La pré-éclampsie: et après?

Ma crainte principale pour cette seconde grossesse est de revivre une fin de grossesse similaire à la première. Bien avant de tomber enceinte je me suis donc renseignée sur les risques et probabilité de refaire une pré-éclampsie. Bien m’en a pris car j’ai ainsi  découvert beaucoup de choses sur cette maladie que je voudrais vous faire partager ici.

Tout d’abord voici quelques explications à propos de la pré-éclampsie afin de mieux comprendre la suite.

La pré-éclampsie (ou toxémie gravidique) est une complication de grossesse qui peut conduire, entre autres,  à l’éclampsie, l’une des premières causes de mortalité maternelle et foetale. Mais pas de panique, elle ne touche qu’environ 5% des femmes et les examens mensuels de routine (analyses d’urine, suivi du poids, de la tension) ont  justement pour but de la détecter au plus vite.

Elle peut apparaître à partir de la 20ème semaine de grossesse et les symptômes sont les suivants:

  • L’hypertension artérielle (HTA): une tension supérieure à 14/9 au repos. L’hypertension seule  concerne 10% des grossesses,  et dans ces cas mieux vaut surveiller les autres symptômes qui caractérisent la pré-éclampsie
  • La protéinurie : présence d’albumine dans les urines (plus de 300 mg par jour)
  • Une prise de poids rapide (plus d’un kilo en une semaine)  associée à des oedèmes au niveau des chevilles et des jambes.
  • Des maux de tête, bourdonnements d’oreille, une somnolence inhabituelle ou des troubles oculaires : vision double, mouches volantes, etc…
  • Une  hyperréflexie peut également survenir
  • Le foetus présente un retard de croissance (hypotrophie)

La cause de cette maladie n’est pas précisément connue mais serait due à une mauvaise vascularisation du placenta. Les artères utérines sont de calibre insuffisant donc le placenta  ne reçoit pas assez de sang, et donc pas assez d’oxygène et de nutriments.

Les échanges entre la maman et le bébé sont alors perturbés. Cette situation peut conduire à un retard de croissance du bébé voire à une prématurité (liée à l’urgence de l’accouchement, le seul vrai traitement) ainsi qu’à une souffrance foetale.

Chez la maman, la tension artérielle augmente afin de compenser ces artères de calibre insuffisant. Le placenta libère également des substances toxiques qui altèrent la paroi des vaisseaux maternels. Ceci peut  aboutir à des lésions vasculaires rénales et hépatiques.

Si la pré-éclampsie est modérée et prise en charge rapidement, les conséquences sont limitées.

Si celle-ci n’est pas repérée suffisamment tôt ou réagit mal au traitement, elle peut se compliquer de manières différentes : l’éclampsie (survient dans environ 1 % des pré-éclampsies), l’hématome rétroplacentaire, le syndrôme HELLP,  et d’autres complications graves (hémorragie cérébrale, insuffisance rénale, rupture hépatique).

Mais heureusement l’éclampsie touche très peu de femmes enceintes, seulement une sur 2 000.

Voilà, c’est donc une maladie qui survient on ne sait pas trop comment, qui peut être grave mais qui n’arrive pas souvent, la « faute à pas de chance » en quelque sorte…

Quoique certaines d’entre nous ont plus de risque d’être touchées que les autres. A savoir que cela peut être génétique, ce qui fut mon cas, ma maman ayant fait une pré-éclampsie à la naissance de mon petit frère (mais ça je ne l’ai su qu’après la naissance de Poulette).

Les facteurs de risque principaux (qui multiplient le risque de survenue par 3) sont les suivants :

  • la nulliparité ou la première grossesse avec un nouveau partenaire
  • les grossesses multiples
  • des antécédents familiaux de pré-éclampsie
  • des ancêtres africains ou amérindiens
  • la présence d’anticorps antiphospholipides (les anticorps maternels developpent une intolérance aux antigènes paternels)
  • le diabète
  • des antécédents d’hypertension artérielle, de maladie rénale ou de désordres hématologiques
  •  un surplus de poids avant la grossesse (indice de masse corporelle (IMC) de 30 ou plus)
  • l’âge maternel (plus de 40 ans ou moins de 20 ans)
  • une pré-éclampsie lors d’une grossesse antérieure

Bingo, je me retrouve encore dans cette catégorie « à risques ».  Mais pour être sûre, j’ai posé la question à mon médecin qui m’a répondu que le risque de récidive d’une pré-éclampsie dépendait de la cause de la première pré-éclampsie. Toutefois, selon lui  c’est bien souvent une pathologie de la première grossesse, généralement les suivantes se passent mieux et peuvent même être normales.

Malheureusement il n’existe pas de moyens de prévention permettant d’empêcher la pré-éclampsie. Aller à toutes ses consultations de grossesse et faire les analyses prescrites reste le seul moyen de déceler la maladie suffisamment tôt pour traiter les éventuelles complications.

Les traitements consistent majoritairement en un repos complet (pour faire baisser la tension), des médicaments antihypertenseur et une surveillance accrue de l’évolution de la maladie et des symptômes en fonction du terme de la grossesse.

Il est préférable de se reposer sur le coté gauche car cela diminue la pression sur plusieurs vaisseaux sanguins principaux situés à droite. Par contre cela augmente aussi l’envie d’uriner.  Mais c’est une bonne chose car une évacuation régulière des urines améliore la qualité du sang.

Finalement,  le seul traitement efficace de cette maladie est l’accouchement. Cela arrête l’activité du placenta qui provoque les symptômes. Les autres traitements n’ont comme unique but d’attendre un terme d’accouchement compatible entre la vie de l’enfant et celle de la mère.

Tout devrait revenir à la normale 4 à 6 semaines après l’accouchement. Pour ma part, 24h après toutes mes analyses étaient redevenues normales.

Selon la gravité de la pré-éclampsie et afin de déterminer l’origine de celle-ci, des examens peuvent être réalisés par un néphrologue, une cardiologue ou un ophtalmologue,  4 à 6 mois après l’accouchement. Cela permet parfois de déceler une maladie (comme une hypertension chronique) qui aurait été révélée par la grossesse.

En conclusion, pour cette seconde grossesse, j’applique les consignes suivantes: beaucoup de repos sur le coté gauche (évidemment je ne suis bien qu’à droite), un suivi régulier avec des échographies mensuelles pour surveiller le développement du placenta. Bref on ne s’alarme pas, ma grossesse est considérée normale jusqu’ à preuve du contraire… je croise les doigts!

PS: cet article reflète ma compréhension de la maladie et n’a aucune valeur médicale. Bien que je me sois servie des réponses apportées par mon gynéco, ma sage-femme et mon généraliste a mes questions, il se peut que ma retranscription ne soit pas tout à fait exacte et j’invite quiconque ayant des connaissances sur le sujet à apporter ses commentaires. En cas de doute pour les femmes enceintes, n’hésitez pas à consulter, mieux vaut une consultation pour s’entendre dire que tout va bien plutôt que de laisser
empirer une complication qui pourrait avoir de graves conséquences.

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Son secret

Mon bébé a un secret. Un petit secret rien qu’à lui qu’il nous révélera lors de sa naissance.

Comme pour Poulette, nous ne désirons pas connaître le sexe du Petit Poisson. Bien souvent on nous demande: pourquoi? Mais comment allez-vous faire?

J’avoue avoir été surprise de ces questions la première fois, pourquoi? Et bien parce qu’on souhaite un enfant et non pas une petite fille ou un petit garçon, parce que ce fut la plus belle surprise de ma vie de découvrir que j’avais donné naissance à une petite fille et parce que je suis sure à 100% que cette surprise sera bonne, je ne souhaite pas la gâcher.

Comment allons nous faire? Facile, on demande à ne pas connaître le sexe lors des échos. Pour moi rien de plus facile car je suis une quiche en écho, je ne vois rien…pourtant, hier, j’ai vu mon bébé, les jambes grandes écartées… et j’ai déjà eu du mal à voir que c’était ses jambes.

Le matériel de puériculture sera celui utilisé pour Poulette. Nous projetions d’avoir plus d’un enfant donc nous avions choisi d’investir pour le premier enfant dans du matériel de qualité aux tons neutres afin de servir à toute la fratrie. Contrairement aux idées reçues il y a plein de choix de jolies choses non sexuées, vert, jaune, rouge, blanc, taupe et tout autre couleur autre que rose ou bleu…. On facilement plein d’idées de chambre neutre sur internet:

Les vêtements? Et bien je n’ai acheté que le minimum pour le premier mois, principalement des pyjamas, ma Poulette n’a pas porté de jolie tenue avant d’avoir 2/3 mois car elle était bien trop petite (pas de tenue taille préma) et la rare petite tenue que j’avais n’était pas aussi pratique qu’un pyjama.

J’ai donc fait des repérages dans les rayons fille et garçon pendant ma grossesse et une fois Poulette parmi nous, je suis allée faire du shopping de petites robes. Est ce bien
réellement nécessaire d’avoir le trousseau complet de bébé jusqu’à ses 1 an alors qu’il n’est même pas encore né?

J ‘ai très bien pu faire sans et j’ai pu adapté mon shopping aux différents cadeaux de naissance que l’on avait reçus, je n’ai quasiment pas acheté de 6 mois par exemple… D’un point de vue financier ça permet aussi de repartir un peu les dépenses.

On me dit souvent qu’à partir du moment où ils ont su le sexe de leur enfant à naître les parents ont mieux réussi à se projeter,à admettre que le bébé était bien réel… pour moi j’aurai l’impression de lui enlever une part de rêve, une petite partie de son enfance, celle où tout est possible…. Vraiment tout, aussi bien s’appeler Pauline que Lucien, être acrobate, docteur ou danseuse… mon bébé a un avenir infini devant lui… On ne le met pas dans une case avant même sa venue (chouette un petit neveu je l’emmènerai au match, cool une fille, on fera de la pâtisserie). Cette partie de rêve m’est nécessaire à
moi aussi, j’aime nous imaginer tantôt comme une famille de nanas, tantôt comme un quatuor équilibré, je ne suis pas prête a renoncer tout de suite à ces rêveries…

Alors dans cette societé où les enfants grandissent de plus en plus vite, où tout va de plus en plus vite, on s’offre le luxe de l’attente, de prendre notre temps et de rêver…

About my bidon reprend du service

Suite aux derniers évènements  mon temps s’est fait plus que rare et le soir venu je  n’avais qu’une idée en tête  me terrer sous ma couette. Ecrire un article était loin loin loin dans ma to-do list. D’autant plus que j’avais un peu de mal à trouver de l’inspiration en rapport avec mon bidon jusqu’à ce que… un deuxième trait apparaisse sur le test de grossesse!

Pour encore quelques mois ce blog va retrouver un contenu qui colle avec son titre… du moins jusqu’à l’arrivée du Petit Poisson, prévue pour le 1er avril (sans blague).

730 jours de tranquillité

Après 730 jours d’arrêt la machine (à bébé) s’est remise en route. 2 ans jour pour jour après la date de mes dernières règles, je m’en souviens car on vous la demande tout le temps pendant la grossesse.
Je commençais à trouver le temps long, vraiment… j’avais même pris rendez-vous chez le gynéco histoire de vérifier que tout allait bien. Comme par hasard ELLES sont arrivées la veille du rendez-vous soit un petit mois après l’arrêt complet de l’allaitement.
La Fleurcup, commandée il y a 6 mois, va enfin pouvoir sortir du placard où elle a remplacée la Mooncup que j’utilisais depuis 2 ou 3 ans avant de tomber enceinte. C’est con mais je me sens « femme » à nouveau…

Ce bébé imprévu

Je me décide enfin à écrire et publier cet article que j’ai en tête depuis bien longtemps déjà.

Poulette est un bébé « surprise », comprendre par là que ma grossesse n’était pas prévue, pas si tôt tout du moins. J’ai déjà raconté ici le pourquoi du comment mais pour résumer, lasse de la pilule, j’ai choisi la méthode de la courbe de température sachant qu’il serait bientôt question d’essais bébé. Nous étions donc conscients et prêts à accepter l’éventualité d’une grossesse impromptue, même si je pensais qu’après 10 ans de pilule, il faudrait sans doute un peu de temps pour que la machine se remette en route. Ca lui a pris moins de 3 mois…

Au détour d’une conversation j’apprends qu’une copine est sur le point d’accoucher de son bébé « surprise ». Tiens, tiens, ça me met la puce à l’oreille. Prise d’un doute je file faire un test et la deuxième ligne apparait bien avant les 2 minutes réglementaires. Surprise, je garde ça pour moi toute la journée. On est le 24 décembre, l’ambiance est festive, nos deux familles se rencontrent pour la première fois en prévision de notre mariage prévu 8 mois plus tard… 8 mois ?? Je ne sais pas encore de quand date cette grossesse mais une chose est sûre le mariage est compromis…

Ce fut le plus gros « problème » que cette grossesse surprise nous ait apporté. Nous avons finalement reporté le mariage et au vu du temps qu’il a fait a la date d’origine (pluie et 14°C en plein mois d’août)  on peut dire que tout est bien qui finit bien.

Pourtant parfois, fugacement, il m’arrive de me poser LA question : et si je n’étais pas tombée enceinte ? J’ai mis du temps à écrire cet article parce que je culpabilisais de me poser cette question. Mais j’ai fini par trouver ma réponse : je serais sans doute tombée enceinte quelques mois plus tard. Alors finalement quelques mois d’avance sur notre programme, ce n’est pas grand-chose… Et il suffit que je la regarde pour me dire que finalement sans elle, notre vie aurait été bien fade…

Et je me suis aussi aperçue que les bébés « surprise » étaient loin d’être rare finalement.  On pense bien sûr aux adolescentes mais même plus âgé malgré le panel de moyens de contraception qui nous est proposé, il est parfois difficile de trouver chaussure à son pied (façon de parler). Et lorsqu’on est dans une situation stable ou déjà mère de famille la perspective d’une grossesse semble moins « grave » qu’à 16 ans.

Pourtant gérer les émotions qui accompagnent une grossesse surprise reste compliqué quelque soit l’âge. Les problématiques changent mais il y a toujours un travail de réflexion à faire, soit pour accepter cette grossesse soit décider de l’interrompre.

Pour ma part, je me suis retrouvée dans un cas des plus favorables. Toutefois j’ai ressenti le besoin de lire sur ce sujet. J’ai trouvé de très bons articles (en anglais) ici, et et en français par ici et par . D’autres blogueuses racontent également ça très bien: Nashii et La Mère Joie.

Poulette’s birth

Comme promis, voici le récit un peu (beaucoup) plus détaillé de la naissance de ma Poulette. Ca m’a pris un moment, 5 mois pour être précise, plusieurs brouillons, plusieurs versions (celle en colère, celle version film d’horreur, celle « finalement c’était pas si pire »), des dizaines de pages noircies, pour finalement arriver à ce petit récit en 6 épisodes.

Episode 1: Ca sent le sapin… où j’apprends qu’il y a un problème

Episode 2: Le début des hostilités où j’apprends que la fin de la grossesse approche

Episode 3: Le re-début des hostilités où l’accouchement est déclenché

Episode 4: Et c’est parti… où l’accouchement proprement dit

Episode 5: La fin (?) des hostilités où la délivrance ne se passe pas comme prévu

Episode 6: Et ils vécurent heureux où le + ou – happy end!

Je m’efforce de ne retenir que le bon de cette aventure (après tout j’ai réussi à accoucher rapidement sans péri ni épisio et la guérison fut plus que rapide) mais je ne garde pas un souvenir mémorable de mon accouchement, ça n’était pas « le plus beau jour de ma vie » (sinon comme le dit Florence Foresti à quoi ressembleraient les autres jours de ma vie?) et j’aimerais beaucoup que les choses se passent différemment pour le prochain bébé (un accompagnement global et accouchement avec la même sage-femme serait l’idéal). Et ouais malgré tout, j’ai quand même envie de remettre ça (un jour), comme quoi la douleur et les mauvais souvenirs s’estompent vraiment 😉

Et c’est parti…

Previously on About my bidon: accouchement épisode 1, 2 et 3.

La menace de césarienne (et surtout ses conditions : sans le papa, sous anesthésie générale, pas d’allaitement en salle de réveil, pas possible de voir mon bébé avant 24 à 48h) me dévaste, le scenario catastrophe se déroule lentement sous mes yeux et je ne peux rien faire… quoique… je reprends du poil de la bête et décide de faire le peu que je puisse faire : parler au bébé, lui expliquer la situation et que ce serait cool qu’il se décide à venir de lui-même, boire quelques tasses de tisane de feuilles de framboisiers, et surtout changer de position malgré tous ces câbles.

A genoux sur le lit, en appui sur la table où l’on met le plateau-repas, il ne faut pas longtemps pour qu’enfin je sente de légères contractions. Ca y est ca commence et… aie… ça me remplit de joie (façon de parler, hein).

« Non madame, le monito ne montre aucune contraction, c’est pas ça »…aie… on décide alors de noter mes « non-contractions »(*). Le papa fait ça très…aie… bien et il ne faut pas longtemps pour qu’on se rende compte du rythme : toutes les 4 et 2 minutes alternativement. Ca commence rapidement dis donc… tant mieux, la menace de la césarienne s’éloigne d’autant plus à chaque contraction.

Je me concentre sur ma respiration et gère quelques contractions comme ça. Une sage-femme passe sa tête par la porte et constate qu’effectivement le travail a commencé, elle me demande si je veux du gaz mais je préfère attendre encore un peu et tester les massages, lingettes chaudes et autres anti-douleur. Apres tout y’en a encore pour plusieurs heures (ah la naïveté) alors je ne veux pas m’habituer à un anti-douleur tant que j’arrive plus ou moins à gérer. Mouais… j’ai du tenir ce discours pendant  5 minutes avant que je ne supplie chéri de la rappeler et de me donner du gaz! Parce que la les contractions sont de plus en plus longues et fortes… la vache… purée, c’est moi qui crie comme ça ? ah ben oui… mais expulser de l’air très très vite ça fait du bien et… ah tiens ça va mieux si je laisse faire la contraction, on dirait même que… ça pousse !

Poulette est née à 14h20...

Retour de la sage-femme qui ameute les troupes, allume toutes les lumières (aie mes yeux) et commence à installer THE gaz. On me demande (m’ordonne ?) de m’allonger pour m’examiner. Bon alors comment dire, déjà tu ne me demandes rien pendant une contraction et ensuite j’essaie de me retourner là mais avec un bébé qui tente de traverser ton bassin, c’est juste pas facile d’être gracieuse alors patiente un peu !

J’ai juste le temps d’entendre un « Mais on voit la tête ! » avant qu’on me tende le gaz (une pure merveille ce truc). Waouh y’a de la pression dans le masque. L’effet est instantané, après une bouffée la douleur est considérablement atténuée alors je continue…. Peut-être un peu trop car j’ai ensuite l’impression de sombrer, d’être complètement à coté de mon corps, je vois des images de tracé plat , de réanimation (merci urgences et grey’s anatomy) … suis-je en train de mourir (**)? ah ben non alors je veux savoir si c’est une fille ou un garçon ! Je me raccroche à la voix de chéri « Respire, respire » et on m’ôte le masque, oui ça vaut mieux… aaahhh nooooooon encore le masque, je VEUX la drogue…

…Accalmie…

Voix de chéri : « ça y est il est là le bébé ! »

Moi : « C’est vrai ? »

Chéri : « je sais pas je te demande… »

Moi : « Aiiiiieeeeeee »

Chéri : « Bon non il n’est pas encore la… »

… Fin de l’accalmie…

S’ensuit une série de contractions qui me parait interminable… je voudrais bien toucher la tête de mon bébé pour voir où j’en suis mais on m’en empêche a deux reprises (pourquoi ? mystère…) je laisse faire la poussée réflexe, je ne veux pas pousser pour ne pas déchirer mais je sens bien que dans cette position il faut que je donne un petit coup de pouce (enfin pas vraiment de pouce, on se comprend, hein) pour aider mon bébé. J’entends vaguement le mot « cut » revenir dans la conversation, bon c’est clair, ils ne m’épargneront pas(***). Allez je pousse un peu comme ça c’est enfin fini… ouillllle… la tête est passée… même sensation que lorsqu’on enfile un col roulé en beaucoup plus cuisant….

Plus que la brûlure, c’est la sensation de flottement une fois la tête sortie qui m’a le plus frappée… Une dernière contraction et hop… LA voilà ! C’est une fiiiiiille, une toute petite fille me dit son papa…

A peine dans mes bras qu’on me la reprends déjà, « elle est trop petite » me murmure-t-on… Là j’ouvre les yeux, redescends sur terre et constate le monde qu’il y a dans la pièce, ils étaient tous là tout ce temps ??

Avec tout ces gens impossible de voir mon bébé… ils s’apprêtent à l’emmener (dans les bras du pédiatre, sans couveuse ni rien) lorsque nous demandons à l’avoir encore un peu. Je souhaite la mettre au sein mais la pédiatre est formelle « elle est trop petite pour téter ». M’en fous je veux essayer et je veux ma fille contre moi… A peine le temps de prendre une photo que Poulette repart, accompagnée par son papa qui a pour mission de ne pas la quitter des yeux, je ne suis pas rassurée sur ce qu’ils vont lui faire.

(*) c’est dingue mais selon le monito Poulette est née sans contractions, incroyable, non ?

(**) c’était donc ça la phase de désespérance…

(***) à tort, je m’en suis sortie sans episio ni déchirure

Le re-début des hostilités

Si vous avez raté le début, c’est ici et .

Me voilà donc perfusée (de magnésium), sanglée, monitoire et sondée. Le déclenchement n’a même pas commencé que je ne me sens déjà plus libre de mes mouvements, emprisonnée sur ce lit… Parfait pour la mobilité pendant le travail, hein ?

Après l’introduction de la première tablette, on décide de faire un petit somme (le futur papa par terre sur son duvet, merci decathlon pour le matelas intégré) interrompu par les prises de tension et autres introduction intempestives dans la chambre (lumières allumées et claquements de porte en bonus).

J’ai mal… très mal… rien de cyclique comme ce à quoi je m’attendais mais plutôt mal comme une infection urinaire où la douleur serait présente en continu… et augmente en intensité… c’est franchement insoutenable…je presse le bouton près de lit mais personne n’arrive… je réveille chéri, il part chercher une infirmière qui m’applique de la glace… une fois… deux fois…aucun effet je souffre toujours autant et la douleur ne fait qu’empirer…  je n’ai qu’une envie, qu’on me retire cette sonde… un médecin passe, non on ne retire pas la sonde, impossible… peu après la poche se teinte de sang… je n’en peux plus de cette douleur, ça n’est pas normal, l’accouchement n’a même pas commencé et je m’épuise déjà… chéri s’en va et revient avec le médecin qui consent à retirer la sonde (merci chéri je ne sais pas ce que tu lui a dis mais merci)… le soulagement est quasi immédiat… 20 minutes après je revis…

Le médecin s’inquiète du sang dans la poche et veut donc me remettre la sonde… ou une plus petite ou une dans un autre matériel…. Même pas en rêve tu me remets ce machin…

D’autant plus qu’on a réussi connaitre l’utilité de la sonde : quantifier mes sorties par rapport à mes entrées (en gros voir si je fais bien pipi rapport à tout le liquide qu’on m’injecte dans la perfusion). Soit, ça peut très bien se mesurer dans un haricot, une bassine, un seau ou tout autre récipient, non ?

Après d’âpres négociations, on obtient gain de cause et la sonde ne sera pas remise, vive les pipis dans un petit récipient !

S’ensuit un défilé de médecins, une échographie des reins, un puis deux néphrologues qui cherchent à percer le mystère du sang dans la poche. Et si on m’écoutait moi ? Si comme je le pressens, ce n’était qu’une allergie a la sonde(*), sonde qui m’a irritée jusqu’au sang (vu qu’on s’est obstine à me la laisser) ?

Les 6 heures après l’introduction de la première tablette étant passées, il faut se rendre à l’évidence, bébé ne veut pas quitter son nid… et nous sommes déjà bien éprouvés…

Re-apparition du médecin (celle que l’on appellera vieille bique ou Godzilla)  qui me propose (non qui m’impose plutôt) de percer la poche des eaux pour déclencher le travail. Cela ne me plait guère car on a appris en cours de préparation que la poche des eaux est là pour protéger le bébé des contractions, comme un tampon, mais bon, c’est elle le médecin et je ne suis pas en mesure de refuser… Elle en profite d’ailleurs au passage pour me décoller les membranes, ouille ouille ouille elle n’a pas la main légère…

Introduction de la deuxième tablette et c’est reparti, on attend les contractions. L’équipe médicale s’impatiente, ça ne vient pas assez vite, si le travail ne démarre pas dans quelques heures, ce sera une césarienne (**).

(*) L’hypothèse de l’allergie de contact à la sonde a paru très plausible au chef de service de néphrologie qui est venu me voir le lendemain et qui m’a écouté, lui…

(**) Qui aurait était dictée principalement par la rupture de la poche des eaux, m’a affirmée ma gynéco à qui j’ai raconté l’histoire, c’est un peu le serpent qui se mord la queue…

DPA

Me voici aujourd’hui à ce qui aurait dû être ma date d’accouchement et Poulette a déjà presque 1 mois. Quel soulagement d’avoir enfin atteint cette date, je n’ai plus à me dire que « j’aurais encore dû être enceinte ».

Mon dernier mois de grossesse m’a manqué, j’aurais voulu profiter plus de ce bidon qui commençait enfin à s’arrondir joliment et à ne plus laisser aucun doute sur mon état (jusqu’à la veille de l’accouchement on m’aura demandé si j’étais bien enceinte). Je n’ai jamais pu mettre certains tops de grossesse ni profiter de mon congé maternité avant bébé. Bien que je ne savais pas trop quoi y faire, je voyais ce congé comme la dernière fois où j’aurais pu avoir un peu de temps rien qu’à moi avant un long moment.

A partir d’aujourd’hui je vais donc pouvoir mettre tout ça derrière moi, cela aurait été fini de toute façon, et profiter encore plus de ma Poulette!

La totale

Menace de pré-eclampsie à 36 semaines. Déclenchement. Par comprimé (X2). Décollement des membranes. Rupture artificielle de la poche des eaux. Injection d’ocytocine de synthèse. Ajouter ici et là une allergie à la sonde urinaire et deux révisions utérines à la main, sans anesthésie. Voilà mon accouchement en quelques lignes…

J’en raconterais plus dès que possible, pour l’instant je vais voir ma fille qui a été emmenée directement en néonat à sa naissance…