Allaiter (encore) un prématuré

En relisant  le témoignage d’allaitement que j’avais fait pour Poulette je me rends compte qu’à l’époque j’avais trouvé ça très long à se mettre en place (ça avait pris un petit mois pour qu’elle soit allaitée au sein à 100%), laissez moi rire…

Bref, commençons par le début. 32 +5 SA c’est bien petit pour téter… Malgré tout, cette fois-ci j’avais l’expérience d’un premier allaitement de prématuré, je n’étais pas tout à fait dans l’inconnu et je savais quelles erreurs je ne souhaitais pas commettre. A peine le Petit Poisson né, j’ai donc demandé un tire-lait. Je savais qu’un bon démarrage de la lactation commence au plus tôt après la naissance. Faute de bébé, j’ai utilisé un tire-lait. Toutes les 3h. Jour et nuit. Je voulais reproduire du mieux que possible le rythme d’un nourrisson pour favoriser ma montée de lait et receuillir un maximum de colostrum pour mon fils. Et cela a bien marché car la montée de lait est arrivée le deuxième jour. J’ai donc continué sur ma lancée et j’ai rapidement pu fournir beaucoup de lait à la néonat. Tant et si bien qu’ils m’ont gentiment demandé de garder le lait chez moi car leur congélateur était plein. Je n’avais donc pas à m’inquiéter de ma production de lait. Un point positif, un souci de moins.

Production d’une nuit !

Car des soucis nous en avons eu à la pelle. Tant et si bien que je ne sais par quoi commencer.

Le début peut-être… dès que nous avons pu prendre le Petit Poisson dans nos bras, on m’a proposé de le mettre au sein, afin de faire connaissance. Les moments où il était éveillé et alerte étaient bien rares et ne coïncidaient que rarement avec les moments de mes visites. 

Mon Petit Poisson est né dans un hôpital Ami des Bébés et le personnel de néonat a été admirable concernant l’allaitement. Une consultante en allaitement est venue me voir dans les 6 h qui ont suivi la naissance pour s’assurer que je disposais de toutes les informations utiles et du matériel nécessaire. Le peau-à-peau et les mises au sein ont été encouragées dès que son état de santé le lui a permis et le Petit Poisson a pris sa première tétée quand il a eu 16 jours.

Première tétée en néonat

Jusque là il était nourri par sonde, le but étant de passer directement de la sonde au sein en évitant la case biberon. Malheureusement avec une petite puce dont il fallait s’occuper aussi, les tirages de lait et le temps de trajet maison-hôpital il m’était difficile d’être présente à plus de deux tétées par jour. Ce fut très dur de savoir que je sabotais l’allaitement de mon fils mais je ne savais que faire d’autre… L’inconvénient de l’expatriation c’est que dans des situations comme celle-ci on se retrouve bien seuls, l’aide des amis est appréciée mais on ne pouvait leur demander de s’occuper de notre fille H24 pendant quelques semaines. Le coeur en miettes j’ai donc donner mon premier biberon à mon petit, me promettant de tout faire pour sauver cet allaitement.

Une semaine après le Petit Poisson découvrait enfin notre foyer (et sa grande soeur par la même occasion) et le plan « allaitement au sein à 100% » était lancé. Mais malgré tous mes efforts, je n’arrivais pas à lui faire prendre le sein correctement. J’ai eu beau parcourir le site de la Leche League et mon livre sur l’allaitement, rien ne marchait… Je continuais donc l’infernal trio « essai de mise au sein – biberon – tirage du lait », en y ajoutant la vaisselle et stérilisation / congélation de tout le matériel cela me prenait 1h30 à 2h alors que le Petit Poisson mangeait toutes les 3h. Je ne pouvais donc pas imaginer sortir ne serait-ce qu’une heure…

N’en pouvant plus mais ne voulant pas renoncer (il avait su téter une fois, il en était donc capable) je suis retournée à la clinique de lactation de ma maternité. Les conseils apportés ne m’ont pas fait plaisir il faut l’avouer: il lui faudrait du temps, beaucoup de temps avant de pouvoir téter correctement et certainement avec des bouts de sein en silicone. Mais surtout ils ont vu ce que personne n’avait encore remarqué: le Petit Poisson avait le frein de la langue bien trop court pour pouvoir prendre correctement le sein en bouche.

Nous avons donc été redirigés vers un chirurgien pédiatrique qui a réglé le problème en 5 (longues) minutes. Néanmoins contrairement à ce que j’ai pu lire, mon Petit Poisson a eu mal et il lui a fallu plusieurs jours pour s’habituer à la nouvelle mobilité de sa langue et pour qu’il ne la colle plus à son palais (pas très pratique pour allaiter).

Pour moi les bouts de sein c’était le mal, je ne voulais pas en entendre parler mais j’ai essayé et j’ai du me rendre à l’évidence… avec, il a tété… Certes ce n’était pas optimal mais qu’est ce que ça fait du bien de ne plus avoir d’intermédiaire entre soi et son bébé! Pendant quelques semaines on a jonglé entre les tirages de lait, le biberon et les tétées en plastiques pour que ma lactation s’adapte à ce nouveau mode d’alimentation. Une fois le 100% tétées en plastique établi, on a décidé que certes le plastique c’est fantastique mais c’est tellement mieux sans!

Retour à la clinique de lactation pour apprendre à mettre Petit Poisson au sein sans les bouts de sein. Ce fut long, très long pour en venir à bout de ces bouts de sein! Le déclic est venu de mon bébé quand il avait 2.5 mois; nous avons été séparé quelques heures le temps que je subisse une petite intervention. J’avais laissé un biberon de lait tiré au papa au cas où… Le Petit Poisson n’en a pas voulu et s’est jeté sur mon sein à mon retour. Depuis ce jour, fini le plastique!

Aujourd’hui le tire-lait est au placard où j’espère qu’il restera longtemps et enfin je peux dire: j’allaite. Et non pas : j’allaite mais je tire mon lait ou j’allaite mais avec des bouts de sein. Je l’allaite, tout simplement (pas si simplement que ça, un REF vient un peu ombragé le tableau mais par rapport à nos difficultés initiales c’est du pipi de chat).

Et quand son regard plonge dans le mien, que ses lèvres dessinent un sourire de contentement, tous ces moments de galère sont balayés par une grosse vague de bonheur!

La cerise sur le gâteau? Une courbe de poids qui monte en flèche, le Petit Poisson devient donc officiellement le Baleineau!

L’est bon le lait de maman

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Elever son enfant autrement, Catherine Dumonteil-Kremer

De l’haptonomie au « co-dodo « , du portage de bébé aux pédagogies alternatives, Catherine Dumonteil-Kremer donne des pistes pour aider les parents à faire des choix d’éducation cohérents et respectueux de l’enfant. L’auteur s’appuie sur des articles de spécialistes mais aussi sur des témoignages de parents « experts » en leur domaine qui ont eu la générosité de partager leur savoir-faire : fabrication de couches lavables, allaitement du bambin, jeux coopératifs…Elle aborde les petites activités du quotidien (celles qui font les souvenirs merveilleux) tout comme les grands bouleversements, pour nous aider à acquérir ce que Michel Odent appelle « l’art de parenter ».

Rien de fondamentalement nouveau dans cet ouvrage quand on est familier des sites et blogs naturel/maternage mais c’est très appréciable d’avoir sous la main un condensé de toutes les techniques alternatives regroupées dans un seul et même ouvrage. On y trouve beaucoup de lien vers des sites certes bien souvent connus des mamans natures, du coup je m’en sers un peu comme d’un annuaire du maternage !

Attendre bébé… autrement, Piraud-Rouet & Sampers-Gendre

Ce qu’en dit la quatrième de couverture :

Pour vivre une grossesse plus naturelle : l’accompagnement global par une sage-femme, le yoga prénatal, l’haptonomie, les doulas… où naissance rime avec naturel, gérer la douleur  » autrement  »

Des suites de couches tout en douceur, une préparation à l’allaitement, au portage…

Les auteurs se sont entourées d’une équipe pluridisciplinaire : sage-femme, gynécologue-obstétricien, nutritionniste… des intervenants choisis pour leur approche globale : le docteur Michel Odent pour l’accouchement  » comme à la maison « , le docteur Bernadette de Gasquet pour les suites de couches…

Ma première acquisition lorsque j’ai découvert ma grossesse. J’ai de suite commencé la lecture mais très vite je me suis lassée du ton employé. J’aurais préféré une présentation plus objective et moins orientée « l’hôpital c’est le mal ». J’exagère un peu mais c’est l’impression que j’ai ressenti. Sachant qu’aux émirats il n’existe pas de sages-femmes libérales ni de maisons de naissance et que la naissance à domicile est illégale, je n’ai pas d’autre choix que de me tourner vers l’hôpital. Je m’attendais plutôt à trouver des conseils que je pourrais appliquer plutôt qu’un discours un peu trop moralisateur. Mis à part ce point, je trouve le contenu du livre très instructif et cela répond bien aux interrogations que peuvent se poser les futures mamans sur le maternage et les alternatives au circuit classique.

Pour conclure, je dirais que je rejoins complètement l’avis de Ficelle sur ce livre.