Il y a 5 ans

Il n’y avait pas de rayon Bio dans les supermarchés,
Il y avait NCIS le vendredi soir à la télé,
Il y avait Fort Boyard le samedi soir en été à la télé,
Il n’y avait qu’une seule poubelle où l’on jetait tout (sauf le verre),
Il faisait beau en été,
Il n’y avait que 3 opérateurs téléphoniques,
Il y avait des abonnements internet seulement,

Il y avait un avion en partance pour Abu Dhabi qui m’attendait, j’étais célibataire et sans enfant…

Et c’est parti…

Previously on About my bidon: accouchement épisode 1, 2 et 3.

La menace de césarienne (et surtout ses conditions : sans le papa, sous anesthésie générale, pas d’allaitement en salle de réveil, pas possible de voir mon bébé avant 24 à 48h) me dévaste, le scenario catastrophe se déroule lentement sous mes yeux et je ne peux rien faire… quoique… je reprends du poil de la bête et décide de faire le peu que je puisse faire : parler au bébé, lui expliquer la situation et que ce serait cool qu’il se décide à venir de lui-même, boire quelques tasses de tisane de feuilles de framboisiers, et surtout changer de position malgré tous ces câbles.

A genoux sur le lit, en appui sur la table où l’on met le plateau-repas, il ne faut pas longtemps pour qu’enfin je sente de légères contractions. Ca y est ca commence et… aie… ça me remplit de joie (façon de parler, hein).

« Non madame, le monito ne montre aucune contraction, c’est pas ça »…aie… on décide alors de noter mes « non-contractions »(*). Le papa fait ça très…aie… bien et il ne faut pas longtemps pour qu’on se rende compte du rythme : toutes les 4 et 2 minutes alternativement. Ca commence rapidement dis donc… tant mieux, la menace de la césarienne s’éloigne d’autant plus à chaque contraction.

Je me concentre sur ma respiration et gère quelques contractions comme ça. Une sage-femme passe sa tête par la porte et constate qu’effectivement le travail a commencé, elle me demande si je veux du gaz mais je préfère attendre encore un peu et tester les massages, lingettes chaudes et autres anti-douleur. Apres tout y’en a encore pour plusieurs heures (ah la naïveté) alors je ne veux pas m’habituer à un anti-douleur tant que j’arrive plus ou moins à gérer. Mouais… j’ai du tenir ce discours pendant  5 minutes avant que je ne supplie chéri de la rappeler et de me donner du gaz! Parce que la les contractions sont de plus en plus longues et fortes… la vache… purée, c’est moi qui crie comme ça ? ah ben oui… mais expulser de l’air très très vite ça fait du bien et… ah tiens ça va mieux si je laisse faire la contraction, on dirait même que… ça pousse !

Poulette est née à 14h20...

Retour de la sage-femme qui ameute les troupes, allume toutes les lumières (aie mes yeux) et commence à installer THE gaz. On me demande (m’ordonne ?) de m’allonger pour m’examiner. Bon alors comment dire, déjà tu ne me demandes rien pendant une contraction et ensuite j’essaie de me retourner là mais avec un bébé qui tente de traverser ton bassin, c’est juste pas facile d’être gracieuse alors patiente un peu !

J’ai juste le temps d’entendre un « Mais on voit la tête ! » avant qu’on me tende le gaz (une pure merveille ce truc). Waouh y’a de la pression dans le masque. L’effet est instantané, après une bouffée la douleur est considérablement atténuée alors je continue…. Peut-être un peu trop car j’ai ensuite l’impression de sombrer, d’être complètement à coté de mon corps, je vois des images de tracé plat , de réanimation (merci urgences et grey’s anatomy) … suis-je en train de mourir (**)? ah ben non alors je veux savoir si c’est une fille ou un garçon ! Je me raccroche à la voix de chéri « Respire, respire » et on m’ôte le masque, oui ça vaut mieux… aaahhh nooooooon encore le masque, je VEUX la drogue…

…Accalmie…

Voix de chéri : « ça y est il est là le bébé ! »

Moi : « C’est vrai ? »

Chéri : « je sais pas je te demande… »

Moi : « Aiiiiieeeeeee »

Chéri : « Bon non il n’est pas encore la… »

… Fin de l’accalmie…

S’ensuit une série de contractions qui me parait interminable… je voudrais bien toucher la tête de mon bébé pour voir où j’en suis mais on m’en empêche a deux reprises (pourquoi ? mystère…) je laisse faire la poussée réflexe, je ne veux pas pousser pour ne pas déchirer mais je sens bien que dans cette position il faut que je donne un petit coup de pouce (enfin pas vraiment de pouce, on se comprend, hein) pour aider mon bébé. J’entends vaguement le mot « cut » revenir dans la conversation, bon c’est clair, ils ne m’épargneront pas(***). Allez je pousse un peu comme ça c’est enfin fini… ouillllle… la tête est passée… même sensation que lorsqu’on enfile un col roulé en beaucoup plus cuisant….

Plus que la brûlure, c’est la sensation de flottement une fois la tête sortie qui m’a le plus frappée… Une dernière contraction et hop… LA voilà ! C’est une fiiiiiille, une toute petite fille me dit son papa…

A peine dans mes bras qu’on me la reprends déjà, « elle est trop petite » me murmure-t-on… Là j’ouvre les yeux, redescends sur terre et constate le monde qu’il y a dans la pièce, ils étaient tous là tout ce temps ??

Avec tout ces gens impossible de voir mon bébé… ils s’apprêtent à l’emmener (dans les bras du pédiatre, sans couveuse ni rien) lorsque nous demandons à l’avoir encore un peu. Je souhaite la mettre au sein mais la pédiatre est formelle « elle est trop petite pour téter ». M’en fous je veux essayer et je veux ma fille contre moi… A peine le temps de prendre une photo que Poulette repart, accompagnée par son papa qui a pour mission de ne pas la quitter des yeux, je ne suis pas rassurée sur ce qu’ils vont lui faire.

(*) c’est dingue mais selon le monito Poulette est née sans contractions, incroyable, non ?

(**) c’était donc ça la phase de désespérance…

(***) à tort, je m’en suis sortie sans episio ni déchirure

Allaiter aux émirats

L’allaitement est fortement encouragé dans les émirats. J’en ai pour preuve les regards et questions qu’on me posait lorsque je nourrissais Poulette au biberon (de mon lait certes, mais ce n’est pas marqué dessus). Apparemment l’islam recommande d’allaiter ses enfants jusqu’à 2 ans, d’où l’engouement pour l’allaitement et le développement des cliniques de lactation dans les maternités.

Autant l’allaitement est la norme, autant on voit peu de femmes allaiter. Cela tient au fait que la plupart des centres commerciaux sont équipés de pièce de change pour bébé ainsi que de salle d’allaitement, parfois luxueuse (canapé, lumière tamisée) parfois spartiate (une chaise). Néanmoins la plupart des musulmanes utilisent la salle de prière des femmes pour allaiter tranquillement.

Mais moi? Où aller lors d’une sortie au restaurant par exemple? Dans un pays islamique, je me vois mal sortir mon sein en public… J’ai donc acheté une cape (ou tablier) d’allaitement, chose dont je ne voulais pas au premier abord mais qui se révèle bien pratique. Cela permet d’allaiter (en toute discrétion? j’en doute, la cape n’est pas très discrète) sans montrer quoique ce soit. Cela permet aussi d’économiser dans les vêtements d’allaitement car on peut facilement relever son t-shirt sous la cape.  Et enfin, je n’ai pas encore testé mais il parait que cela peut aussi servir de couverture lorsqu’on porte bébé en écharpe ou en porte-bébé!

Congés maternité?

Si j’en crois ce simulateur et que j’étais en France, mon congé maternité devrait débuter aujourd’hui. Or aux émirats, le congé maternité est de 45 jours, à prendre quand bon nous semble, il n’y a pas de durée prédéfinie avant ou après la naissance.
Ainsi plus on attend avant de commencer son congé, plus on a de temps à passer avec son bébé.
C’est une des raisons pour lesquelles je travaille encore mais ce n’est pas la principale. Premièrement je me sens encore très capable de faire mon travail, faut dire que rester assise devant un ordinateur n’est pas des plus fatigants (et que c’est probablement la même chose que je ferais si j’étais à la maison). Ensuite j’ai vraiment du mal à m’imaginer toute seule à la maison toute la journée… qu’est ce que je pourrais bien y faire ?
La chambre du bébé, ses habits ? C’est déjà prêt…
Préparer des bons petits plats, faire un peu de couture, surfer sur internet, lire, regarder des séries…. Oui… mais ça va bien quelques jours mais pas plusieurs semaines !
Alors voila je viens travailler tant que cela est encore agréable et en attendant je me demande ce que je pourrais bien pouvoir faire pendant mon congé, des idées ?

Prêts !

Un petit bilan de ces cours de préparation qui ont été bien plus exhaustifs que ce que j’ai déjà pu rapporter. Je n’ai retranscris que ce qui paraissait important à mes yeux, j’ai trouvé ici une autre traduction des cours NCT qui reprend les grandes lignes et donnent d’autres informations intéressantes.

D’un point de vue personnel ces cours m’ont apporté une grande tranquillité d’esprit, je me sens prête non seulement à accoucher mais aussi à accueillir ce bébé. Pour rappel bébé est une surprise, nous ne sommes donc pas passés par la phase de réflexion qui précède les essais bébé mais directement dans le vif du sujet : « comment va-t-on s’occuper de cet enfant ? ».

J’avoue que je n’en menais pas bien large quand ces jeunes mamans nous ont raconté leurs nuits hachées par un bébé qui tète toutes les heures… je pense que je n’avais pas idée à quel point les premiers temps peuvent être pénibles… Depuis, l’idée a fait son chemin dans ma tête et je l’ai acceptée.

Je me rends compte aussi que tout ce qu’on a pu apprendre reste de la théorie et que la pratique risque d’être bien différente. Néanmoins, savoir qu’on part avec quelques cartes dans sa manche est très rassurant.
Je ne peux que recommander une préparation de ce type. Je ne connais pas les différentes préparations qu’on peut faire en France mais si je n’avais qu’un conseil à donner c’est d’en choisir une qui inclut le papa.
J’ai adoré observer mon petit mari devenir un peu plus papa à chaque séance. Non seulement je mesure ma chance de l’avoir à mes côtés pour cette aventure mais c’est intéressant de voir que nous n’avons pas retenu les mêmes choses de cette préparation (je n’ai absolument pas entendu que la forte consommation de chocolat noir pendant l’allaitement était déconseillée… lui, oui… bizarre…).

Rencontrer d’autres futurs parents fut également très enrichissant. Ca permet de partager nos joies et nos angoisses sans embêter nos autres amis « sans enfants ».

En conclusion, on a beau ne pas avoir encore tout le matériel ni choisit notre maternité, mentalement on est prêts!

Allaiter

Un cours entier est dédié à l’allaitement. J’en ai déjà parle ici, l’allaitement est très répandu aux émirats car l’islam recommande un allaitement long, jusqu’aux 2 ans de l’enfant.
Ayant lu la première moitié du livre de Marie Thirion sur le sujet, je n’ai pas eu l’impression d’apprendre beaucoup de choses lors de ce cours mais c’est toujours bien d’entendre le même son de cloche de deux sources différentes.
On retient donc que la quasi majorité des femmes peuvent allaiter, que oui ce n’est pas parce que c’est naturel que c’est facile mais que la clé de la réussite de l’allaitement c’est d’avoir une bonne position du bébé par rapport au sein, la grande majorité des problèmes qui font arrêter un allaitement découlant d’une mauvaise position.

D’accord, mais c’est quoi la bonne position ?
4 points à vérifier :
1. le ventre du bébé doit être contre le ventre de maman, lorsqu’on penche la tète on ne doit donc voir qu’une moitié de bébé
2. il faut maintenir sa colonne droite, ne pas le tordre ! Faites l’expérience par vous-même, on boit mieux lorsque notre tête est dans l’axe de la colonne qu’avec la tête tournée sur le côté ou penchée en avant
3. Approcher ensuite le nez de bébé du mamelon pour qu’il puisse sentir le sein et l’aspirer de lui-même
4. Quand bébé est bien « accroché », on doit voir ses mâchoires s’activer et l’entendre déglutir

On trouve beaucoup de photos et de textes décrivant les positions d’allaitement, on peut également s’entrainer avec un poupon mais pour qu’un allaitement démarre bien, le mieux est de se faire corriger sa position par quelqu’un qui s’y connait (sage-femme, consultante en lactation, pédiatre) et ce dès les premiers jours, avant la montée de lait.
Les hôpitaux des émirats ont pour la plupart des consultantes en lactation, il est donc possible d’inclure dans son projet de naissance que l’on veuille qu’elle nous rende visite les premiers jours afin de ne pas prendre de mauvaises habitudes et corriger la position si besoin (et/ou nous en montrer d’autres, la position allongée ne me parait pas évidente par exemple mais j’aimerais bien pouvoir l’utiliser la nuit).

La montée de lait… Elle a lieu vers le 3eme jour, quelques indices dans le comportement de bébé peuvent nous annoncer sa venue. La durée du séjour en maternité aux émirats n’excédant pas 48 h à la suite d’un accouchement normal, celle-ci devrait probablement avoir lieu lors de mon retour à la maison.

Pour finir, j’ai retenu qu’il faut avoir confiance en soi (pas si facile…) et ne pas chercher à tout quantifier : tant que bébé salit ses couches n’est ni maigrichon ni trop grognon c’est qu’il prend assez de lait et grandit bien.
Il ne faut pas se fier aux courbes de croissance faites sur des bébés nourris au biberon mais il vaut mieux utiliser celles des bébés allaités:

Le 3ème stade et le plan de naissance

Une fois la période de transition passée, le flot d’adrénaline qui parcours le corps de la future maman va entrainer un reflexe de poussée.
On arrive au 3ème stade de l’accouchement : la poussée, l’expulsion du bébé puis du placenta.

Afin d’assouplir le périnée (on peut aussi faire des massages du périnée en prévention avant l’accouchement) et de lui laisser le temps de s’étirer pour ne pas provoquer de dommages, il ne faut surtout pas pousser mais au contraire laisser faire… Visualiser que l’on souffle ses bougies d’anniversaire permet de relever le menton et de changer le rythme de la respiration qui accompagnera alors la poussée.

Si l’on est sous péridurale, penser à se redresser le plus possible et à respirer avec le menton vers le ciel et/ou faire des cris aigus.

Et puis enfin… ca y est, après tous ces efforts, bébé est enfin là !


Alors, que faire maintenant : couper le cordon ou pas ?
Deux écoles s’opposent : la nature est bien faite, le cordon s’arrête lorsque le bébé n’en a plus besoin alors pourquoi le priver de quelques gouttes de sang dont il a besoin ? Ou au contraire, si le bébé est né c’est qu’il n’en a plus besoin, on peut donc le couper sans craintes.
J’ai une petite préférence pour la première version mais ce n’est pas un point sur lequel nous insisterons, je pense qu’à ce moment nous serons plus focalisés sur notre bébé tout neuf que sur le cordon !

Mais il faut encore expulser le placenta. La délivrance naturelle se pratique de moins en moins mais si tout se passe bien on peut attendre de voir si le placenta se décolle tout seul (lors de la première tétée par exemple) avant d’injecter des hormones dont l’action sur l’utérus referme également le col d’où l’urgence à sortir le placenta rapidement une fois l’injection administrée.

De même que pour le cordon, délivrance naturelle ou par injection, cela m’importe peu du moment que l’équipe medicale respecte notre souhait d’intimité pour découvrir notre bébé.

Afin de récapituler nos choix et préférences pour la naissance, on nous a conseillés de préparer un plan (ou projet) de naissance.
C’est une pratique très répandue aux émirats car c’est un pays d’expatriés où plusieurs nationalités cohabitent, il n’y a donc pas de normes et c’est très bien vu de venir avec un bout de papier indiquant clairement nos choix (1 page maximum, en anglais simple et clair car ce n’est pas la langue maternelle de la plupart des gens). Nous n’en aurions sans doute pas fait en France. Je préfère privilégier le dialogue avec l’équipe médicale et développer une relation de confiance plutôt que de tendre mes instructions. Néanmoins au vu des circonstances et des problèmes de communication qui peuvent survenir lorsqu’on est dans un pays étranger, c’est toujours bien d’avoir sous la main un récapitulatif de nos souhaits.

Voici donc les points importants de notre projet :
– fournir des explications claires sur les événements / interventions si besoin
– qu’on nous soutienne pendant le travail (qu’on puisse baisser les lumières, mettre de la musique, boire, manger, éviter les intrusions intempestives)
– découvrir le sexe du bébé par nous-mêmes (on a pas attendu 9 mois pour l’entendre de la bouche d’un inconnu)
– pas d’épisiotomie dans la mesure du possible
– pas de vaccins dès la naissance
– que le papa soit présent en cas de césarienne et puisse accompagner le bébé dans ses premiers instants

Ces 3 premiers cours ont été assez denses avec beaucoup d’informations à digérer. Mais cela nous a permis de notre faire notre propre idée de la naissance et de ce que l’on souhaite… ou pas !

Etre enceinte aux émirats

Apres avoir détaillé le suivi de la grossesse aux émirats, voila à quoi ressemble la vie de femme enceinte aux émirats.

  • La chaleur

THE gros point négatif… il fait actuellement 45°C avec 80% d’humidité. Pour vous donner une idée, sortir dehors c’est une sensation similaire à celle d’entrer dans un hammam ou d’ouvrir la porte du four s’il fait un peu moins humide.
Toujours est-il que cette chaleur n’est déjà pas bien plaisante en temps normal alors pendant la grossesse…. On ère de clim en clim (maison–voiture-travail-voiture-cantine-voiture-travail-voiture-maison) mais malheureusement on n’échappe pas à la gonflette… mes tongs sont les seules chaussures qui acceptent encore mes petits pieds de hobbits…

  • Se nourrir

Au niveau des restrictions alimentaires, c’est assez facile de suivre les recommandations classiques, ben oui dans un pays musulman, l’alcool et la charcuterie faut aller les chercher dans des magasins spécialisés. Donc pour la vie de tous les jours, c’est très facile à éviter et les tentations sont réduites au minimum.
D’ailleurs comme l’alcool n’a pas trop la côte lors des apéros, on trouve de nombreux jus et cocktails de fruits frais un peu partout. Ma préférence va au jus de citron à la menthe fraîche ou au cocktail d’avocat… ça permet à la fois d’avoir un joli verre pour accompagner ses amis et de se donner bonne conscience car c’est plein de vitamines.
Par contre vivre en bord de mer et éviter les fruits de mer c’est assez dur… j’ai d’ailleurs commandé à chéri un plateau de fruits de mer pour septembre !
On se rattrape donc sur les poissons et on découvre de nouveaux goûts (le requin c’est bon et facile à préparer).

  • S’habiller

Pas de grandes différences avec ce qu’on peut trouver en France j’imagine… enfin il faut dire que j’en suis à la fin de mon 7eme mois et je ne compte que 2 pantalons de grossesse et 3 nouveaux t-shirts dans ma garde-robe. Je n’ai pas un bidon très proéminent et j’ai réussi à trouver de jolies choses bien pratiques (pantalons et jupes avec élastiques) dans les magasins classiques.
n dehors des grandes chaînes présentes en France, on trouve de nombreuses marques anglaises, américaines et australiennes, au niveau du shopping on est loin d’être à plaindre aux émirats (je vous ai dit que 75% c’est une réduc normale pendant les soldes ?).
Tiens d’ailleurs il faudrait que je fasse un billet sur les pulsions shopping pendant la grossesse…

De la grossesse aux Emirats

On me demande souvent comment se déroulent la grossesse et l’accouchement aux Emirats par rapport au suivi français. Ma première réponse est de dire que je ne connais pas le suivi français !
Mais après m’être renseignée, voilà ce que j’ai compris du suivi français (les corrections sont les bienvenues) :
– un suivi mensuel par un médecin ou une sage-femme
– une échographie de datation vers 12 SA avec mesure de la clarté nucale
– parfois le tri-test – des examens sérologiques : toxoplasmose, rubéole, HIV, etc.…
– une échographie vers 22 SA
– une autre vers 32 SA
– un terme fixe à 41 SA
Tous ces examens et dates auxquelles les faire étant fixés par la sécurité sociale.

Aux émirats, pas de sécurité sociale mais des compagnies d’assurances. J’ai la chance de profiter de l’assurance de mon entreprise qui couvre tous les frais liés à la grossesse (consultations, échos, médicaments, hospitalisations). Le suivi est donc individuel et dépend de la personne qui nous suit.
Le système de santé est basé sur le modèle anglo-saxon, c’est-à-dire qu’un suivi classique est à peu près le même que ce qu’on peut trouver en Angleterre. Les principales caractéristiques de ce système sont :
– le terme de la grossesse est fixé à 40 SA (cependant on déclenche moins facilement qu’en France, on ne commence a parlé de déclenchement que lorsqu’on approche des 42 SA)
– le suivi mensuel de base consiste en un test urinaire, prise de tension, pesée et mesure de la hauteur utérine. Pas de touchers vaginaux car on considère que cela favorise les infections. Les sages-femmes sont formées pour détecter le moindre problème (ouverture du col) par palpation du ventre.
– un recours moindre à la péridurale. J’ai un peu l’impression qu’en France c’est soit on se débrouille toute seule pour gérer sans péridurale soit on l’accepte car peu d’alternatives sont proposées. Ici il y a une sage-femme dédiée a chaque maman qui lui proposera différentes positions, un ballon, un gaz a respirer ou une machine à électrostimulation, bref des alternatives à la péridurale.
– on ne reste pas plus de 48h à la maternité sauf en cas de césarienne.
C’est donc généralement moins médicalisé qu’en France, ce qui me convient parfaitement, je suis enceinte, je ne suis pas malade. J’ai, pour l’instant, été voir une gynéco française dans une clinique privée qui m’a expliqué les différences de ces deux systèmes. Je retournerais la voir de temps en temps car elle me propose le suivi mensuel de la toxo (qui n’est pas systématique autrement) mais nous n’avons pas exactement le même point de vue sur la grossesse et l’accouchement (accoucher avec une sage-femme est de la folie pour elle, pour moi c’est son travail à la sage-femme !). Je poursuis donc mes investigations à la recherche de la perle rare pour mon suivi de grossesse.

Passons aux autres spécificités des émirats maintenant :
– il faut absolument être mariée pour avoir un bébé sinon un retour dans son pays d’origine s’impose sous peine d’accoucher en prison… bon, si vous avez suivi mes aventures vous devez vous dire : « Mais elle est pas mariée, comment fait-elle ? ». En fait, chéri et moi sommes déjà mariés civilement. La cérémonie qui devait avoir lieu cet été ne concerne que la partie religieuse avec la famille et les amis de France.
– Le congé maternité est de… 45 jours soit 9 petites semaines ! En revanche il est complètement indemnisé. Dans mon cas, j’ai accumulé un peu plus d’un mois de vacances depuis que je travaille, je pourrais donc les utiliser à la suite de mon congé maternité et donc avoir 3 a 4 mois d’arrêt pour profiter mon petit bout.
– Le congé de paternité quant à lui est … inexistant. Chéri va devoir empiéter sur ses congés annuels pour rester un peu avec nous.
– Pas de rush pour s’inscrire à la maternité ou chercher une nounou, il y a plus d’offres que de demande. On se penchera donc sur la recherche de nounou une fois le bébé parmi nous. Nounou qui viendra certainement à domicile comme c’est la norme ici. Il existe bien des crèches mais les horaires ne sont pas compatibles avec les nôtres.

Voilà un aperçu de comment se passe la grossesse aux émirats, vous rajoutez à ça du soleil toute l’année et vous comprendrez que ce n’est pas difficile de rester zen et souriante (et que non je ne vais pas accoucher seule au milieu du désert) !

L’allaitement

J’ai été allaitée, mon frère aussi, ainsi que mes cousins-cousines, de même dans la famille de chéri, il nous parait donc évident d’allaiter notre enfant. Même si ça n’a pas l’air d’être toujours facile, je suis déterminée à essayer.

Je pense être un peu mieux lotie que mes compatriotes françaises dans la mesure où l’allaitement est la norme aux émirats, bien plus que le biberon. Il existe même une section spéciale lactation dans la clinique près de chez moi.

Je me suis également acheté le livre de Marie Thirion « L’Allaitement » dont j’ai entendu beaucoup de bien. Ne reste plus qu’a le lire maintenant.

Le point négatif est bien évidemment le retour au travail. J’ai bien compris que cela n’implique pas un arrêt de l’allaitement (et heureusement car le congé de maternité est seulement de 9 semaines ici), j’aurais d’ailleurs droit à une heure de pause quotidienne pour tirer mon lait. Mais ou tirer mon lait ? Je travaille dans un grand open space, avec une cuisine minuscule et une salle de réunion vitrée. Les toilettes ? Non, merci. Trouver une âme charitable (et haut placée dans l’administration) qui me prête son bureau le temps de tirer mon lait ? A creuser…