Sevrer en douceur (suite… et fin…)

C’est en me lavant les mains ce matin-là que je me suis faite cette réflexion : depuis combien de temps Poulete n’a-t-elle pas tété ?

Depuis quelques semaines seule restait la tétée nocturne. Le jour, il y a bien trop de choses à faire ou à explorer et Poulette aime manger avec nous à table avec sa petite cuillère (enfin ses petits doigts plutôt).
Seulement ces dernières nuits elle ne s’est pas réveillée… elle n’a donc pas tété depuis une petite semaine et n’a pas l’air d’en éprouver le besoin ni l’envie.

Je crois bien que c’est la fin…la fin d’un bel allaitement de 14 mois, à peu de choses près, j’aurais bien du mal à définir une date précise car cela s’est fait tout en douceur, très lentement si bien que j’ai du mal à me souvenir quand a lieu la dernière tétée. Au lieu de ça je revois une multitude de tétées magiques…

Je garderai un merveilleux souvenir de cet allaitement sans aucun doute. Je suis fière de moi, 14 mois pour un premier bébé, prématuré de surcroît, c’est au-delà de ce que j’aurais pu imaginer pendant ma grossesse ni même à sa naissance ou encore à ses 6 mois !
Je suis également très fière de ma Poulette, les débuts n’ont pas été faciles mais une fois qu’elle avait goûté au bon lait de maman, elle était accro !

Bien évidemment il y a eu des hauts et des bas, mon problème majeur étant, je le soupçonne, une petite capacité de stockage qui impliquait des tétées fréquentes et une lactation automatique qui n’est jamais venue alors que cela m’aurait sans doute facilité la vie.
A partir du moment où ces inconvénients ont commencé à prendre une place de plus en plus importante j’ai souhaité agir, je ne voulais pas continuer à tout prix sans en avoir pleinement envie. Cela devait rester avant tout un plaisir…
J’ai donc réfléchi à un plan de sevrage tout en espérant bien que cela n’impliquerait pas un arrêt total et rapide. Le mot sevrage n’est pas forcément le mot le plus adéquat, j’ai plutôt réfléchi à des modifications de notre allaitement. En arrêtant de tirer mon lait au travail, j’ai retrouvé une certaine liberté (sans toutefois m’être jamais sentie prisonnière auparavant) et l’allaitement a connu un second souffle. Les tétées ont ensuite évoluées doucement des tétées nutritives aux tétées plaisir jusqu’à s’espacer de plus en plus au fur et à mesure que Poulette découvrait de nouveaux plaisir : le quatre-pattes, les petites voitures, le fromage (Poulette est fromagivore), etc…

J’ai eu ce que je considère comme un allaitement quasi idéal, je re-signe sans hésiter pour le prochain mais sans pour autant m’imposer une quelconque limite, je crois bien que c’est ça la clé d’un allaitement réussi, ne rien s’imposer, ne pas comparer mais s’écouter, écouter son rythme et celui du bébé et voir où cela nous mène.

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Sevrer en douceur (2)

Un petit point sur l’avancée du sevrage. Premier constat : le délai que je m’étais plus ou moins fixé est largement dépassé et Poulette est toujours lactolique (pour reprendre la jolie expression de McMaman). Néanmoins on a bien progressé.  Le rythme des tétées a considérablement ralenti et l’on est arrivé à un équilibre qui nous convient à toutes les deux.

  • Etape 1 : Les nuits
    Bien que nos essais pour l’aider à faire ses nuits  aient plus ou moins été réduits à néant  du fait du voyage en avion, du décalage horaire, des multiples déménagements, des premiers jours avec la nounou et des 4 dents qui la chiffonnaient il n’y a globalement eu qu’un seul réveil/tétée par nuit au cours du dernier mois. Il est même arrivé 2 ou 3 fois, ô joie, ô bonheur que Poulette ne se réveille pas et fasse une nuit de 11h

  • Etape 2, 3 et 4 : Arrêter de tirer mon lait
    Succès !
    Ma lactation s’est bien adaptée, je n’ai pas besoin de tirer mon lait pour me soulager pendant une longue journée de travail (je viens de reprendre à temps plein). A la crèche / avec la nounou, le lait maternel a été remplacé en partie par du lait en poudre et l’autre partie par un yaourt. Poulette préférant le yaourt (et tous les laitages en général), on est vite passé au tout yaourt.
  • Cinquième étape : Le repas du soir
    On a progressivement diversifié le repas : purée, biberon, sein, les trois lui on été proposés jusqu’à ce qu’un jour Poulette ait un déclic : elle aime manger à la cuillère. Depuis c’est un puits sans fond ! Néanmoins je lui propose toujours le sein avant l’histoire du soir et 2
    fois sur 3 elle s’y endort calmement. Il arrive aussi que je ne sois pas là et cela ne l’empêche pas de s’endormir, je pense qu’elle comprend maintenant que si maman n’est pas là il n’y aura pas de tétée alors on fait sans.
  • Sixième étape : remplacer la tétée du matin par un biberon
    Remplacer ? Non, pas remplacer mais varier le repas. Poulette montre un intérêt de plus en plus grand à manger « toute seule » et comme nous. Elle grignote donc un morceau de pain ou de brioche, boit un peu de jus d’oranges, se baffre de raisins, etc… pendant que l’on prend notre petit déjeuner. Ensuite c’est tétée ou biberon, biberon la semaine car maman doit se préparer pour le travail et tétée le week end car on a plus le temps.

La cadence a donc bien diminuée et ma lactation s’est bien adaptée (un bémol cependant ma poitrine en a profité pour fondre comme neige au soleil 😦 ). Je peux donc porter la lingerie qui me plait et prendre un petit apéro de temps à autre tout en gardant ces instants si privilégiés avec ma fille, on est donc arrivé à un équilibre qui nous convient bien et je pense que les tétées restantes devraient se faire de plus en plus rares et disparaître d’elles-mêmes. En tout cas je n’ai pas de plan pour les éradiquer, on va laisser faire le temps. En parallèle Poulette fait de plus en plus de vrais câlins : elle pose sa tête au creux de notre cou et nous enlace fort avec ses petits bras ! On remplace donc tout doucement une sorte de câlin par une autre…

Se sevrer du tire-lait

La deuxième étape de mon plan de sevrage consiste à passer en allaitement mixte et donc à arrêter de tirer mon lait au boulot. Après 8 mois de bons et loyaux services, j’étais prête à remiser le tire-lait au placard.

Je travaille à temps partiel et tirais mon deux fois, vers 10h puis vers 13h. J’ai donc d’abord réduit la durée des tirages pour finalement, au bout de quelques jours, n’en garder qu’un que j’ai un peu décalé vers 11/11h30. Poulette avait donc encore mon lait à la crèche, que l’on a progressivement compléter par un biberon de lait en poudre.

Et puis un jour, absorbée par le boulot j’ai tout simplement oublié de tirer et je n’ai pas ressenti de désagrément majeur. J’étais néanmoins bien contente de récupérer ma Poulette et de lui donner une bonne tétée pour le gouter.
Le jour suivant j’ai donc laisser le tire-lait électrique à la maison et mis le tire-lait manuel dans mon sac à main avec l’idée de me soulager seulement si j’en ressentais le besoin. Je me suis sentie libérée d’un poids, celui du tire-lait. Plus qu’un seul sac à trimballer !
J’ai tout bien nettoyé et stérilise une dernière fois, et hop dans le placard ! Sans regrets, au contraire, il a été bien rentabilisé…

Je n’ai jamais ressenti l’allaitement et le fait de tirer mon lait comme une contrainte (sinon j’aurais arrêter bien plus tôt) mais je me suis effectivement sentie plus légère de ne plus avoir à le faire. La vaisselle des petites pièces du tire-lait tout les soirs a été remplacée par des jeux et des câlins avec Poulette ce qui me plait beaucoup.

Mon expérience s’est passée bien mieux que ce à quoi je m’attendais. J’avais fait quelques recherches sur les différentes méthodes pour améliorer son confort pendant la période de sevrage. Pour rappel la lactation automatique, je ne connais pas donc il m’arrive encore de « déborder » lorsque l’intervalle entre 2 tétées est inhabituellement important.

Voilà donc quelques astuces pour gérer le confort pendant la période d’adaptation de la lactation.

  • Veuillez à ne pas comprimer les seins, pourquoi ne pas porter un soutien-gorge ou l’on se sent à l’aise en période « de pointe » ? Une fois que la lactation aura trouvée son rythme, les soutien-gorge normaux pourront refaire leur appariation car un soutien-gorge trop serre risquerait juste de provoquer un engorgement, une mastite ou autre joyeuseté.
  • Exprimer un peu de lait manuellement ou au tire-lait, juste de quoi se soulager, ne pas viser la performance.
  • Les compresses chaudes et feuilles de choux peuvent soulager (mais au bureau ca risque de susciter des commentaires sans parler de l’odeur…)
  • Certaines herbes ont pour propriété de ralentir la production de lait, à savoir la sauge (lien), le jasmin, le persil et la menthe poivrée. Une petite tisane avec ces plantes permet donc de s’hydrater sans avoir peur ressentir l’effet Pamela quelques temps plus tard.

Et pour finir qui dit réduction de la lactation, dit chute des taux hormonaux, c’est la deuxième raison (après le confort de la maman et du bébé) pour laquelle un sevrage progressif est préférable. Une chute brutale des hormones s’accompagne souvent d’un sentiment de tristesse similaire au baby blues. Il n’est donc pas rare que les mamans en plein sevrage aient un petit coup de blues ccomme le raconte si bien Marie.  Après tout c’est la fin d’une période, mais on peut aussi le voir comme le début d’une autre qui peut nous apporter tout autant de joie (je pense notamment aux petites étoiles dans les yeux de Chéri quand Poulette lui a caressé la main pendant tout le temps qu’il lui donnait le biberon).

Sleep training

« Sleep training  » (littéralement « entrainement à dormir »), je préfère cette expression à son équivalent français, le sevrage de nuit.

Depuis quelques billets (celui-ci et celui-là) ma préoccupation principale tourne autour de l’allaitement: quand, comment réduire le rythme, la nuit, le jour??
Finalement j’ai réfléchi et degagé un plan de sevrage dont la première étape et d’arrêter les tétées de nuit.

Les tétées de nuit. Efficaces, rapides, il faut moins de 10 minutes pour que maman et bébé soient rendormies chacune dans leurs lits. S’il n’y avait donc qu’un réveil ça ne serait donc pas trop contraignant. Seulement il y en a bien plus que ça, de 2 à 6 suivants les périodes. Et ce depuis sa naissance.  On a pas vu de franche amélioration ni même d’amélioration tout court ni aux 3 mois, ni aux 5 kg ni lors de la diversification.

Alors je me suis levée et je l’ai allaitée à chaque réveil. J’avais l’espoir que les tétées s’espacent d’elle-même pour finir par disparaitre. Hélas il n’en fut rien, il faut dire que notre rythme baroudeur me doit pas arranger la situation. Ces deux derniers mois, on est partis en vacances, revenus, repartis, pris 4 fois l’avion, dormi dans 8 endroits différents, etc… Poulette était toute détraquée et pour la première fois on a fait du cododo.

Dans quelques semaines c’est un déménagement qui s’annonce (et un déménagement d’un pays à un autre ça prend un bon mois), on ne sera donc vraiment tranquillse et bien installés que dans 2 mois…

2 mois de nuits hachées supplémentaires…  on a dit STOP… il FAUT qu’on dorme…

Voilà un moment que je lis avidement les expériences et témoignages de mamans blogueuses sur les nuits de leurs petits  (notamment ceux de Ficelle, Baby Pop et Maman sur terre), ainsi que les livres de Marie Thirion et Elisabeth Pantley, j’y ai donc pioché plusieurs idées à tester sur ma Poulette.Les solutions que proposent Pantley dans son livre (notamment la méthode qui consiste à arrêter les tétées de nuit des que bébé commence à se rendormir et à le laisser s’endormir complètement dans son lit) me plaisaient bien malheureusement ça n’a jamais marché avec Poulette (elle ne se rendormait que le ventre plein).  Mais il y a beaucoup de pistes à creuser pour les mamans en manque de sommeil.

On est alors passé à autre chose : supprimer les tétées sur une plage horaire de plus en plus longues, les réveils étant gérés par le papa. La première nuit Poulette a pleuré de minuit à 1h du mat. Son papa était avec elle la plupart du temps puis j’ai pris le relais.  Je me suis appliquée à ne pas lui donner de tétée car c’était ce que je lui avais expliqué et je ne voulais pas réduire à néant les efforts du papa. Elle a fini par se rendormir pour se réveiller à 5h où je lui ai donne une tétée.
Les nuits  suivantes  se sont ressemblé mais les pleurs se sont transformés en chouineries et leur durée s’est raccourcie.
La quatrième nuit, je me suis réveillée en sursaut à 5h… Bien sûr je suis allée voir si elle respirait encore, bien sûr c’était le cas, et bien sûr pas moyen de me rendormir, plus l’habitude de dormir aussi longtemps… quoique cette habitude reviendrait bien vite je crois, si seulement Poulette nous en laissait l’occasion.

Car cet exploit ne s’est pas renouvelé depuis. Le réveil de 5h s’est lentement décalé mais globalement il n’y a plus qu’1 à 2 réveils qui ne se produisent pas avant 3h, c’est déjà ça…

On persévère même s’il m’arrive parfois de craquer et de la mettre au sein pour avoir encore un peu de répit avant que le réveil ne sonne…

Sevrer en douceur

A 11 mois, Poulette se met maintenant debout toute seule, elle fait “grande” ma fille quand elle est debout… elle grandit vite… et veut tout voir, tout toucher, tout le temps…

 Même en restant au calme, les tétées deviennent donc …comment dire… acrobatiques!

 Elle arrive à ce stade ou les bébés peuvent se détourner du sein car ils sont facilement distraits et pensent surtout à jouer. C’est donc un moment propice si on désire sevrer en douceur.

Et c’est exactement ce que j’envisage. Le moment est venu et l’envie de retrouver mon corps à moi pendant quelque temps avant de repartir pour une nouvelle grossesse se fait sentir (sans parler de la jolie lingerie et des apéros).

On va donc y aller en douceur, tout doucement, très doucement pour laisser à la fois à ma Poulette et à ma lactation le temps de s’adapter confortablement.

Voila mon plan pour un sevrage en douceur:

  • premier étape (la plus redoutée): le sevrage de nuit

Sans doute les tétées les plus efficaces pour elle mais les plus dérangeantes pour moi… J’ai désespérément besoin de sommeil et par tranche de plus de 3h !

J’aurais aimé ne pas avoir à intervenir et que Poulette fasse ses nuits d’elle-même. Seulement ca ne s’améliore toujours pas, on a donc décidé de lui donner un petit coup de pouce…

  • seconde étape : réduire puis stopper les tirages au boulot
  • troisième étape : remplacer progressivement le lait maternel par du lait artificiel à la crèche
  • quatrième étape : à ce stade il ne devrait rester qu’une tétée le matin, une le soir et éventuellement une au gouter,  remplacer celle du gouter par un yaourt
  • cinquième étape : instaurer un vrai repas le soir pour progressivement arrêter la tétée ou la remplacer par un biberon
  • sixième et dernière étape : la tétée du matin à remplacer par un biberon

J’hésite encore quant à l’ordre des étapes 5 et 6, je pense que je ferais au feeling le moment venu. Je me donne 2 mois pour réaliser ce plan (une dernière tétée pour son premier anniversaire ?), je vous tiens au courant !

6 mois… et après ?

6 mois d’allaitement, conforme avec les recommandations de l’OMS et bien plus que tout ce que j’aurais pu imaginer…

6 mois, le monopole du lait se termine, l’allaitement aussi ?

Pas si sûr… ce serait dommage d’arrêter maintenant que tout roule. Néanmoins plus Poulette gagne en autonomie, plus j’ai envie de retrouver la mienne…


L’envie d’allaiter et de lui fournir mon lait est toujours présente et forte mais je me surprends de plus en plus souvent à me dire : « Et si ? »
Et si je ne le lui donnais plus la tétée lorsque je la récupère à la crèche ?
Et si je ne tirais plus qu’une fois par jour au boulot ?
Et si, et si…  et si je tentais quoique ce soit et mettait un pied dans l’engrenage du sevrage sans l’avoir vraiment voulu ?

Je me rends compte que la diversification telle que je l’envisage (laisser Poulette decouvrir les aliments à son rythme) ne va pas franchement ralentir le rythme (de 8 à 10 tétées par jour), du moins pas avant quelques mois. Suis-je prête à continuer à ce rythme tout ce temps ? Aujourd’hui la reponse est oui mais demain?