About my bidon reprend du service

Suite aux derniers évènements  mon temps s’est fait plus que rare et le soir venu je  n’avais qu’une idée en tête  me terrer sous ma couette. Ecrire un article était loin loin loin dans ma to-do list. D’autant plus que j’avais un peu de mal à trouver de l’inspiration en rapport avec mon bidon jusqu’à ce que… un deuxième trait apparaisse sur le test de grossesse!

Pour encore quelques mois ce blog va retrouver un contenu qui colle avec son titre… du moins jusqu’à l’arrivée du Petit Poisson, prévue pour le 1er avril (sans blague).

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Guérir de son accouchement

Je ne parle pas de la guérison au sens propre (de ce point de vue là j’ai eu une chance inouïe : j’étais en pleine forme le lendemain de l’accouchement et je retrouvais mon poids 1 mois plus tard sans difficultés mais moins de fermeté of course). Non, je souhaiterais parler de la guérison psychologique, de cette boule dans la gorge et de ce goût amer que laisse un accouchement qui ne se passe pas comme on  l’espérait.

La plaie ouverte par mon premier accouchement ne s’est toujours pas refermée, sans doute ne se refermera-t-elle jamais  complètement, après tout on ne me rendra jamais la première journée de vie de ma fille, ni son premier regard ou le contact de son petit corps gluant contre le mien.

Mon cœur s’est brisé quand, 24h après l’accouchement, j’ai enfin pu aller la voir en néonat et que parmi tous ces bébés, j’ai réalisé que je n’avais aucune idée duquel était le mien…

Mais aujourd’hui je vais mieux, beaucoup mieux, je trouve même que je me suis plutôt bien débrouillée. Ce qui m’a évité une bonne dépression voire un burn out, c’est de m’accrocher à cette ultime chose sur laquelle je pouvais encore agir, ce tout petit fil si fragile et déjà bien entamé qui me reliait encore à mon bébé : l’allaitement. C’était tout pour moi, tout ce qui me restait à offrir à ma fille après sa naissance ratée.


Je m’y suis accrochée aussi fort que j’ai pu et j’ai persévéré, c’était aussi bénéfique pour elle que pour moi. Un prolongement de la grossesse, une façon de créer ce lien, pour moi l’allaitement c’était d’abord ça. Au-delà de l’aspect nourricier, c’était une façon de récupérer ces premiers instants perdus. Il aura fallu 14 mois d’allaitement pour « rattraper » ses premières 24h.

Au bonheur de nourrir ma fille s’est ajouté celui de l’élever, de la voir évoluer et d’établir une relation forte avec elle. Au fil du temps j’ai compris que le lien avec son enfant se construit petit à petit, peu importe le démarrage et ses erreurs. Chaque petit sourire, chaque petits pas, chaque câlin agit comme un petit pansement.

On n’oublie jamais. On apprend à vivre avec comme on apprend à devenir maman. Et finalement la guérison, c’est de son enfant qu’elle vient.

Poulette’s birth

Comme promis, voici le récit un peu (beaucoup) plus détaillé de la naissance de ma Poulette. Ca m’a pris un moment, 5 mois pour être précise, plusieurs brouillons, plusieurs versions (celle en colère, celle version film d’horreur, celle « finalement c’était pas si pire »), des dizaines de pages noircies, pour finalement arriver à ce petit récit en 6 épisodes.

Episode 1: Ca sent le sapin… où j’apprends qu’il y a un problème

Episode 2: Le début des hostilités où j’apprends que la fin de la grossesse approche

Episode 3: Le re-début des hostilités où l’accouchement est déclenché

Episode 4: Et c’est parti… où l’accouchement proprement dit

Episode 5: La fin (?) des hostilités où la délivrance ne se passe pas comme prévu

Episode 6: Et ils vécurent heureux où le + ou – happy end!

Je m’efforce de ne retenir que le bon de cette aventure (après tout j’ai réussi à accoucher rapidement sans péri ni épisio et la guérison fut plus que rapide) mais je ne garde pas un souvenir mémorable de mon accouchement, ça n’était pas « le plus beau jour de ma vie » (sinon comme le dit Florence Foresti à quoi ressembleraient les autres jours de ma vie?) et j’aimerais beaucoup que les choses se passent différemment pour le prochain bébé (un accompagnement global et accouchement avec la même sage-femme serait l’idéal). Et ouais malgré tout, j’ai quand même envie de remettre ça (un jour), comme quoi la douleur et les mauvais souvenirs s’estompent vraiment 😉

La fin (?) des hostilités

Après la naissance de Poulette, la suite de mes (més)aventures…

Me voilà donc seule avec deux médecins (une jeune et la vieille bique) et 3 infirmières… Mais qu’est ce que vous faites toutes encore là ? Ah oui ça me revient, reste encore le placenta à sortir, c’était donc ça l’injection que j’ai eu lorsque je tenais mon bébé.
La jeune médecin est douce, elle tire gentiment sur le cordon et le placenta suit facilement… ah je me sens plus légère… je demande à le voir et elle commence à m’expliquer lorsque la vieille bique lui coupe la parole et lui dit qu’il n’a pas l’air entier…

Aarrfff c’est pas bon signe, me dis-je…

La jeune médecin s’excuse donc et me dit qu’elle va devoir aller vérifier que tout le placenta est bien sorti et que cela ne sera pas très agréable (quel euphémisme…). Elle m’appuie sur le ventre et…ah la vache ce que ça fait mal… elle extrait néanmoins un petit morceau… Ouf, c’est fini ? Non me rétorque la vieille bique, je suis sure qu’il en reste encore, je vais aller vérifier. .. un regard avec la jeune médecin me confirme ce que je redoute: c’est pas une tendre et je vais morfler…. c’est peu dire… je n’avais plus personne ni rien à me raccrocher ni aucun anti-douleur pour affronter cette douleur beaucoup plus intense que l’accouchement… j’ai supplié qu’on me donne quelque chose pour la douleur et c’est là qu’elle ma menacé, qu’il fallait que je me tienne tranquille, sinon c’était direction le bloc et elle n’y allait pas pour rien, si elle y allait elle enlevait tout l’utérus… honnêtement je la sentais parfaitement capable de mettre sa menace à exécution j’ai donc puiser dans les ultimes forces qui me restaient pour ne pas (trop) crier… je remercie l’infirmière qui a profité d’une minute d’inattention de Godzilla pour me coller le masque à gaz sur le visage et me chuchoter de prendre une grande respiration car ce n’était pas fini…
Apres avoir fait plusieurs fois le tour de mon utérus il a bien fallu qu’elle se rende à l’évidence, il n’y avait plus rien, nada, pas le moindre bout de placenta… la torture pris fin quelques (interminables) minutes plus tard avec une injection…

J’apprendrais par la suite que l’on m’a injecté de la pethidine (un opiacé, j’en ai déjà parlé ) à la fin de la révision utérine. Etait-ce vraiment bien utile à la fin ? Sachant que le produit met 30 minutes à agir ? Et surtout que j’avais bien précisé dans mon plan de naissance que je n’en voulais pas pour ses effets secondaires ?
Ca n’a pas loupé les effets secondaires se sont manifestés rapidement : maux de tête, vertiges, une immense envie de dormir… un vrai bad trip… mes souvenirs sont flous à partir de là … je crois que chéri est venu me montrer des photos de notre fille mais je n’en ai pas le souvenir, je me rappelle avoir eu la sensation de flotter à coté de mon corps…. Incapable de bouger ou de parler mais parfaitement consciente de ce qui se passait autour de moi…

Le re-début des hostilités

Si vous avez raté le début, c’est ici et .

Me voilà donc perfusée (de magnésium), sanglée, monitoire et sondée. Le déclenchement n’a même pas commencé que je ne me sens déjà plus libre de mes mouvements, emprisonnée sur ce lit… Parfait pour la mobilité pendant le travail, hein ?

Après l’introduction de la première tablette, on décide de faire un petit somme (le futur papa par terre sur son duvet, merci decathlon pour le matelas intégré) interrompu par les prises de tension et autres introduction intempestives dans la chambre (lumières allumées et claquements de porte en bonus).

J’ai mal… très mal… rien de cyclique comme ce à quoi je m’attendais mais plutôt mal comme une infection urinaire où la douleur serait présente en continu… et augmente en intensité… c’est franchement insoutenable…je presse le bouton près de lit mais personne n’arrive… je réveille chéri, il part chercher une infirmière qui m’applique de la glace… une fois… deux fois…aucun effet je souffre toujours autant et la douleur ne fait qu’empirer…  je n’ai qu’une envie, qu’on me retire cette sonde… un médecin passe, non on ne retire pas la sonde, impossible… peu après la poche se teinte de sang… je n’en peux plus de cette douleur, ça n’est pas normal, l’accouchement n’a même pas commencé et je m’épuise déjà… chéri s’en va et revient avec le médecin qui consent à retirer la sonde (merci chéri je ne sais pas ce que tu lui a dis mais merci)… le soulagement est quasi immédiat… 20 minutes après je revis…

Le médecin s’inquiète du sang dans la poche et veut donc me remettre la sonde… ou une plus petite ou une dans un autre matériel…. Même pas en rêve tu me remets ce machin…

D’autant plus qu’on a réussi connaitre l’utilité de la sonde : quantifier mes sorties par rapport à mes entrées (en gros voir si je fais bien pipi rapport à tout le liquide qu’on m’injecte dans la perfusion). Soit, ça peut très bien se mesurer dans un haricot, une bassine, un seau ou tout autre récipient, non ?

Après d’âpres négociations, on obtient gain de cause et la sonde ne sera pas remise, vive les pipis dans un petit récipient !

S’ensuit un défilé de médecins, une échographie des reins, un puis deux néphrologues qui cherchent à percer le mystère du sang dans la poche. Et si on m’écoutait moi ? Si comme je le pressens, ce n’était qu’une allergie a la sonde(*), sonde qui m’a irritée jusqu’au sang (vu qu’on s’est obstine à me la laisser) ?

Les 6 heures après l’introduction de la première tablette étant passées, il faut se rendre à l’évidence, bébé ne veut pas quitter son nid… et nous sommes déjà bien éprouvés…

Re-apparition du médecin (celle que l’on appellera vieille bique ou Godzilla)  qui me propose (non qui m’impose plutôt) de percer la poche des eaux pour déclencher le travail. Cela ne me plait guère car on a appris en cours de préparation que la poche des eaux est là pour protéger le bébé des contractions, comme un tampon, mais bon, c’est elle le médecin et je ne suis pas en mesure de refuser… Elle en profite d’ailleurs au passage pour me décoller les membranes, ouille ouille ouille elle n’a pas la main légère…

Introduction de la deuxième tablette et c’est reparti, on attend les contractions. L’équipe médicale s’impatiente, ça ne vient pas assez vite, si le travail ne démarre pas dans quelques heures, ce sera une césarienne (**).

(*) L’hypothèse de l’allergie de contact à la sonde a paru très plausible au chef de service de néphrologie qui est venu me voir le lendemain et qui m’a écouté, lui…

(**) Qui aurait était dictée principalement par la rupture de la poche des eaux, m’a affirmée ma gynéco à qui j’ai raconté l’histoire, c’est un peu le serpent qui se mord la queue…

Le début des hostilités

Le premier épisode de l’épopée de l’accouchement est .

Retour à la maternité avec le futur papa ou je sens les regards accusateurs, me voilà devenue ‘celle qui est sortie contre avis médical’. On nous sermonne donc allégrement et on m’annonce que les résultats des analyses sont revenus et sont plutôt mauvais, si ma tension augmente il faudra déclencher l’accouchement. Et voilà pas que l’on me prend la tension dans la minute suivant cette annonce… bingo ça dépasse le seuil limite !
Ben oui, forcément… même le futur papa devait avoir une tension élevée à ce moment là…
Bref, cette soi-disant forte tension était à mon humble avis due en bonne partie au stress infligé par l’équipe médicale… elle a d’ailleurs été bien entretenue en venant me la prendre tous les quarts d’heure…

Le futur papa et moi nous retrouvons donc en salle de travail, où l’on va rester une bonne heure jusqu’ à ce que quelqu’un veuille bien nous en dire un peu plus sur la suite des évènements. Informations que nous n’aurons qu’au compte goutte, ne me demandez d’ailleurs pas le nom des médecins ou infirmières, personne n’a eu le civisme de se présenter…
Contexte idéal pour entretenir ma tension élevée, non?

Une infirmière viendra ensuite me donner une blouse et me poser un cathéter. Nous attendrons ensuite une autre heure avant que quelqu’un ne vienne remplir la perfusion dont nous ignorons le contenu. Pardon, c’est faux on nous a dit que c’était du magnésium mais à la question « Pourquoi me donne-t-on du magnésium ? » on nous a répondu : « parce que c’est le médecin qui l’a prescrit » (*). Hhmm… j’y avais pas pensé…

Ca y est la médecin revient et nous explique ( etc’est un bien grand mot) le deroulement des évènements : on va me déclencher par tablettes, une maintenant (comprendre dans une heure) et la seconde 6 heures après, d’ici là le travail devrait se déclencher et sinon on avisera.

« C’est a dire ? »

« On avisera en temps voulu ne vous inquietez pas. »

On ne s’inquiète pas, on veut juste savoir ce qui peut arriver pour s’y préparer, c’est tout… c’est justement de ne pas savoir qui m’inquiète et me stresse (et fait donc monter ma tension) !
Nous en proftions quand même pour discuter de notre plan de naissance, vu l’accueil on se doute bien qu’il ne sera pas suivi mais je suis plutôt surprise car elle répond favorablement à la plupart de nos demandes : être mobile pendant le travail, choisir la position d’accouchement, les soins du bébé, pas d’épisio, découvrir nous-mêmes le sexe du bébé, ne couper le cordon que lorsqu’il a fini de battre, allaiter a la naissance, nous laisser un peu de temps seul tous les 3…

Enfin…elle dit oui pour ne pas s’étendre sur le sujet je pense… elle nous demandera ensuite nos copies du plan pour « les distribuer dans le service ». Mouais… on se rendra compte plus tard que c’était pour les faire disparaitre…

(*) Après recherches (merci google), le magnésium sert à prévenir les convulsions dans les cas d’éclampsies… sachant que je n’étais qu’en supposition de pré-éclampsie, cela me parait un peu drastique comme protocole… m’enfin bon je ne suis pas médecin… néanmoins un avis éclairé sur la question m’interesserait : était-elle vraiment nécessaire cette perfusion ?

Ça sent le sapin…

Simple contrôle de routine à la maternité à 36 SA. Monito, tension, tout est normal, je suis sur le point de repartir quand le médecin vu quelques jours avant m’interpelle :

« Je viens de recevoir vos résultats d’analyses madame, ils ne sont pas bons du tout. »

Premier coup de massue, moi qui ai toujours eu des résultats parfaits depuis le début de cette grossesse, il y a maintenant des protéines dans mes urines… Bon, soit, on fait quoi ?

« On va refaire ces analyses aujourd’hui puis on avisera en fonction de l’évolution mais j’aimerais beaucoup vous hospitaliser dès maintenant. »

Aïe, deuxième coup…. Je ne suis même pas encore en congé mat, mon sac n’est pas prêt et il reste encore 4 semaines, bordel, ça va être long à l’hôpital… surtout qu’ici y’a pas de wifi et la télé est en arabe…

« Ca prend combien de temps ces analyses ? »

«  Environ 3h »

« D’accord, ça me laisse juste le temps de rentrer faire mes affaires et de prévenir le papa ! »

« Ah non madame vous ne pouvez pas partir vous DEVEZ rester ! »

« Pour faire quoi ? Attendre sur un lit d’hôpital pendant 3h ? »

« Oui »

« Mais j’habitue à peine à 10 minutes d’ici, je reviens dans 3h sans faute. »

«  Il faut signer une décharge alors comme quoi vous sortez contre avis médical »

« Bon, très bien, je signe où ? »

Arrivée un poil paniquée à la maison, le futur papa ne comprend pas ce qu’il se passe:

« Ben quoi on va pas faire les courses ? »

Bon, on se pose et on explique tout, ça me parait abracadabrant : je serais dans un état si critique alors que je me sens bien et que monito et tension faits il y a 20 minutes étaient parfaits… mon ami google me confirme que des œdèmes + protéines dans les urines + forte tension = pré-éclampsie

Ma tension est correcte donc on respire, tout ne va pas si mal que ça. Un appel à ma gynéco habituelle (parce que google il est fort mais bon quand même il a pas vraiment son diplôme de médecine…) me rassure à moitié : ils vont surement m’hospitaliser et me surveiller de très près. J’aurais préféré qu’elle me dise de venir la voir mais elle travaille dans un cabinet privé et ne peut donc pas faire des analyses aussi rapidement qu’à l’hôpital.

Je prépare donc mon sac et mon mental pour rester alitée à l’hôpital les quatre prochaines semaines…

Congés maternité?

Si j’en crois ce simulateur et que j’étais en France, mon congé maternité devrait débuter aujourd’hui. Or aux émirats, le congé maternité est de 45 jours, à prendre quand bon nous semble, il n’y a pas de durée prédéfinie avant ou après la naissance.
Ainsi plus on attend avant de commencer son congé, plus on a de temps à passer avec son bébé.
C’est une des raisons pour lesquelles je travaille encore mais ce n’est pas la principale. Premièrement je me sens encore très capable de faire mon travail, faut dire que rester assise devant un ordinateur n’est pas des plus fatigants (et que c’est probablement la même chose que je ferais si j’étais à la maison). Ensuite j’ai vraiment du mal à m’imaginer toute seule à la maison toute la journée… qu’est ce que je pourrais bien y faire ?
La chambre du bébé, ses habits ? C’est déjà prêt…
Préparer des bons petits plats, faire un peu de couture, surfer sur internet, lire, regarder des séries…. Oui… mais ça va bien quelques jours mais pas plusieurs semaines !
Alors voila je viens travailler tant que cela est encore agréable et en attendant je me demande ce que je pourrais bien pouvoir faire pendant mon congé, des idées ?