La naissance du Petit Poisson – part 2

Hier, je vous ai laissé à 22h09. Je finis d’envoyer quelques textos, je pose mon téléphone et je me prépare à aller au lit.  Pendant que je me brosse les dents je remarque que les légères contractions que je ressens déjà depuis plusieurs semaines (aussi appelées contractions de Braxton Hicks ou de pré-travail) s’intensifient sans pour autant être douloureuses. A la fin du brossage, elles commencent à être un poil douloureuses.

Ca tombe bien l’infirmière est là pour vérifier les constantes de ma voisine de chambre, j’en profite pour lui faire part du changement dans mes contractions et elle me propose de faire un monito un peu plus tard si la douleur est toujours là. Elle quitte la pièce. Je la rappelle illico, ça fait MAL.

Le monito arrive et elle me demande donc de m’allonger pour qu’elle puisse l’installer. C’est à ce moment là que j’ai su…

J’ai su que le monito ne servirait à rien, que j’étais bien incapable de m’allonger sans quoi je ne saurais gérer cette douleur, que cette sensation qui avait commencé un peu plus tôt était celle de mon corps qui s’ouvrait et se préparait à faire naître ce bébé.

J’attrape mon téléphone qui était resté près de moi et j’appelle Chéri. Lui qui venait juste d’arriver à la maison, le voilà reparti en sens inverse…

Dans la chambre, c’est le branle-bas de combat, l’infirmière en chef arrive et comprend instantanément (le petit pied qui dépassait entre mes jambes a dû l’aider). Elle s’appelle Sharon et c’est à ces paroles que je m’accroche. Sa voix est douce et elle utilise les mêmes expressions et la même technique de respiration que celle que j’ai apprise pendant mes cours de préparation à la naissance. Je me concentre sur ma respiration, je suis dans ma bulle et étonnamment  je gère plutôt bien la douleur. Je ne perds pas pied comme lors de la naissance de Poulette (où la seule chose que je pouvais faire était crier), la respiration m’aide énormément.

Et Sharon me demande la chose la plus incongrue et la plus difficile lors de cet accouchement: d’arrêter de pousser! Tout se déroule à merveille mais le bébé ne peut pas naître ici, pas dans le couloir qui mène aux salles d’accouchement. Je tente donc d’aller à l’encontre de tout ce que mon corps m’incite à faire et je mesure l’ampleur de cette poussée réflexe, ce n’est juste pas possible d’aller à l’encontre de cette poussée, c’est incontrôlable.

Ca y est, je suis en salle d’accouchement, Sharon m’abandonne ici et je perds pied un instant, je veux qu’elle reste… Elle me confie à Verina, la sage-femme de garde. Cette dernière gagne instantanément ma confiance, elle me laisse carte blanche sur le choix de ma position et m’encourage à écouter mon corps. Il ne faut pas me le dire deux fois et je me laisse enfin porter par mes contractions alors que Verina me guide dans ma respiration et me réconforte…

Une poussée un peu plus forte et les fesses du Petit Poisson sont sorties, sa tête sortira à la prochaine poussée. J’ai un peu l’impression d’accoucher deux fois, pour ma fille une fois la tête sortie le plus dur était fait alors que là une fois les fesses dehors le plus dur restait à venir.

Je découvre alors un magnifique petit garçon et le temps se suspend un instant… Verina, pourquoi il ne crie pas? Pourquoi il est bleu? Pourquoi le cordon est-il autour de son cou? Je n’ai pas le temps de formuler ces questions à voix haute que les pleurs de mon fils emplissent la pièce… et c’est à ce moment là que le nouveau papa fait son entrée. Arrivé après la bataille, il découvre son fils d’un air ébahi.

Sage-femme, pédiatre et infirmière rient aux éclats, nous félicitent, l’ambiance est détendue malgré les circonstances. Le Petit Poisson, intubé par mesure de précaution, part découvrir ses nouveaux quartiers en néonat avec son papa.

Je suis abasourdie, je n’en reviens pas j’ai accouché… déjà… si vite… seule… naturellement… à genoux… d’un bébé en siège… dans mon joli top de grossesse… avec mes boucles d’oreilles… et mon téléphone à la main!

Et vous savez quoi? Ben un accouchement comme ça je veux bien recommencer dès demain (avec quelques semaines de grossesse supplémentaires toutefois) (et la néonat en moins).

J’ai eu la chance d’être entourée d’une super équipe ce qui ne fut pas le cas pour mon premier accouchement et ça change tout. J’étais également mieux préparée à gérer la douleur (mon premier ayant été rapide, il était fort probable que je ne puisse pas avoir de péridurale même si je l’avais souhaitée) et surtout j’ai pu constater à quel point rester libre de ses mouvements et choisir sa position permet d’atténuer la douleur des contractions. C’est plus sympa d’avoir la gravité de son côté plutôt que d’avoir à lutter contre.

La suite est un peu moins rose, le Petit Poisson resta trois semaines en néonat avant de pouvoir enfin rejoindre notre maison et faire la connaissance de sa grande soeur qui trépignait d’impatience à l’idée de connaître son « petit frère garçon ».

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La naissance du Petit Poisson – part 1

Ce jour là, la famille Bidon a rendez-vous chez l’ostéopathe. J’attends ce rendez-vous avec impatience car mon sacrum et mon dos me font souffrir terriblement pendant cette grossesse.

Manque de bol, j’ai oublié de prendre des jouets pour Poulette, le trajet est longuet, alors je passe une bonne partie du temps tournée vers l’arrière de la voiture à faire l’animation. Quand soudain, un liquide chaud coule entre mes jambes…

Branle-bas de combat on fait demi-tour, direction les urgences de la maternité!
Sur le chemin du retour, je passe quelques coups de fil: l’ostéo pour annuler le rendez-vous, des copains pour garder Poulette pendant que nous allons aux urgences et enfin ma gynéco qui me confirme qu’un tour aux urgences est indispensable à ce stade car je ne suis qu’à 32 semaines…

Un petit détour par la maison pour me changer (mon pantalon est trempé, je n’ai plus de doutes quant à l’origine du liquide), préparer le sac de survie de Poulette et nous voilà aux urgences de la maternité, plutôt inquiets.
Le diagnostic est rapide: la poche des eaux est rompue, il faut m’hospitaliser pour voir comment la situation évolue, soit ce n’est qu’une fissure, avec du repos complet le liquide peut se régénérer et le Petit Poisson rester au chaud le plus longtemps possible soit c’est un début de travail. Je comprends rapidement que je ne retournerai plus travailler (il me restait 2 jours à tirer) et que tous mes beaux projets à faire pendant mon congé maternité tombent à l’eau (c’est le cas de le dire).

Moins d’une heure plus tard me voilà dans ma chambre que je partage avec Rania de Jordanie (pas la princesse). Commence alors une longue période d’incertitude, personne ne peut se prononcer avant de voir comment la situation évolue dans les jours qui viennent. Pourrais-je bientôt rentrer chez moi?

Ce qui va s’avérer être la dernière photo de mon bidon

Pas de bol, depuis la veille le Wifi est en panne, finalement c’est peut-être pas plus mal, ça m’empêche de googler « rupture des membranes à 32 SA » pour le regretter ensuite. Le temps me semble long, Chéri est rentré à la maison, il gère Poulette jusqu’à l’arrivée de Super Mamie qui a sauté dans le premier avion pour voler à notre secours.
Entre les visites de médecins pour moi ou ma colocataire, les passages des infirmières, les plateaux repas et les visiteurs, la notion de repos à l’hôpital est toute relative. Je prends mon mal en patience, je me dis que cela peut encore durer plusieurs semaines, mais qu’avec un peu de chance je pourrais bientôt passer en hospitalisation à domicile dans mon chez-moi avec ma Poulette, mon Chéri et ma maman pour me chouchouter. Et puis je bois, énormément, pour régénérer le liquide amniotique. J’ai découvert que celui-ci est en fait composé principalement de l’urine du foetus et que l’absorption de cette urine par le foetus lui permet de maturer ces poumons. J’encourage donc mon Petit Poisson à me faire pipi dedans…

Et surtout je relativise, car Rania perd aussi du liquide mais elle n’en est qu’à 24 semaines, elle. Elle a aussi du diabète gestation et une forte tension. Bref, vaut mieux être à ma place qu’à la sienne.

Deuxième jour d’hospitalisation, la position allongée n’y fait rien, je continue de perdre du liquide et celui-ci ne se régénère pas assez vite pour compenser les pertes. Dans ce cas, on m’explique que 70% des accouchements ont lieu dans les 7 à 10 jours. Le tableau s’assombrit, on accélère la maturation des poumons du Petit Poisson mais je veux toujours y croire, je suis prête à rester allongée le temps qu’il faudra pour éviter au Petit Poisson d’avoir à séjourner en néonat, j’ai déjà tester pour ma Poulette et franchement je ne souhaite pas réitérer l’expérience.

Ceci n’est pas mon docteur, snif

Ma maman arrive, je suis soulagée, ma Poulette est entre de bonnes mains, elle est ravie que sa grand-mère soit là même si maman lui manquera un peu au coucher. Je délègue à Chéri la liste des derniers préparatifs au cas où le Petit Poisson précipiterait sa venue. Chéri s’en sort plutôt bien, faut dire que pour Poulette s’était déjà lui qui s’était de charger de préparer les sacs pour l’hôpital!

La nouvelle de mon hospitalisation s’est propagée rapidement et les amis et collègues se sont organisés en relais pour venir me rendre visite dans les jours qui suivent. Leurs petites attentions me touchent et les bons plats fait-maison me remontent le moral! Quand ils ne viennent pas me rendre visite, c’est mon téléphone qui sonne. C’est donc presque avec soulagement que je vois l’heure de fin des visites approcher. Un dernier texto à une amie qui vient aux nouvelles avant de me coucher:

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Vous avez vu l’heure? Il est 22h09.

Le Petit Poisson est né à 22h39.

Demain, je vous explique ce qu’il s’est passé entre 22h09 et 22h39.

La pré-éclampsie: et après?

Ma crainte principale pour cette seconde grossesse est de revivre une fin de grossesse similaire à la première. Bien avant de tomber enceinte je me suis donc renseignée sur les risques et probabilité de refaire une pré-éclampsie. Bien m’en a pris car j’ai ainsi  découvert beaucoup de choses sur cette maladie que je voudrais vous faire partager ici.

Tout d’abord voici quelques explications à propos de la pré-éclampsie afin de mieux comprendre la suite.

La pré-éclampsie (ou toxémie gravidique) est une complication de grossesse qui peut conduire, entre autres,  à l’éclampsie, l’une des premières causes de mortalité maternelle et foetale. Mais pas de panique, elle ne touche qu’environ 5% des femmes et les examens mensuels de routine (analyses d’urine, suivi du poids, de la tension) ont  justement pour but de la détecter au plus vite.

Elle peut apparaître à partir de la 20ème semaine de grossesse et les symptômes sont les suivants:

  • L’hypertension artérielle (HTA): une tension supérieure à 14/9 au repos. L’hypertension seule  concerne 10% des grossesses,  et dans ces cas mieux vaut surveiller les autres symptômes qui caractérisent la pré-éclampsie
  • La protéinurie : présence d’albumine dans les urines (plus de 300 mg par jour)
  • Une prise de poids rapide (plus d’un kilo en une semaine)  associée à des oedèmes au niveau des chevilles et des jambes.
  • Des maux de tête, bourdonnements d’oreille, une somnolence inhabituelle ou des troubles oculaires : vision double, mouches volantes, etc…
  • Une  hyperréflexie peut également survenir
  • Le foetus présente un retard de croissance (hypotrophie)

La cause de cette maladie n’est pas précisément connue mais serait due à une mauvaise vascularisation du placenta. Les artères utérines sont de calibre insuffisant donc le placenta  ne reçoit pas assez de sang, et donc pas assez d’oxygène et de nutriments.

Les échanges entre la maman et le bébé sont alors perturbés. Cette situation peut conduire à un retard de croissance du bébé voire à une prématurité (liée à l’urgence de l’accouchement, le seul vrai traitement) ainsi qu’à une souffrance foetale.

Chez la maman, la tension artérielle augmente afin de compenser ces artères de calibre insuffisant. Le placenta libère également des substances toxiques qui altèrent la paroi des vaisseaux maternels. Ceci peut  aboutir à des lésions vasculaires rénales et hépatiques.

Si la pré-éclampsie est modérée et prise en charge rapidement, les conséquences sont limitées.

Si celle-ci n’est pas repérée suffisamment tôt ou réagit mal au traitement, elle peut se compliquer de manières différentes : l’éclampsie (survient dans environ 1 % des pré-éclampsies), l’hématome rétroplacentaire, le syndrôme HELLP,  et d’autres complications graves (hémorragie cérébrale, insuffisance rénale, rupture hépatique).

Mais heureusement l’éclampsie touche très peu de femmes enceintes, seulement une sur 2 000.

Voilà, c’est donc une maladie qui survient on ne sait pas trop comment, qui peut être grave mais qui n’arrive pas souvent, la « faute à pas de chance » en quelque sorte…

Quoique certaines d’entre nous ont plus de risque d’être touchées que les autres. A savoir que cela peut être génétique, ce qui fut mon cas, ma maman ayant fait une pré-éclampsie à la naissance de mon petit frère (mais ça je ne l’ai su qu’après la naissance de Poulette).

Les facteurs de risque principaux (qui multiplient le risque de survenue par 3) sont les suivants :

  • la nulliparité ou la première grossesse avec un nouveau partenaire
  • les grossesses multiples
  • des antécédents familiaux de pré-éclampsie
  • des ancêtres africains ou amérindiens
  • la présence d’anticorps antiphospholipides (les anticorps maternels developpent une intolérance aux antigènes paternels)
  • le diabète
  • des antécédents d’hypertension artérielle, de maladie rénale ou de désordres hématologiques
  •  un surplus de poids avant la grossesse (indice de masse corporelle (IMC) de 30 ou plus)
  • l’âge maternel (plus de 40 ans ou moins de 20 ans)
  • une pré-éclampsie lors d’une grossesse antérieure

Bingo, je me retrouve encore dans cette catégorie « à risques ».  Mais pour être sûre, j’ai posé la question à mon médecin qui m’a répondu que le risque de récidive d’une pré-éclampsie dépendait de la cause de la première pré-éclampsie. Toutefois, selon lui  c’est bien souvent une pathologie de la première grossesse, généralement les suivantes se passent mieux et peuvent même être normales.

Malheureusement il n’existe pas de moyens de prévention permettant d’empêcher la pré-éclampsie. Aller à toutes ses consultations de grossesse et faire les analyses prescrites reste le seul moyen de déceler la maladie suffisamment tôt pour traiter les éventuelles complications.

Les traitements consistent majoritairement en un repos complet (pour faire baisser la tension), des médicaments antihypertenseur et une surveillance accrue de l’évolution de la maladie et des symptômes en fonction du terme de la grossesse.

Il est préférable de se reposer sur le coté gauche car cela diminue la pression sur plusieurs vaisseaux sanguins principaux situés à droite. Par contre cela augmente aussi l’envie d’uriner.  Mais c’est une bonne chose car une évacuation régulière des urines améliore la qualité du sang.

Finalement,  le seul traitement efficace de cette maladie est l’accouchement. Cela arrête l’activité du placenta qui provoque les symptômes. Les autres traitements n’ont comme unique but d’attendre un terme d’accouchement compatible entre la vie de l’enfant et celle de la mère.

Tout devrait revenir à la normale 4 à 6 semaines après l’accouchement. Pour ma part, 24h après toutes mes analyses étaient redevenues normales.

Selon la gravité de la pré-éclampsie et afin de déterminer l’origine de celle-ci, des examens peuvent être réalisés par un néphrologue, une cardiologue ou un ophtalmologue,  4 à 6 mois après l’accouchement. Cela permet parfois de déceler une maladie (comme une hypertension chronique) qui aurait été révélée par la grossesse.

En conclusion, pour cette seconde grossesse, j’applique les consignes suivantes: beaucoup de repos sur le coté gauche (évidemment je ne suis bien qu’à droite), un suivi régulier avec des échographies mensuelles pour surveiller le développement du placenta. Bref on ne s’alarme pas, ma grossesse est considérée normale jusqu’ à preuve du contraire… je croise les doigts!

PS: cet article reflète ma compréhension de la maladie et n’a aucune valeur médicale. Bien que je me sois servie des réponses apportées par mon gynéco, ma sage-femme et mon généraliste a mes questions, il se peut que ma retranscription ne soit pas tout à fait exacte et j’invite quiconque ayant des connaissances sur le sujet à apporter ses commentaires. En cas de doute pour les femmes enceintes, n’hésitez pas à consulter, mieux vaut une consultation pour s’entendre dire que tout va bien plutôt que de laisser
empirer une complication qui pourrait avoir de graves conséquences.

Guérir de son accouchement

Je ne parle pas de la guérison au sens propre (de ce point de vue là j’ai eu une chance inouïe : j’étais en pleine forme le lendemain de l’accouchement et je retrouvais mon poids 1 mois plus tard sans difficultés mais moins de fermeté of course). Non, je souhaiterais parler de la guérison psychologique, de cette boule dans la gorge et de ce goût amer que laisse un accouchement qui ne se passe pas comme on  l’espérait.

La plaie ouverte par mon premier accouchement ne s’est toujours pas refermée, sans doute ne se refermera-t-elle jamais  complètement, après tout on ne me rendra jamais la première journée de vie de ma fille, ni son premier regard ou le contact de son petit corps gluant contre le mien.

Mon cœur s’est brisé quand, 24h après l’accouchement, j’ai enfin pu aller la voir en néonat et que parmi tous ces bébés, j’ai réalisé que je n’avais aucune idée duquel était le mien…

Mais aujourd’hui je vais mieux, beaucoup mieux, je trouve même que je me suis plutôt bien débrouillée. Ce qui m’a évité une bonne dépression voire un burn out, c’est de m’accrocher à cette ultime chose sur laquelle je pouvais encore agir, ce tout petit fil si fragile et déjà bien entamé qui me reliait encore à mon bébé : l’allaitement. C’était tout pour moi, tout ce qui me restait à offrir à ma fille après sa naissance ratée.


Je m’y suis accrochée aussi fort que j’ai pu et j’ai persévéré, c’était aussi bénéfique pour elle que pour moi. Un prolongement de la grossesse, une façon de créer ce lien, pour moi l’allaitement c’était d’abord ça. Au-delà de l’aspect nourricier, c’était une façon de récupérer ces premiers instants perdus. Il aura fallu 14 mois d’allaitement pour « rattraper » ses premières 24h.

Au bonheur de nourrir ma fille s’est ajouté celui de l’élever, de la voir évoluer et d’établir une relation forte avec elle. Au fil du temps j’ai compris que le lien avec son enfant se construit petit à petit, peu importe le démarrage et ses erreurs. Chaque petit sourire, chaque petits pas, chaque câlin agit comme un petit pansement.

On n’oublie jamais. On apprend à vivre avec comme on apprend à devenir maman. Et finalement la guérison, c’est de son enfant qu’elle vient.

Poulette’s birth

Comme promis, voici le récit un peu (beaucoup) plus détaillé de la naissance de ma Poulette. Ca m’a pris un moment, 5 mois pour être précise, plusieurs brouillons, plusieurs versions (celle en colère, celle version film d’horreur, celle « finalement c’était pas si pire »), des dizaines de pages noircies, pour finalement arriver à ce petit récit en 6 épisodes.

Episode 1: Ca sent le sapin… où j’apprends qu’il y a un problème

Episode 2: Le début des hostilités où j’apprends que la fin de la grossesse approche

Episode 3: Le re-début des hostilités où l’accouchement est déclenché

Episode 4: Et c’est parti… où l’accouchement proprement dit

Episode 5: La fin (?) des hostilités où la délivrance ne se passe pas comme prévu

Episode 6: Et ils vécurent heureux où le + ou – happy end!

Je m’efforce de ne retenir que le bon de cette aventure (après tout j’ai réussi à accoucher rapidement sans péri ni épisio et la guérison fut plus que rapide) mais je ne garde pas un souvenir mémorable de mon accouchement, ça n’était pas « le plus beau jour de ma vie » (sinon comme le dit Florence Foresti à quoi ressembleraient les autres jours de ma vie?) et j’aimerais beaucoup que les choses se passent différemment pour le prochain bébé (un accompagnement global et accouchement avec la même sage-femme serait l’idéal). Et ouais malgré tout, j’ai quand même envie de remettre ça (un jour), comme quoi la douleur et les mauvais souvenirs s’estompent vraiment 😉

Et ils vécurent heureux…

Suite et fin (pour de bon cette fois) !

Les informations nous parviennent ensuite au compte-goutte : quand vais-je être transférée en chambre normale ? quand pourrais-je sortir ? et surtout, Poulette, on me la ramène quand ?
Comment ça on ne me la ramène pas ? Bon, ben c’est pas grave, je vais y aller alors, la perf a des roulettes, apportez moi un fauteuil roulant, et roule vers ma Poulette !

Et bien non ça aurait été trop simple… malgré mes multiples demandes, on ne me permettra pas d’aller voir ma fille avant que la perfusion soit finie, soit un délai de 24h après l’accouchement…
S’ensuivirent donc 23 longues heures d’attente seule dans une pièce (chéri faisant des allers-retours entre moi et Poulette) sans fenêtre ni réseau de téléphone. De temps à autre une infirmière venait me prendre ma tension et m’ôter la perfusion que je puisse aller aux toilettes. Notez que je pouvais me passer de perfusion pendant 30 minutes à 1h (le temps qu’elle vienne me la remettre) pour aller aux toilettes mais que je n’ai pas pu aller voir ma fille a l’autre bout du couloir même pour 5 minutes…

On m’a apporte un tire-lait et j’ai réussi à recueillir une dizaine de ml de colostrum pour ma Poulette… je découvrirais quelques jours plus tard en discutant avec les infirmières de néonat que le colostrum ne leur ai jamais parvenu… tout ces efforts pour rien…
Apres ces fameuses 24h j’ai enfin pu découvrir ma fille et j’ai ensuite été transférée en chambre normale. Merci a la gentille infirmière (celle qui m’avait aussi passer du gaz pendant la révision utérine) de m’avoir trouve une chambre simple… partager sa chambre avec une autre maman et un bébé aurait sans doute été dur quand on a pas son bébé avec soi…
Je ne dis pas merci à l’infirmière (celle qui n’a pas apporté mon colostrum à Poulette) qui est arrivée dans ma chambre le lendemain en me demandant : ‘mais il est ou ton bébé ? » Manque de tact et visiblement pas lu mon dossier…

Mes soins et heure de médicaments étant pile les mêmes que ceux de mon bébé, j’ai demandé à décaler un peu mais cela m’a été refusé… voilà comment j’ai passé beaucoup de temps à regarder Poulette dormir et devait partir lorsqu’elle se réveillait enfin…. Situation idéale pour démarrer l’allaitement, n’est-ce pas ?

Le retour à la maison, après deux jours, a fait beaucoup de bien, même si rentrer à deux n’était pas prévu, nous en avons profiter pour finir les préparatifs, la chambre de la demoiselle et aller lui acheter les plus petits pyjamas qu’on ait jamais vu (qui s’avèreront bien trop grands). Je m’efforce de ne retenir que le meilleur de cette période, on s’est efforcé de mettre la maison en ordre, et de bien récupérer pour être en forme et pouvoir profiter a 100% de Poulette a son retour… ou devrais-je dire son arrivée a la maison qui eut lieu 12 jours plus tard.

LA nôtre

La fin (?) des hostilités

Après la naissance de Poulette, la suite de mes (més)aventures…

Me voilà donc seule avec deux médecins (une jeune et la vieille bique) et 3 infirmières… Mais qu’est ce que vous faites toutes encore là ? Ah oui ça me revient, reste encore le placenta à sortir, c’était donc ça l’injection que j’ai eu lorsque je tenais mon bébé.
La jeune médecin est douce, elle tire gentiment sur le cordon et le placenta suit facilement… ah je me sens plus légère… je demande à le voir et elle commence à m’expliquer lorsque la vieille bique lui coupe la parole et lui dit qu’il n’a pas l’air entier…

Aarrfff c’est pas bon signe, me dis-je…

La jeune médecin s’excuse donc et me dit qu’elle va devoir aller vérifier que tout le placenta est bien sorti et que cela ne sera pas très agréable (quel euphémisme…). Elle m’appuie sur le ventre et…ah la vache ce que ça fait mal… elle extrait néanmoins un petit morceau… Ouf, c’est fini ? Non me rétorque la vieille bique, je suis sure qu’il en reste encore, je vais aller vérifier. .. un regard avec la jeune médecin me confirme ce que je redoute: c’est pas une tendre et je vais morfler…. c’est peu dire… je n’avais plus personne ni rien à me raccrocher ni aucun anti-douleur pour affronter cette douleur beaucoup plus intense que l’accouchement… j’ai supplié qu’on me donne quelque chose pour la douleur et c’est là qu’elle ma menacé, qu’il fallait que je me tienne tranquille, sinon c’était direction le bloc et elle n’y allait pas pour rien, si elle y allait elle enlevait tout l’utérus… honnêtement je la sentais parfaitement capable de mettre sa menace à exécution j’ai donc puiser dans les ultimes forces qui me restaient pour ne pas (trop) crier… je remercie l’infirmière qui a profité d’une minute d’inattention de Godzilla pour me coller le masque à gaz sur le visage et me chuchoter de prendre une grande respiration car ce n’était pas fini…
Apres avoir fait plusieurs fois le tour de mon utérus il a bien fallu qu’elle se rende à l’évidence, il n’y avait plus rien, nada, pas le moindre bout de placenta… la torture pris fin quelques (interminables) minutes plus tard avec une injection…

J’apprendrais par la suite que l’on m’a injecté de la pethidine (un opiacé, j’en ai déjà parlé ) à la fin de la révision utérine. Etait-ce vraiment bien utile à la fin ? Sachant que le produit met 30 minutes à agir ? Et surtout que j’avais bien précisé dans mon plan de naissance que je n’en voulais pas pour ses effets secondaires ?
Ca n’a pas loupé les effets secondaires se sont manifestés rapidement : maux de tête, vertiges, une immense envie de dormir… un vrai bad trip… mes souvenirs sont flous à partir de là … je crois que chéri est venu me montrer des photos de notre fille mais je n’en ai pas le souvenir, je me rappelle avoir eu la sensation de flotter à coté de mon corps…. Incapable de bouger ou de parler mais parfaitement consciente de ce qui se passait autour de moi…

Et c’est parti…

Previously on About my bidon: accouchement épisode 1, 2 et 3.

La menace de césarienne (et surtout ses conditions : sans le papa, sous anesthésie générale, pas d’allaitement en salle de réveil, pas possible de voir mon bébé avant 24 à 48h) me dévaste, le scenario catastrophe se déroule lentement sous mes yeux et je ne peux rien faire… quoique… je reprends du poil de la bête et décide de faire le peu que je puisse faire : parler au bébé, lui expliquer la situation et que ce serait cool qu’il se décide à venir de lui-même, boire quelques tasses de tisane de feuilles de framboisiers, et surtout changer de position malgré tous ces câbles.

A genoux sur le lit, en appui sur la table où l’on met le plateau-repas, il ne faut pas longtemps pour qu’enfin je sente de légères contractions. Ca y est ca commence et… aie… ça me remplit de joie (façon de parler, hein).

« Non madame, le monito ne montre aucune contraction, c’est pas ça »…aie… on décide alors de noter mes « non-contractions »(*). Le papa fait ça très…aie… bien et il ne faut pas longtemps pour qu’on se rende compte du rythme : toutes les 4 et 2 minutes alternativement. Ca commence rapidement dis donc… tant mieux, la menace de la césarienne s’éloigne d’autant plus à chaque contraction.

Je me concentre sur ma respiration et gère quelques contractions comme ça. Une sage-femme passe sa tête par la porte et constate qu’effectivement le travail a commencé, elle me demande si je veux du gaz mais je préfère attendre encore un peu et tester les massages, lingettes chaudes et autres anti-douleur. Apres tout y’en a encore pour plusieurs heures (ah la naïveté) alors je ne veux pas m’habituer à un anti-douleur tant que j’arrive plus ou moins à gérer. Mouais… j’ai du tenir ce discours pendant  5 minutes avant que je ne supplie chéri de la rappeler et de me donner du gaz! Parce que la les contractions sont de plus en plus longues et fortes… la vache… purée, c’est moi qui crie comme ça ? ah ben oui… mais expulser de l’air très très vite ça fait du bien et… ah tiens ça va mieux si je laisse faire la contraction, on dirait même que… ça pousse !

Poulette est née à 14h20...

Retour de la sage-femme qui ameute les troupes, allume toutes les lumières (aie mes yeux) et commence à installer THE gaz. On me demande (m’ordonne ?) de m’allonger pour m’examiner. Bon alors comment dire, déjà tu ne me demandes rien pendant une contraction et ensuite j’essaie de me retourner là mais avec un bébé qui tente de traverser ton bassin, c’est juste pas facile d’être gracieuse alors patiente un peu !

J’ai juste le temps d’entendre un « Mais on voit la tête ! » avant qu’on me tende le gaz (une pure merveille ce truc). Waouh y’a de la pression dans le masque. L’effet est instantané, après une bouffée la douleur est considérablement atténuée alors je continue…. Peut-être un peu trop car j’ai ensuite l’impression de sombrer, d’être complètement à coté de mon corps, je vois des images de tracé plat , de réanimation (merci urgences et grey’s anatomy) … suis-je en train de mourir (**)? ah ben non alors je veux savoir si c’est une fille ou un garçon ! Je me raccroche à la voix de chéri « Respire, respire » et on m’ôte le masque, oui ça vaut mieux… aaahhh nooooooon encore le masque, je VEUX la drogue…

…Accalmie…

Voix de chéri : « ça y est il est là le bébé ! »

Moi : « C’est vrai ? »

Chéri : « je sais pas je te demande… »

Moi : « Aiiiiieeeeeee »

Chéri : « Bon non il n’est pas encore la… »

… Fin de l’accalmie…

S’ensuit une série de contractions qui me parait interminable… je voudrais bien toucher la tête de mon bébé pour voir où j’en suis mais on m’en empêche a deux reprises (pourquoi ? mystère…) je laisse faire la poussée réflexe, je ne veux pas pousser pour ne pas déchirer mais je sens bien que dans cette position il faut que je donne un petit coup de pouce (enfin pas vraiment de pouce, on se comprend, hein) pour aider mon bébé. J’entends vaguement le mot « cut » revenir dans la conversation, bon c’est clair, ils ne m’épargneront pas(***). Allez je pousse un peu comme ça c’est enfin fini… ouillllle… la tête est passée… même sensation que lorsqu’on enfile un col roulé en beaucoup plus cuisant….

Plus que la brûlure, c’est la sensation de flottement une fois la tête sortie qui m’a le plus frappée… Une dernière contraction et hop… LA voilà ! C’est une fiiiiiille, une toute petite fille me dit son papa…

A peine dans mes bras qu’on me la reprends déjà, « elle est trop petite » me murmure-t-on… Là j’ouvre les yeux, redescends sur terre et constate le monde qu’il y a dans la pièce, ils étaient tous là tout ce temps ??

Avec tout ces gens impossible de voir mon bébé… ils s’apprêtent à l’emmener (dans les bras du pédiatre, sans couveuse ni rien) lorsque nous demandons à l’avoir encore un peu. Je souhaite la mettre au sein mais la pédiatre est formelle « elle est trop petite pour téter ». M’en fous je veux essayer et je veux ma fille contre moi… A peine le temps de prendre une photo que Poulette repart, accompagnée par son papa qui a pour mission de ne pas la quitter des yeux, je ne suis pas rassurée sur ce qu’ils vont lui faire.

(*) c’est dingue mais selon le monito Poulette est née sans contractions, incroyable, non ?

(**) c’était donc ça la phase de désespérance…

(***) à tort, je m’en suis sortie sans episio ni déchirure

Le re-début des hostilités

Si vous avez raté le début, c’est ici et .

Me voilà donc perfusée (de magnésium), sanglée, monitoire et sondée. Le déclenchement n’a même pas commencé que je ne me sens déjà plus libre de mes mouvements, emprisonnée sur ce lit… Parfait pour la mobilité pendant le travail, hein ?

Après l’introduction de la première tablette, on décide de faire un petit somme (le futur papa par terre sur son duvet, merci decathlon pour le matelas intégré) interrompu par les prises de tension et autres introduction intempestives dans la chambre (lumières allumées et claquements de porte en bonus).

J’ai mal… très mal… rien de cyclique comme ce à quoi je m’attendais mais plutôt mal comme une infection urinaire où la douleur serait présente en continu… et augmente en intensité… c’est franchement insoutenable…je presse le bouton près de lit mais personne n’arrive… je réveille chéri, il part chercher une infirmière qui m’applique de la glace… une fois… deux fois…aucun effet je souffre toujours autant et la douleur ne fait qu’empirer…  je n’ai qu’une envie, qu’on me retire cette sonde… un médecin passe, non on ne retire pas la sonde, impossible… peu après la poche se teinte de sang… je n’en peux plus de cette douleur, ça n’est pas normal, l’accouchement n’a même pas commencé et je m’épuise déjà… chéri s’en va et revient avec le médecin qui consent à retirer la sonde (merci chéri je ne sais pas ce que tu lui a dis mais merci)… le soulagement est quasi immédiat… 20 minutes après je revis…

Le médecin s’inquiète du sang dans la poche et veut donc me remettre la sonde… ou une plus petite ou une dans un autre matériel…. Même pas en rêve tu me remets ce machin…

D’autant plus qu’on a réussi connaitre l’utilité de la sonde : quantifier mes sorties par rapport à mes entrées (en gros voir si je fais bien pipi rapport à tout le liquide qu’on m’injecte dans la perfusion). Soit, ça peut très bien se mesurer dans un haricot, une bassine, un seau ou tout autre récipient, non ?

Après d’âpres négociations, on obtient gain de cause et la sonde ne sera pas remise, vive les pipis dans un petit récipient !

S’ensuit un défilé de médecins, une échographie des reins, un puis deux néphrologues qui cherchent à percer le mystère du sang dans la poche. Et si on m’écoutait moi ? Si comme je le pressens, ce n’était qu’une allergie a la sonde(*), sonde qui m’a irritée jusqu’au sang (vu qu’on s’est obstine à me la laisser) ?

Les 6 heures après l’introduction de la première tablette étant passées, il faut se rendre à l’évidence, bébé ne veut pas quitter son nid… et nous sommes déjà bien éprouvés…

Re-apparition du médecin (celle que l’on appellera vieille bique ou Godzilla)  qui me propose (non qui m’impose plutôt) de percer la poche des eaux pour déclencher le travail. Cela ne me plait guère car on a appris en cours de préparation que la poche des eaux est là pour protéger le bébé des contractions, comme un tampon, mais bon, c’est elle le médecin et je ne suis pas en mesure de refuser… Elle en profite d’ailleurs au passage pour me décoller les membranes, ouille ouille ouille elle n’a pas la main légère…

Introduction de la deuxième tablette et c’est reparti, on attend les contractions. L’équipe médicale s’impatiente, ça ne vient pas assez vite, si le travail ne démarre pas dans quelques heures, ce sera une césarienne (**).

(*) L’hypothèse de l’allergie de contact à la sonde a paru très plausible au chef de service de néphrologie qui est venu me voir le lendemain et qui m’a écouté, lui…

(**) Qui aurait était dictée principalement par la rupture de la poche des eaux, m’a affirmée ma gynéco à qui j’ai raconté l’histoire, c’est un peu le serpent qui se mord la queue…

Le début des hostilités

Le premier épisode de l’épopée de l’accouchement est .

Retour à la maternité avec le futur papa ou je sens les regards accusateurs, me voilà devenue ‘celle qui est sortie contre avis médical’. On nous sermonne donc allégrement et on m’annonce que les résultats des analyses sont revenus et sont plutôt mauvais, si ma tension augmente il faudra déclencher l’accouchement. Et voilà pas que l’on me prend la tension dans la minute suivant cette annonce… bingo ça dépasse le seuil limite !
Ben oui, forcément… même le futur papa devait avoir une tension élevée à ce moment là…
Bref, cette soi-disant forte tension était à mon humble avis due en bonne partie au stress infligé par l’équipe médicale… elle a d’ailleurs été bien entretenue en venant me la prendre tous les quarts d’heure…

Le futur papa et moi nous retrouvons donc en salle de travail, où l’on va rester une bonne heure jusqu’ à ce que quelqu’un veuille bien nous en dire un peu plus sur la suite des évènements. Informations que nous n’aurons qu’au compte goutte, ne me demandez d’ailleurs pas le nom des médecins ou infirmières, personne n’a eu le civisme de se présenter…
Contexte idéal pour entretenir ma tension élevée, non?

Une infirmière viendra ensuite me donner une blouse et me poser un cathéter. Nous attendrons ensuite une autre heure avant que quelqu’un ne vienne remplir la perfusion dont nous ignorons le contenu. Pardon, c’est faux on nous a dit que c’était du magnésium mais à la question « Pourquoi me donne-t-on du magnésium ? » on nous a répondu : « parce que c’est le médecin qui l’a prescrit » (*). Hhmm… j’y avais pas pensé…

Ca y est la médecin revient et nous explique ( etc’est un bien grand mot) le deroulement des évènements : on va me déclencher par tablettes, une maintenant (comprendre dans une heure) et la seconde 6 heures après, d’ici là le travail devrait se déclencher et sinon on avisera.

« C’est a dire ? »

« On avisera en temps voulu ne vous inquietez pas. »

On ne s’inquiète pas, on veut juste savoir ce qui peut arriver pour s’y préparer, c’est tout… c’est justement de ne pas savoir qui m’inquiète et me stresse (et fait donc monter ma tension) !
Nous en proftions quand même pour discuter de notre plan de naissance, vu l’accueil on se doute bien qu’il ne sera pas suivi mais je suis plutôt surprise car elle répond favorablement à la plupart de nos demandes : être mobile pendant le travail, choisir la position d’accouchement, les soins du bébé, pas d’épisio, découvrir nous-mêmes le sexe du bébé, ne couper le cordon que lorsqu’il a fini de battre, allaiter a la naissance, nous laisser un peu de temps seul tous les 3…

Enfin…elle dit oui pour ne pas s’étendre sur le sujet je pense… elle nous demandera ensuite nos copies du plan pour « les distribuer dans le service ». Mouais… on se rendra compte plus tard que c’était pour les faire disparaitre…

(*) Après recherches (merci google), le magnésium sert à prévenir les convulsions dans les cas d’éclampsies… sachant que je n’étais qu’en supposition de pré-éclampsie, cela me parait un peu drastique comme protocole… m’enfin bon je ne suis pas médecin… néanmoins un avis éclairé sur la question m’interesserait : était-elle vraiment nécessaire cette perfusion ?