aussi, les tirages de lait et le temps de trajet maison-hôpital il m’était difficile d’être présente à plus de deux tétées par jour. Ce fut très dur de savoir que je sabotais l’allaitement de mon fils mais je ne savais que faire d’autre… L’inconvénient de l’expatriation c’est que dans des situations comme celle-ci on se retrouve bien seuls, l’aide des amis est appréciée mais on ne pouvait leur demander de s’occuper de notre fille H24 pendant quelques semaines. Le coeur en miettes j’ai donc donner mon premier biberon à mon petit, me promettant de tout faire pour sauver cet allaitement.

Une semaine après le Petit Poisson découvrait enfin notre foyer (et sa grande soeur par la même occasion) et le plan « allaitement au sein à 100% » était lancé. Mais malgré tous mes efforts, je n’arrivais pas à lui faire prendre le sein correctement. J’ai eu beau parcourir le site de la Leche League et mon livre sur l’allaitement, rien ne marchait… Je continuais donc l’infernal trio « essai de mise au sein – biberon – tirage du lait », en y ajoutant la vaisselle et stérilisation / congélation de tout le matériel cela me prenait 1h30 à 2h alors que le Petit Poisson mangeait toutes les 3h. Je ne pouvais donc pas imaginer sortir ne serait-ce qu’une heure…

N’en pouvant plus mais ne voulant pas renoncer (il avait su téter une fois, il en était donc capable) je suis retournée à la clinique de lactation de ma maternité. Les conseils apportés ne m’ont pas fait plaisir il faut l’avouer: il lui faudrait du temps, beaucoup de temps avant de pouvoir téter correctement et certainement avec des bouts de sein en silicone. Mais surtout ils ont vu ce que personne n’avait encore remarqué: le Petit Poisson avait le frein de la langue bien trop court pour pouvoir prendre correctement le sein en bouche.

Nous avons donc été redirigés vers un chirurgien pédiatrique qui a réglé le problème en 5 (longues) minutes. Néanmoins contrairement à ce que j’ai pu lire, mon Petit Poisson a eu mal et il lui a fallu plusieurs jours pour s’habituer à la nouvelle mobilité de sa langue et pour qu’il ne la colle plus à son palais (pas très pratique pour allaiter).

Pour moi les bouts de sein c’était le mal, je ne voulais pas en entendre parler mais j’ai essayé et j’ai du me rendre à l’évidence… avec, il a tété… Certes ce n’était pas optimal mais qu’est ce que ça fait du bien de ne plus avoir d’intermédiaire entre soi et son bébé! Pendant quelques semaines on a jonglé entre les tirages de lait, le biberon et les tétées en plastiques pour que ma lactation s’adapte à ce nouveau mode d’alimentation. Une fois le 100% tétées en plastique établi, on a décidé que certes le plastique c’est fantastique mais c’est tellement mieux sans!

Retour à la clinique de lactation pour apprendre à mettre Petit Poisson au sein sans les bouts de sein. Ce fut long, très long pour en venir à bout de ces bouts de sein! Le déclic est venu de mon bébé quand il avait 2.5 mois; nous avons été séparé quelques heures le temps que je subisse une petite intervention. J’avais laissé un biberon de lait tiré au papa au cas où… Le Petit Poisson n’en a pas voulu et s’est jeté sur mon sein à mon retour. Depuis ce jour, fini le plastique!

Aujourd’hui le tire-lait est au placard où j’espère qu’il restera longtemps et enfin je peux dire: j’allaite. Et non pas : j’allaite mais je tire mon lait ou j’allaite mais avec des bouts de sein. Je l’allaite, tout simplement (pas si simplement que ça, un REF vient un peu ombragé le tableau mais par rapport à nos difficultés initiales c’est du pipi de chat).

Et quand son regard plonge dans le mien, que ses lèvres dessinent un sourire de contentement, tous ces moments de galère sont balayés par une grosse vague de bonheur!

La cerise sur le gâteau? Une courbe de poids qui monte en flèche, le Petit Poisson devient donc officiellement le Baleineau!

L’est bon le lait de maman

La naissance du Petit Poisson – part 2

Hier, je vous ai laissé à 22h09. Je finis d’envoyer quelques textos, je pose mon téléphone et je me prépare à aller au lit.  Pendant que je me brosse les dents je remarque que les légères contractions que je ressens déjà depuis plusieurs semaines (aussi appelées contractions de Braxton Hicks ou de pré-travail) s’intensifient sans pour autant être douloureuses. A la fin du brossage, elles commencent à être un poil douloureuses.

Ca tombe bien l’infirmière est là pour vérifier les constantes de ma voisine de chambre, j’en profite pour lui faire part du changement dans mes contractions et elle me propose de faire un monito un peu plus tard si la douleur est toujours là. Elle quitte la pièce. Je la rappelle illico, ça fait MAL.

Le monito arrive et elle me demande donc de m’allonger pour qu’elle puisse l’installer. C’est à ce moment là que j’ai su…

J’ai su que le monito ne servirait à rien, que j’étais bien incapable de m’allonger sans quoi je ne saurais gérer cette douleur, que cette sensation qui avait commencé un peu plus tôt était celle de mon corps qui s’ouvrait et se préparait à faire naître ce bébé.

J’attrape mon téléphone qui était resté près de moi et j’appelle Chéri. Lui qui venait juste d’arriver à la maison, le voilà reparti en sens inverse…

Dans la chambre, c’est le branle-bas de combat, l’infirmière en chef arrive et comprend instantanément (le petit pied qui dépassait entre mes jambes a dû l’aider). Elle s’appelle Sharon et c’est à ces paroles que je m’accroche. Sa voix est douce et elle utilise les mêmes expressions et la même technique de respiration que celle que j’ai apprise pendant mes cours de préparation à la naissance. Je me concentre sur ma respiration, je suis dans ma bulle et étonnamment  je gère plutôt bien la douleur. Je ne perds pas pied comme lors de la naissance de Poulette (où la seule chose que je pouvais faire était crier), la respiration m’aide énormément.

Et Sharon me demande la chose la plus incongrue et la plus difficile lors de cet accouchement: d’arrêter de pousser! Tout se déroule à merveille mais le bébé ne peut pas naître ici, pas dans le couloir qui mène aux salles d’accouchement. Je tente donc d’aller à l’encontre de tout ce que mon corps m’incite à faire et je mesure l’ampleur de cette poussée réflexe, ce n’est juste pas possible d’aller à l’encontre de cette poussée, c’est incontrôlable.

Ca y est, je suis en salle d’accouchement, Sharon m’abandonne ici et je perds pied un instant, je veux qu’elle reste… Elle me confie à Verina, la sage-femme de garde. Cette dernière gagne instantanément ma confiance, elle me laisse carte blanche sur le choix de ma position et m’encourage à écouter mon corps. Il ne faut pas me le dire deux fois et je me laisse enfin porter par mes contractions alors que Verina me guide dans ma respiration et me réconforte…

Une poussée un peu plus forte et les fesses du Petit Poisson sont sorties, sa tête sortira à la prochaine poussée. J’ai un peu l’impression d’accoucher deux fois, pour ma fille une fois la tête sortie le plus dur était fait alors que là une fois les fesses dehors le plus dur restait à venir.

Je découvre alors un magnifique petit garçon et le temps se suspend un instant… Verina, pourquoi il ne crie pas? Pourquoi il est bleu? Pourquoi le cordon est-il autour de son cou? Je n’ai pas le temps de formuler ces questions à voix haute que les pleurs de mon fils emplissent la pièce… et c’est à ce moment là que le nouveau papa fait son entrée. Arrivé après la bataille, il découvre son fils d’un air ébahi.

Sage-femme, pédiatre et infirmière rient aux éclats, nous félicitent, l’ambiance est détendue malgré les circonstances. Le Petit Poisson, intubé par mesure de précaution, part découvrir ses nouveaux quartiers en néonat avec son papa.

Je suis abasourdie, je n’en reviens pas j’ai accouché… déjà… si vite… seule… naturellement… à genoux… d’un bébé en siège… dans mon joli top de grossesse… avec mes boucles d’oreilles… et mon téléphone à la main!

Et vous savez quoi? Ben un accouchement comme ça je veux bien recommencer dès demain (avec quelques semaines de grossesse supplémentaires toutefois) (et la néonat en moins).

J’ai eu la chance d’être entourée d’une super équipe ce qui ne fut pas le cas pour mon premier accouchement et ça change tout. J’étais également mieux préparée à gérer la douleur (mon premier ayant été rapide, il était fort probable que je ne puisse pas avoir de péridurale même si je l’avais souhaitée) et surtout j’ai pu constater à quel point rester libre de ses mouvements et choisir sa position permet d’atténuer la douleur des contractions. C’est plus sympa d’avoir la gravité de son côté plutôt que d’avoir à lutter contre.

La suite est un peu moins rose, le Petit Poisson resta trois semaines en néonat avant de pouvoir enfin rejoindre notre maison et faire la connaissance de sa grande soeur qui trépignait d’impatience à l’idée de connaître son « petit frère garçon ».

La naissance du Petit Poisson – part 1

Ce jour là, la famille Bidon a rendez-vous chez l’ostéopathe. J’attends ce rendez-vous avec impatience car mon sacrum et mon dos me font souffrir terriblement pendant cette grossesse.

Manque de bol, j’ai oublié de prendre des jouets pour Poulette, le trajet est longuet, alors je passe une bonne partie du temps tournée vers l’arrière de la voiture à faire l’animation. Quand soudain, un liquide chaud coule entre mes jambes…

Branle-bas de combat on fait demi-tour, direction les urgences de la maternité!
Sur le chemin du retour, je passe quelques coups de fil: l’ostéo pour annuler le rendez-vous, des copains pour garder Poulette pendant que nous allons aux urgences et enfin ma gynéco qui me confirme qu’un tour aux urgences est indispensable à ce stade car je ne suis qu’à 32 semaines…

Un petit détour par la maison pour me changer (mon pantalon est trempé, je n’ai plus de doutes quant à l’origine du liquide), préparer le sac de survie de Poulette et nous voilà aux urgences de la maternité, plutôt inquiets.
Le diagnostic est rapide: la poche des eaux est rompue, il faut m’hospitaliser pour voir comment la situation évolue, soit ce n’est qu’une fissure, avec du repos complet le liquide peut se régénérer et le Petit Poisson rester au chaud le plus longtemps possible soit c’est un début de travail. Je comprends rapidement que je ne retournerai plus travailler (il me restait 2 jours à tirer) et que tous mes beaux projets à faire pendant mon congé maternité tombent à l’eau (c’est le cas de le dire).

Moins d’une heure plus tard me voilà dans ma chambre que je partage avec Rania de Jordanie (pas la princesse). Commence alors une longue période d’incertitude, personne ne peut se prononcer avant de voir comment la situation évolue dans les jours qui viennent. Pourrais-je bientôt rentrer chez moi?

Ce qui va s’avérer être la dernière photo de mon bidon

Pas de bol, depuis la veille le Wifi est en panne, finalement c’est peut-être pas plus mal, ça m’empêche de googler « rupture des membranes à 32 SA » pour le regretter ensuite. Le temps me semble long, Chéri est rentré à la maison, il gère Poulette jusqu’à l’arrivée de Super Mamie qui a sauté dans le premier avion pour voler à notre secours.
Entre les visites de médecins pour moi ou ma colocataire, les passages des infirmières, les plateaux repas et les visiteurs, la notion de repos à l’hôpital est toute relative. Je prends mon mal en patience, je me dis que cela peut encore durer plusieurs semaines, mais qu’avec un peu de chance je pourrais bientôt passer en hospitalisation à domicile dans mon chez-moi avec ma Poulette, mon Chéri et ma maman pour me chouchouter. Et puis je bois, énormément, pour régénérer le liquide amniotique. J’ai découvert que celui-ci est en fait composé principalement de l’urine du foetus et que l’absorption de cette urine par le foetus lui permet de maturer ces poumons. J’encourage donc mon Petit Poisson à me faire pipi dedans…

Et surtout je relativise, car Rania perd aussi du liquide mais elle n’en est qu’à 24 semaines, elle. Elle a aussi du diabète gestation et une forte tension. Bref, vaut mieux être à ma place qu’à la sienne.

Deuxième jour d’hospitalisation, la position allongée n’y fait rien, je continue de perdre du liquide et celui-ci ne se régénère pas assez vite pour compenser les pertes. Dans ce cas, on m’explique que 70% des accouchements ont lieu dans les 7 à 10 jours. Le tableau s’assombrit, on accélère la maturation des poumons du Petit Poisson mais je veux toujours y croire, je suis prête à rester allongée le temps qu’il faudra pour éviter au Petit Poisson d’avoir à séjourner en néonat, j’ai déjà tester pour ma Poulette et franchement je ne souhaite pas réitérer l’expérience.

Ceci n’est pas mon docteur, snif

Ma maman arrive, je suis soulagée, ma Poulette est entre de bonnes mains, elle est ravie que sa grand-mère soit là même si maman lui manquera un peu au coucher. Je délègue à Chéri la liste des derniers préparatifs au cas où le Petit Poisson précipiterait sa venue. Chéri s’en sort plutôt bien, faut dire que pour Poulette s’était déjà lui qui s’était de charger de préparer les sacs pour l’hôpital!

La nouvelle de mon hospitalisation s’est propagée rapidement et les amis et collègues se sont organisés en relais pour venir me rendre visite dans les jours qui suivent. Leurs petites attentions me touchent et les bons plats fait-maison me remontent le moral! Quand ils ne viennent pas me rendre visite, c’est mon téléphone qui sonne. C’est donc presque avec soulagement que je vois l’heure de fin des visites approcher. Un dernier texto à une amie qui vient aux nouvelles avant de me coucher:

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Vous avez vu l’heure? Il est 22h09.

Le Petit Poisson est né à 22h39.

Demain, je vous explique ce qu’il s’est passé entre 22h09 et 22h39.

Son secret

Mon bébé a un secret. Un petit secret rien qu’à lui qu’il nous révélera lors de sa naissance.

Comme pour Poulette, nous ne désirons pas connaître le sexe du Petit Poisson. Bien souvent on nous demande: pourquoi? Mais comment allez-vous faire?

J’avoue avoir été surprise de ces questions la première fois, pourquoi? Et bien parce qu’on souhaite un enfant et non pas une petite fille ou un petit garçon, parce que ce fut la plus belle surprise de ma vie de découvrir que j’avais donné naissance à une petite fille et parce que je suis sure à 100% que cette surprise sera bonne, je ne souhaite pas la gâcher.

Comment allons nous faire? Facile, on demande à ne pas connaître le sexe lors des échos. Pour moi rien de plus facile car je suis une quiche en écho, je ne vois rien…pourtant, hier, j’ai vu mon bébé, les jambes grandes écartées… et j’ai déjà eu du mal à voir que c’était ses jambes.

Le matériel de puériculture sera celui utilisé pour Poulette. Nous projetions d’avoir plus d’un enfant donc nous avions choisi d’investir pour le premier enfant dans du matériel de qualité aux tons neutres afin de servir à toute la fratrie. Contrairement aux idées reçues il y a plein de choix de jolies choses non sexuées, vert, jaune, rouge, blanc, taupe et tout autre couleur autre que rose ou bleu…. On facilement plein d’idées de chambre neutre sur internet:

Les vêtements? Et bien je n’ai acheté que le minimum pour le premier mois, principalement des pyjamas, ma Poulette n’a pas porté de jolie tenue avant d’avoir 2/3 mois car elle était bien trop petite (pas de tenue taille préma) et la rare petite tenue que j’avais n’était pas aussi pratique qu’un pyjama.

J’ai donc fait des repérages dans les rayons fille et garçon pendant ma grossesse et une fois Poulette parmi nous, je suis allée faire du shopping de petites robes. Est ce bien
réellement nécessaire d’avoir le trousseau complet de bébé jusqu’à ses 1 an alors qu’il n’est même pas encore né?

J ‘ai très bien pu faire sans et j’ai pu adapté mon shopping aux différents cadeaux de naissance que l’on avait reçus, je n’ai quasiment pas acheté de 6 mois par exemple… D’un point de vue financier ça permet aussi de repartir un peu les dépenses.

On me dit souvent qu’à partir du moment où ils ont su le sexe de leur enfant à naître les parents ont mieux réussi à se projeter,à admettre que le bébé était bien réel… pour moi j’aurai l’impression de lui enlever une part de rêve, une petite partie de son enfance, celle où tout est possible…. Vraiment tout, aussi bien s’appeler Pauline que Lucien, être acrobate, docteur ou danseuse… mon bébé a un avenir infini devant lui… On ne le met pas dans une case avant même sa venue (chouette un petit neveu je l’emmènerai au match, cool une fille, on fera de la pâtisserie). Cette partie de rêve m’est nécessaire à
moi aussi, j’aime nous imaginer tantôt comme une famille de nanas, tantôt comme un quatuor équilibré, je ne suis pas prête a renoncer tout de suite à ces rêveries…

Alors dans cette societé où les enfants grandissent de plus en plus vite, où tout va de plus en plus vite, on s’offre le luxe de l’attente, de prendre notre temps et de rêver…

La contraception naturelle

Au vu des statistiques, vous êtes nombreux à atterrir ici par le biais de cet article sur la contraception naturelle ou méthode des indices combinés.

Je voudrais donc faire un petit retour à ce sujet. Bien souvent c’est une méthode qui est utilisée dans le but de concevoir plutôt que l’inverse. Je l’ai utilisée pour ma part il y a plus de 2 ans avec l’objectif inverse, comme moyen de  contraception. Un petit écart à la méthode et hop, quelques mois plus tard Poulette était parmi nous.
Néanmoins c’est une méthode que j’apprécie et que je teste de nouveau.
Pourquoi?
Pour de nombreuses raisons :
–    Je n’ai aucune envie de revivre les effets secondaires indésirables de la pilule
–    Mon retour de couches a eu lieu il y a seulement 4 mois et le désir d’agrandir la famille nous titille.
–    J’ai envie de mieux connaître mon corps et mes cycles, d’être plus attentive à ce qu’il s’y passe, ce que je ressens. Comme ces nausées qui reviennent à chaque milieu de cycle, annonciatrices de mon ovulation.
–    Et bien sûr nous sommes prêts à accueillir un nouveau bébé s’il venait se nicher au creux de moi !
  C’est donc la méthode de contraception qui me convient le mieux à ce moment de ma vie. Mais je pense que si nous n’envisagions pas d’avoir bientôt un deuxième enfant ou si mon retour de couches était arrivé plus tôt je me serais certainement orientée vers un moyen de contraception plus classique, toutefois sans hormones de synthèse, sans doute un stérilet.

Concilier vie familiale et vie professionnelle

J’ai repris le travail quand Poulette avait presque 4 mois. C’était le bon moment, rester seule à la maison avec un bébé commençait à me peser, j’avais envie de parler à de vrais gens et surtout d’autres choses que de bébés.

J’ai donc repris progressivement, la veille d’un pont, peu avant les fêtes (période creuse pour moi) et à temps partiel (de grosses matinées jusque 14h), le temps que tout s’ajuste : ma lactation, Poulette et la crèche et que je me remette dans le bain du boulot.
C’était exactement ce qu’il me fallait : suffisamment de temps pour profiter de ma fille (et s’occuper des tâches du quotidien) les après-midi tout en ayant de quoi préserver ma santé mentale le matin. J’ai eu énormément de chance que cela soit possible et je suis très reconnaissante à ma hiérarchie de m’avoir aménagé ce temps partiel (je  fais figure d’exception).

Mais l’été dernier, lorsque nous somme revenus en France, il m’a fallu faire une croix sur ces arrangements : au revoir mon temps partiel et mon heure d’allaitement…
Une fois de plus il a fallu traverser une phase d’adaptation. Autant ma lactation et Poulette se sont faites à ce nouveau rythme en l’espace de quelques semaines et sans trop de heurts, autant moi, 6 mois plus tard, je peine à trouver mon rythme de croisière. J’ai du mal à m’adapter à ce nouveau rythme de travail, beaucoup plus lent que le précédent. Mais surtout je n’arrive pas à me faire à ce décalage entre mes deux journées qui sont maintenant bien inégales : un temps amplement suffisant pour une charge de travail moindre et peu de temps pour en faire beaucoup à la maison !

C’est frustrant de devoir ronger son frein la journée, de déborder d’énergie (que je ne peux malheureusement pas détourner pour mon profit personnel, il me faut rester à mon poste duquel l’accès internet est limité) et les soirées où il ne faut pas perdre une minute, le repas doit être prêt en 30 min max, puis bain, coucher, vaisselle, lessive, repassage….
J’ai beau avoir une femme de menage, il y a toujours une table à essuyer, de la vaisselle à faire et un coup de balai a passer entre deux de ses visites. Je fais le plus gros des courses par internet et essaye de planifier et de preparer les repas à l’avance. Chéri participe du mieux qu’il peut à tout ça, mais bon ça reste un homme quand même (le remplissage du frigo est un truc magique pour lui). J’essaie d’en faire un maximum le week end à l’avance mais si par malheur un grain de sable vient contrarier mon organisation (un week end loin de la maison, un rendez-vous chez le pediatre un soir), je rame pour remettre un semblant d’organisation dans la maison et les assiettes.


Et bien sûr tout cela me demande beaucoup d’énergie, je suis épuisée et frustrée…  je ne parviens pas à me dégager un peu de temps pour moi, pour notre couple, bref pour m’épanouir.

J’aspire a donc réorganiser mon emploi du temps, à y faire une plus grande place à ma vie de famille et pourquoi pas avoir un peu de temps à moi pour réaliser mes envies et mes projets (rien de bien folichon mais j’aimerais bien mettre enfin les photos de mon mariage dans un album par exemple).

Dis, Chef tu veux bien que je passe à 80% ?


Guérir de son accouchement

Je ne parle pas de la guérison au sens propre (de ce point de vue là j’ai eu une chance inouïe : j’étais en pleine forme le lendemain de l’accouchement et je retrouvais mon poids 1 mois plus tard sans difficultés mais moins de fermeté of course). Non, je souhaiterais parler de la guérison psychologique, de cette boule dans la gorge et de ce goût amer que laisse un accouchement qui ne se passe pas comme on  l’espérait.

La plaie ouverte par mon premier accouchement ne s’est toujours pas refermée, sans doute ne se refermera-t-elle jamais  complètement, après tout on ne me rendra jamais la première journée de vie de ma fille, ni son premier regard ou le contact de son petit corps gluant contre le mien.

Mon cœur s’est brisé quand, 24h après l’accouchement, j’ai enfin pu aller la voir en néonat et que parmi tous ces bébés, j’ai réalisé que je n’avais aucune idée duquel était le mien…

Mais aujourd’hui je vais mieux, beaucoup mieux, je trouve même que je me suis plutôt bien débrouillée. Ce qui m’a évité une bonne dépression voire un burn out, c’est de m’accrocher à cette ultime chose sur laquelle je pouvais encore agir, ce tout petit fil si fragile et déjà bien entamé qui me reliait encore à mon bébé : l’allaitement. C’était tout pour moi, tout ce qui me restait à offrir à ma fille après sa naissance ratée.


Je m’y suis accrochée aussi fort que j’ai pu et j’ai persévéré, c’était aussi bénéfique pour elle que pour moi. Un prolongement de la grossesse, une façon de créer ce lien, pour moi l’allaitement c’était d’abord ça. Au-delà de l’aspect nourricier, c’était une façon de récupérer ces premiers instants perdus. Il aura fallu 14 mois d’allaitement pour « rattraper » ses premières 24h.

Au bonheur de nourrir ma fille s’est ajouté celui de l’élever, de la voir évoluer et d’établir une relation forte avec elle. Au fil du temps j’ai compris que le lien avec son enfant se construit petit à petit, peu importe le démarrage et ses erreurs. Chaque petit sourire, chaque petits pas, chaque câlin agit comme un petit pansement.

On n’oublie jamais. On apprend à vivre avec comme on apprend à devenir maman. Et finalement la guérison, c’est de son enfant qu’elle vient.

Point puériculture (3)

Et pour finir ce petit point puériculture (épisodes 1 et 2), voici ce dont nous n’avons pas eu besoin, jusqu’à maintenant en tout cas.

  • On s’en est passé

Je ne souhaitais pas restreindre le champ de découvertes de Poulette, j’ai donc choisi de sécuriser la maison et de la surveiller constamment plutôt que de la cantonner à un parc de 1m2. J’en ai eu envie cependant, souvent même, mais le moment critique est passé et on a survécu, sans parc.

Suite à un accident de youpala dans ma prime jeunesse (on ne rit pas, être renverser par un youpala peut arriver à tout le monde) je ne voyais pas cet engin d’un très bon oeil. De plus nous n’avons pas de couloir et le salon est étriqué, il n’aurait pas été aisé de s’y balader en youpala. Nous avons donc fait sans et Poulette s’est débrouillée avec les moyens du bord (meubles, canapé, 4 pattes) pour se déplacer.

Un sterilisateur: forcément quand on allaite, tout ce qui à trait aux biberons est assez loin de notre quotidien. J’ai choisi de ne pas stériliser les quelques biberons (de mon lait)  que je fournissais à la crèche car Poulette prenait la grande majorité de sa nourriture directement à la source. Un bon coup de goupillon et un rinçage à l’eau très chauffe me paraisse suffisant mais cela n’engage que moi.

C’est tout ce à quoi je pense pour le moment mais il existe sans doute d’autres objets dont nous n’avons pas eu l’utilité.

Pour celles et ceux que le sujet de la puériculture intéresse (je pense aux futures mamans surtout), Un cocon pour bébé vous donnera une multitude d’infos utiles!

Point puériculture (2)

Après ma liste d’indispensables, voici la listes des erreurs et/ou craquages…

  • On aurait pu s’en passer (et on aurait mieux fait) mais on a craqué

De toutes parts, je n’en entendais que du bien,  je me suis donc procuré un coussin d’allaitement dès mon 6ème mois de grossesse. Je l’ai choisi bien grand, moelleux mais pas trop, avec une housse pour le transformer en pouf pour bébé et bien que j’ai effectivement trouvé ça très agréable en fin de grossesse, je ne l’ai presque pas utilisé pour… allaiter ! J’ai eu beau le mettre devant, derrière, le plier, le déplier, rien à faire, je n’ai jamais réussi à allaiter confortablement avec ce truc. Sans doute qu’un coussin plus petit aurait été plus adapté à cet effet. Toujours est-il qu’un petit coussin tout bête replié sous mon bras a très bien fait l’affaire.

L’emmaillotement se pratique beaucoup dans les maternités émiraties. Croyant bien faire j’avais acheté une couverture spéciale emmaillotement. Elle n’a servi que 2 fois. J’ai trouvé ça mille fois plus compliqué que la technique enseignée par les puéricultrices de néonat qui ne nécessite qu’une simple couverture, un pli à droite, un pli à gauche, on replie la pointe par en-dessous et le tour est joué. Nous avons continué l’emmaillotement à la maison jusqu’à ce que Poulette se déplie un peu, jusqu’à ce que ce tout petit bébé nous montre qu’elle avait quitté l’état de prématurité.

Non pas une, ni deux mais trois poussettes. Oui, vous avez bien lu, trois.
Les porte-bébés et écharpes c’est super (et c’est pas moi qui vais dire le contraire) mais il y a  des moments où la poussette est nécessaire: la grand-mère qui ne veut ou ne peut pas porter mais souhaite plus que tout aller se promener avec sa petite fille, la virée au parc après laquelle on passe remplir le panier de la poussette de quelques courses (couches, lait, lingettes, yaourts) pendant que bébé sieste, quand bébé veut monter/descendre, monter/descendre,  onter/descendre 20 fois en 10 minutes ou quand on veut simplement se balader léger, sans poids sur les épaules ni asticot qui se tortille pour attraper les bonnets des passants (pardon madame).
Soit, mais pourquoi 3?
Il y a donc la vraie poussette, celle qui a fait l’objet d’une étude de marché  longuement poussée (et qui rempli honorablement sa mission, pas un seul  reproche à ce jour).
Puis la Quinny Zapp quasi neuve des voisins qui voulaient s’en débarrasser. A 40€ comment résister ?
Et enfin une poussette canne premier prix, pour les voyages en avion où l’on ne voulait pas risquer de perdre ou abîmer la poussette principale ni trop s’encombrer. Certes on aurait pu se servir de la Quinny mais le harnais n’est vraiment pas fait pour les petits gabarits et elle ne s’incline pas, c’est plutôt une poussette pour les plus grands, pour les bambins qui marchent déjà et veulent juste se reposer un peu.
Même si chacune de ces poussettes nous ont bien servis et nous servent encore, il n’est absolument pas indispensable d’avoir 3 poussettes.

Un sling
Acheté en même temps que la Quinny pour une bouchée de pain, je ne m’en suis presque pas servi. Je trouve le tissu trop epais, j’ai du mal à le faire coulisser dans les anneaux. J’avais adoré celui que j’avais essayé dans un atelier de portage mais ne voulais pas y mettre un montant parfois exorbitant. Sans doute aurais-je mieux fait…  mais finalement je me suis très bien accomodée du Manduca.

Une Tripp Trapp: cette chaise elle est sublime et je la voulais depuis que mon test de grossesse avait viré (ou presque). Poulette a très vite voulu être assise, avant même de savoir le faire toute seule, on a donc acheter la chaise basique de chez le suédois car elle est bien enveloppante. Autant le dire tout de suite, elle est géniale, légère, facile à nettoyer, très sûre et bon marché. C’est la chaise parfaite!
Mais… j’ai vraiment craqué sur la Tripp Trapp alors quand l’opportunité de la faire passer sur note de frais lors du demenagmenet s’est présentée je n’ai pas hésité longtemps.
Donc voilà on a deux chaises hautes. Complètement inutile mais j’assume (quoique ça serve à la nounou qui peut ainsi nourrir les deux bébés en même temps).

Et comme je n’ai pas craqué sur tout, il reste encore une rubrique, celle des choses dont on a très bien su se passer! Ce sera pour très bientôt!

Point puériculture (1)

Après 15 mois de vie avec bébé, je peux maintenant faire un point sur ces objets qui me sont devenus indispensables, ceux que je n’aurais jamais dû acheter, ce que je n’ai jamais acheté et les « nice to have » (sympas à avoir mais pas indispensables). Bien sûr cette petite liste est personnelle et correspond à notre mode de vie qui est parfois un peu particulier (je comprends bien que tout le monde ne démange pas souvent sa maison à 5000kms) mais peut-être que mon avis aidera quelqu’un.

  • On n’aurait pas pu s’en passer

Lors de ses 2 semaines passées en neonat, Poulette n’a (heureusement) pas gouté aux joies de la couveuse mais simplement au petit berceau en plexiglas comme on en trouve dans toutes les maternités. Mais les puéricultrices avaient l’art de positionner plusieurs serviettes roulées et petites couvertures de manière à former un petit cocon douillet et légèrement incliné. Le petit lit à barreaux d’1m20 sur 60 cm nous a semblé tout à coup bien froid, plat et inhospitalier à notre crevette de 2kg. Pendant quelques jours nous avons tenté de reproduire cet arrangement de serviettes et couvertures de notre mieux sans jamais être complètement satisfait. Au gré de mes errances sur le net pendant la grossesse, j’avais repéré le cocoon a baby mais l’avais vite classé dans la catégorie des « gadgets / attrape-futurs parents ». Là je le voyais d’un autre œil et lorsque j’y ai déposé ma Poulette, elle a repris cette position qu’elle affectionnait tant en néonat. De par sa petite stature, elle a mis longtemps à déborder du cocon (6 à 7 mois,) il a donc été bien rentabilisé.

Lors de l’étape « chambre et décoration », le fauteuil de l’ami suédois qui trainait dans le bureau a déménagé dans la chambre du bébé Clairement, je sous-estimais grandement le temps que j’allais passer dans ce fauteuil ! Avoir un fauteuil confortable dans la chambre de bébé me parait donc indispensable pour allaiter (ou biberonner), s’y endormir, consoler, lire une histoire, apprendre à grimper, sauter etc…

A la sortie de néonat, nous nous sommes retrouvés avec ce tout petit bébé d’à peine 2 kg et… bon… on en fait quoi maintenant? On la pose où ?
Ce n’était pas un bébé très demandeur des bras (cela a bien changé depuis) mais très observatrice (ça ça n’a pas changé !), elle avait donc une position de choix dans son transat au milieu du salon. Elle y a aussi fait de nombreuses siestes en position semi-inclinée (qui a fait des merveilles pour son leger reflux) et de multiples découvertes (oh une plante verte !).

Nous voyageons souvent alors pour moi il était indispensable d’avoir du matériel léger, peu encombrant et facile d’entretien tout en étant de bonne qualité car le provisoire peut parfois durer (8 semaines dans le cas de notre déménagement durant lesquelles nous avons squattés chez des amis, à l’hôtel puis quelques jours dans un appartement vide). Notre kit de voyage se compose donc d’une baignoire gonflable, un sack’n seat et un lit Babybjorn.
Ajoutez un porte-bebe Manduca et vous êtes parés pour toutes les situations du quotidien pour un encombrement réduit. Enfin c’est celui auquel nous sommes parvenus si vous avez des astuces pour réduire encore les bagages je suis preneuse !

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Prochain épisode: ce dont  j’aurais pu ou dû me passer…