Mon Baleineau

Dans le désordre et comme ça vient, quelques nouvelles de mon Baleineau, 5 mois bien tassés:

  • c’est le plus beau!
  •  il fait maintenant plus de 7 kg et 60 cm (rappel: poids de naissance 1,7 kg). Oui la cantine est bonne!
  •  l’allaitement se passe maintenant à merveille, il est accro du tétou! A tel point qu’il régurgite une bonne partie de ses repas peu de temps après. La machine à laver tourne à plein régime et les bavoirs défilent. J’ai d’ailleurs eu l’occasion de tester les bavoirs- bandanas* de Funky Giraffe et j’en suis ravie. Mon loulou est beau à croquer et leur doublure en polaire le laisse au sec.
Mon Baleineau

Mon Baleineau

  • il nous innonde de sourires et d’éclats de rire, adore jouer sur son tapis d’éveil et commence à se retourner.
  •  il dort plutôt bien (si on compare à sa soeur au même âge à moins que je ne me sois habituée aux nuits pourries)
  •  il voue une admiration sans bornes à sa grande soeur qui le lui rend bien
  •  il rentre à la crèche début septembre quand maman retourne au turbin… gloups
  • son baptême de l’air s’est passé sans encombres

Bref, c’est du bonheur en barre ce bébé!

* Produit offert par la marque

Concilier vie familiale et vie professionnelle

J’ai repris le travail quand Poulette avait presque 4 mois. C’était le bon moment, rester seule à la maison avec un bébé commençait à me peser, j’avais envie de parler à de vrais gens et surtout d’autres choses que de bébés.

J’ai donc repris progressivement, la veille d’un pont, peu avant les fêtes (période creuse pour moi) et à temps partiel (de grosses matinées jusque 14h), le temps que tout s’ajuste : ma lactation, Poulette et la crèche et que je me remette dans le bain du boulot.
C’était exactement ce qu’il me fallait : suffisamment de temps pour profiter de ma fille (et s’occuper des tâches du quotidien) les après-midi tout en ayant de quoi préserver ma santé mentale le matin. J’ai eu énormément de chance que cela soit possible et je suis très reconnaissante à ma hiérarchie de m’avoir aménagé ce temps partiel (je  fais figure d’exception).

Mais l’été dernier, lorsque nous somme revenus en France, il m’a fallu faire une croix sur ces arrangements : au revoir mon temps partiel et mon heure d’allaitement…
Une fois de plus il a fallu traverser une phase d’adaptation. Autant ma lactation et Poulette se sont faites à ce nouveau rythme en l’espace de quelques semaines et sans trop de heurts, autant moi, 6 mois plus tard, je peine à trouver mon rythme de croisière. J’ai du mal à m’adapter à ce nouveau rythme de travail, beaucoup plus lent que le précédent. Mais surtout je n’arrive pas à me faire à ce décalage entre mes deux journées qui sont maintenant bien inégales : un temps amplement suffisant pour une charge de travail moindre et peu de temps pour en faire beaucoup à la maison !

C’est frustrant de devoir ronger son frein la journée, de déborder d’énergie (que je ne peux malheureusement pas détourner pour mon profit personnel, il me faut rester à mon poste duquel l’accès internet est limité) et les soirées où il ne faut pas perdre une minute, le repas doit être prêt en 30 min max, puis bain, coucher, vaisselle, lessive, repassage….
J’ai beau avoir une femme de menage, il y a toujours une table à essuyer, de la vaisselle à faire et un coup de balai a passer entre deux de ses visites. Je fais le plus gros des courses par internet et essaye de planifier et de preparer les repas à l’avance. Chéri participe du mieux qu’il peut à tout ça, mais bon ça reste un homme quand même (le remplissage du frigo est un truc magique pour lui). J’essaie d’en faire un maximum le week end à l’avance mais si par malheur un grain de sable vient contrarier mon organisation (un week end loin de la maison, un rendez-vous chez le pediatre un soir), je rame pour remettre un semblant d’organisation dans la maison et les assiettes.


Et bien sûr tout cela me demande beaucoup d’énergie, je suis épuisée et frustrée…  je ne parviens pas à me dégager un peu de temps pour moi, pour notre couple, bref pour m’épanouir.

J’aspire a donc réorganiser mon emploi du temps, à y faire une plus grande place à ma vie de famille et pourquoi pas avoir un peu de temps à moi pour réaliser mes envies et mes projets (rien de bien folichon mais j’aimerais bien mettre enfin les photos de mon mariage dans un album par exemple).

Dis, Chef tu veux bien que je passe à 80% ?


Se sevrer du tire-lait

La deuxième étape de mon plan de sevrage consiste à passer en allaitement mixte et donc à arrêter de tirer mon lait au boulot. Après 8 mois de bons et loyaux services, j’étais prête à remiser le tire-lait au placard.

Je travaille à temps partiel et tirais mon deux fois, vers 10h puis vers 13h. J’ai donc d’abord réduit la durée des tirages pour finalement, au bout de quelques jours, n’en garder qu’un que j’ai un peu décalé vers 11/11h30. Poulette avait donc encore mon lait à la crèche, que l’on a progressivement compléter par un biberon de lait en poudre.

Et puis un jour, absorbée par le boulot j’ai tout simplement oublié de tirer et je n’ai pas ressenti de désagrément majeur. J’étais néanmoins bien contente de récupérer ma Poulette et de lui donner une bonne tétée pour le gouter.
Le jour suivant j’ai donc laisser le tire-lait électrique à la maison et mis le tire-lait manuel dans mon sac à main avec l’idée de me soulager seulement si j’en ressentais le besoin. Je me suis sentie libérée d’un poids, celui du tire-lait. Plus qu’un seul sac à trimballer !
J’ai tout bien nettoyé et stérilise une dernière fois, et hop dans le placard ! Sans regrets, au contraire, il a été bien rentabilisé…

Je n’ai jamais ressenti l’allaitement et le fait de tirer mon lait comme une contrainte (sinon j’aurais arrêter bien plus tôt) mais je me suis effectivement sentie plus légère de ne plus avoir à le faire. La vaisselle des petites pièces du tire-lait tout les soirs a été remplacée par des jeux et des câlins avec Poulette ce qui me plait beaucoup.

Mon expérience s’est passée bien mieux que ce à quoi je m’attendais. J’avais fait quelques recherches sur les différentes méthodes pour améliorer son confort pendant la période de sevrage. Pour rappel la lactation automatique, je ne connais pas donc il m’arrive encore de « déborder » lorsque l’intervalle entre 2 tétées est inhabituellement important.

Voilà donc quelques astuces pour gérer le confort pendant la période d’adaptation de la lactation.

  • Veuillez à ne pas comprimer les seins, pourquoi ne pas porter un soutien-gorge ou l’on se sent à l’aise en période « de pointe » ? Une fois que la lactation aura trouvée son rythme, les soutien-gorge normaux pourront refaire leur appariation car un soutien-gorge trop serre risquerait juste de provoquer un engorgement, une mastite ou autre joyeuseté.
  • Exprimer un peu de lait manuellement ou au tire-lait, juste de quoi se soulager, ne pas viser la performance.
  • Les compresses chaudes et feuilles de choux peuvent soulager (mais au bureau ca risque de susciter des commentaires sans parler de l’odeur…)
  • Certaines herbes ont pour propriété de ralentir la production de lait, à savoir la sauge (lien), le jasmin, le persil et la menthe poivrée. Une petite tisane avec ces plantes permet donc de s’hydrater sans avoir peur ressentir l’effet Pamela quelques temps plus tard.

Et pour finir qui dit réduction de la lactation, dit chute des taux hormonaux, c’est la deuxième raison (après le confort de la maman et du bébé) pour laquelle un sevrage progressif est préférable. Une chute brutale des hormones s’accompagne souvent d’un sentiment de tristesse similaire au baby blues. Il n’est donc pas rare que les mamans en plein sevrage aient un petit coup de blues ccomme le raconte si bien Marie.  Après tout c’est la fin d’une période, mais on peut aussi le voir comme le début d’une autre qui peut nous apporter tout autant de joie (je pense notamment aux petites étoiles dans les yeux de Chéri quand Poulette lui a caressé la main pendant tout le temps qu’il lui donnait le biberon).

Travailler et faire du lait

Allaiter et travailler c’est possible, ça demande juste un peu de préparation et d’organisation.
« Le petit guide de l’allaitement pour la mere qui travaille » et les sites de La Leche League et Lactissima (parcourus en long et en large) m’ont bien aidés à y voir plus clair pour préparer ma rentrée.

Mon principal souci était de savoir comment j’allais m’organiser : quand et où tirer ? combien de fois ? frigo, congel ou glacière ? plusieurs petits biberons ou de gros biberons moins nombreux?
Apres bien des prises de tête et d’essais pour parvenir aux bonnes quantités, je suis parvenue à l’organisation suivante :

Le matin une petite tétée avant de partir pour la crèche. On emporte 3 biberons de 120 ml dans un sac isotherme avec un bloc congélation (j’utilise le sac et le bloc fourni avec mon tire-lait, les dimensions sont parfaites et ô joie, le bloc réfrigérant s’encastre aussi bien dans les biberons que les canettes de bière (qui favorise la lactation ;)).

Les auxiliaires conservent le lait au frigo et le réchauffe doucement dans un peu d’eau chaude avant de le donner à ma Poulette.
Les infos et commentaires trouvés ici m’ont bien aidés pour trouver les quantités de départ. J’ai préféré commencer par donner plein de petits biberons pour essayer de respecter au mieux le rythme des tétées.
Au tout début, Poulette prenait donc de petits biberons de 60 ml (j’en fournissais 4) puis lorsqu’il a fallu lui en donner deux pour un repas, on est passé à 80 ml puis 100 ml et enfin 120 ml (dans le même temps la fréquence des biberons a diminuée). Je me laisse aveuglement guidée par la crèche, ne sachant pas du tout comment ma fille se comporte avec un biberon.
Jusque ici pas de confusion sein-tétine mais je veille bien à bien faire la distinction : les biberons c’est pour la crèche ou quand je ne suis pas là, sinon c’est tétée. Ca a l’air de bien marcher pour l’instant.

De mon côté, je profite de ma pause allaitement pour tirer mon lait. Je tire deux fois (entre 8h et 14h) à 3h d’écart pendant 10 à 15 min, j’ai remarqué que plus j’étais régulière dans mes horaires plus j’obtenais de lait. J’obtiens au total 2 biberons de 100 à 120 ml que je range dans mon sac isotherme.
Ces pauses, outre nourrir ma fille, m’ont permis de faire ce que je n’avais plus beaucoup le temps de faire depuis un bon moment : lire ! Déjà 3 livres lus depuis le début de l’aventure de l’allaitement au travail…

Malheureusement je n’ai pas trouvé d’autre endroit que les toilettes pour tirer mon lait. Cependant c’est propre et peu fréquenté donc je fais avec.

Récupération de la Poulette à 15h, tétée.

Retour à la maison, étiquetage (nom de ma Poulette, date et quantité) et stockage des biberons tirés dans la journée au frigo jusqu’au lendemain matin où ils partiront à la crèche avec nous.

Bien souvent Poulette ne boit que 2 des 3 biberons que j’apporte à la crèche, le biberon restant est donc conservé au frigo et sera bu le lendemain en premier. La crèche est rassurée d’avoir un biberon de rab pour le cas où un viendrait à se renverser par exemple (ça n’est encore jamais arrivé mais on ne sait jamais).
De plus, cela permet d’avoir du lait datant de deux journées différentes donc si un lait ne passe pas pour X raisons (Poulette a horreur de la rhubarbe par exemple) elle a quand même à manger. Une à deux fois par semaine je récupère le surplus de lait (qui date donc de la veille ou au plus de l’avant-veille) que je congèle dans des sacs (je viens enfin de comprendre l’intérêt du stockage à l’horizontal… oui, oui je suis blonde).

De temps en temps il arrive que je ne puisse pas pu tirer assez longtemps ou assez souvent au travail, je puise donc dans ma petite réserve congelée.
Je préfère néanmoins fonctionner en flux tendus avec du lait frais car celui-ci se conserve sans problèmes 3 à 5 jours au frigo (la durée varie d’un site à l’autre) alors que le lait décongelé doit se boire dans la journée (donc s’il n’est pas bu il sera jeté alors que du lait frais peut se conserver facilement jusqu’au lendemain dans le frigo).

Il arrive aussi que je remarque une baisse de production, surtout vers la fin de la semaine, dans ce cas il m’arrive de rajouter un petit tirage après la tétée du matin, pour partir plus sereine au travail sans obligation de fournir un repas complet. Ca suffit bien souvent à régulariser la situation en quelques jours.
J’ai également troqué mes thés et tisanes (je suis une grande consommatrice) par des tisanes favorisant la lactation : fenouil, anis, cumin ou mélange tout prêt « maman-bébé ». En plus il parait que ca parfume délicatement le lait (c’est Marjoliemaman qui le dit).


En cas de forte baisse, j’ai testé la cure de fenugrec. Cette épice galactagogue a un effet secondaire des plus surprenants : elle modifie l’odeur corporelle en version « sirop d’érable ». Et ouais avec le fenugrec, tu sens bon des dessous de bras ! (et tu as l’air con quand chéri te surprends en train de renifler tes aisselles et toi de lui dire « Vas-y sens ça sent l’érable »).

Hum... ça sent bon!

Au niveau logistique, je ne suis pas sponsorisé par Medela mais pas loin…

J’utilise le tire-lait double pompage Freestyle (kit main libre bien pratique pour faire autre chose pendant la traite même si on peut utiliser un tire-lait normal avec un bustier spécial qui libère les mains) fourni avec son sac de transport (féminin et passe-partout), le bloc glacière et quelques biberons. J’ai seulement acheté des tétines et quelques biberons car c’est le seul contenant que j’utilise. En effet ils s’adaptent aussi bien aux téterelles qu’aux tétines grâce à leur astucieux couvercle en deux parties : la bague et un opercule. Il suffit d’enlever l’opercule et de le remplacer par une tétine et hop le biberon est prêt !
Non seulement c’est très pratique (pour la crèche c’est plus rapide que de préparer un biberon de lait en poudre), on ne perd pas de lait dans des transvasements mais surtout, surtout : moins de vaisselle !! Youhou !!

Mode stockage

Mode tétine

Pour finir il doit y avoir autant de témoignages que de mamans, de modes de garde et de boulots différents mais voilà ma petite pierre à l’édifice, ce n’est qu’un aperçu de ce qui marche pour nous.

J’avoue qu’être un peu déchargée des tirages au travail lorsque Poulette sera diversifiée sera sans doute un gros plus mais ça ne devrait plus tarder!

Et c’est parti…

Previously on About my bidon: accouchement épisode 1, 2 et 3.

La menace de césarienne (et surtout ses conditions : sans le papa, sous anesthésie générale, pas d’allaitement en salle de réveil, pas possible de voir mon bébé avant 24 à 48h) me dévaste, le scenario catastrophe se déroule lentement sous mes yeux et je ne peux rien faire… quoique… je reprends du poil de la bête et décide de faire le peu que je puisse faire : parler au bébé, lui expliquer la situation et que ce serait cool qu’il se décide à venir de lui-même, boire quelques tasses de tisane de feuilles de framboisiers, et surtout changer de position malgré tous ces câbles.

A genoux sur le lit, en appui sur la table où l’on met le plateau-repas, il ne faut pas longtemps pour qu’enfin je sente de légères contractions. Ca y est ca commence et… aie… ça me remplit de joie (façon de parler, hein).

« Non madame, le monito ne montre aucune contraction, c’est pas ça »…aie… on décide alors de noter mes « non-contractions »(*). Le papa fait ça très…aie… bien et il ne faut pas longtemps pour qu’on se rende compte du rythme : toutes les 4 et 2 minutes alternativement. Ca commence rapidement dis donc… tant mieux, la menace de la césarienne s’éloigne d’autant plus à chaque contraction.

Je me concentre sur ma respiration et gère quelques contractions comme ça. Une sage-femme passe sa tête par la porte et constate qu’effectivement le travail a commencé, elle me demande si je veux du gaz mais je préfère attendre encore un peu et tester les massages, lingettes chaudes et autres anti-douleur. Apres tout y’en a encore pour plusieurs heures (ah la naïveté) alors je ne veux pas m’habituer à un anti-douleur tant que j’arrive plus ou moins à gérer. Mouais… j’ai du tenir ce discours pendant  5 minutes avant que je ne supplie chéri de la rappeler et de me donner du gaz! Parce que la les contractions sont de plus en plus longues et fortes… la vache… purée, c’est moi qui crie comme ça ? ah ben oui… mais expulser de l’air très très vite ça fait du bien et… ah tiens ça va mieux si je laisse faire la contraction, on dirait même que… ça pousse !

Poulette est née à 14h20...

Retour de la sage-femme qui ameute les troupes, allume toutes les lumières (aie mes yeux) et commence à installer THE gaz. On me demande (m’ordonne ?) de m’allonger pour m’examiner. Bon alors comment dire, déjà tu ne me demandes rien pendant une contraction et ensuite j’essaie de me retourner là mais avec un bébé qui tente de traverser ton bassin, c’est juste pas facile d’être gracieuse alors patiente un peu !

J’ai juste le temps d’entendre un « Mais on voit la tête ! » avant qu’on me tende le gaz (une pure merveille ce truc). Waouh y’a de la pression dans le masque. L’effet est instantané, après une bouffée la douleur est considérablement atténuée alors je continue…. Peut-être un peu trop car j’ai ensuite l’impression de sombrer, d’être complètement à coté de mon corps, je vois des images de tracé plat , de réanimation (merci urgences et grey’s anatomy) … suis-je en train de mourir (**)? ah ben non alors je veux savoir si c’est une fille ou un garçon ! Je me raccroche à la voix de chéri « Respire, respire » et on m’ôte le masque, oui ça vaut mieux… aaahhh nooooooon encore le masque, je VEUX la drogue…

…Accalmie…

Voix de chéri : « ça y est il est là le bébé ! »

Moi : « C’est vrai ? »

Chéri : « je sais pas je te demande… »

Moi : « Aiiiiieeeeeee »

Chéri : « Bon non il n’est pas encore la… »

… Fin de l’accalmie…

S’ensuit une série de contractions qui me parait interminable… je voudrais bien toucher la tête de mon bébé pour voir où j’en suis mais on m’en empêche a deux reprises (pourquoi ? mystère…) je laisse faire la poussée réflexe, je ne veux pas pousser pour ne pas déchirer mais je sens bien que dans cette position il faut que je donne un petit coup de pouce (enfin pas vraiment de pouce, on se comprend, hein) pour aider mon bébé. J’entends vaguement le mot « cut » revenir dans la conversation, bon c’est clair, ils ne m’épargneront pas(***). Allez je pousse un peu comme ça c’est enfin fini… ouillllle… la tête est passée… même sensation que lorsqu’on enfile un col roulé en beaucoup plus cuisant….

Plus que la brûlure, c’est la sensation de flottement une fois la tête sortie qui m’a le plus frappée… Une dernière contraction et hop… LA voilà ! C’est une fiiiiiille, une toute petite fille me dit son papa…

A peine dans mes bras qu’on me la reprends déjà, « elle est trop petite » me murmure-t-on… Là j’ouvre les yeux, redescends sur terre et constate le monde qu’il y a dans la pièce, ils étaient tous là tout ce temps ??

Avec tout ces gens impossible de voir mon bébé… ils s’apprêtent à l’emmener (dans les bras du pédiatre, sans couveuse ni rien) lorsque nous demandons à l’avoir encore un peu. Je souhaite la mettre au sein mais la pédiatre est formelle « elle est trop petite pour téter ». M’en fous je veux essayer et je veux ma fille contre moi… A peine le temps de prendre une photo que Poulette repart, accompagnée par son papa qui a pour mission de ne pas la quitter des yeux, je ne suis pas rassurée sur ce qu’ils vont lui faire.

(*) c’est dingue mais selon le monito Poulette est née sans contractions, incroyable, non ?

(**) c’était donc ça la phase de désespérance…

(***) à tort, je m’en suis sortie sans episio ni déchirure

Le re-début des hostilités

Si vous avez raté le début, c’est ici et .

Me voilà donc perfusée (de magnésium), sanglée, monitoire et sondée. Le déclenchement n’a même pas commencé que je ne me sens déjà plus libre de mes mouvements, emprisonnée sur ce lit… Parfait pour la mobilité pendant le travail, hein ?

Après l’introduction de la première tablette, on décide de faire un petit somme (le futur papa par terre sur son duvet, merci decathlon pour le matelas intégré) interrompu par les prises de tension et autres introduction intempestives dans la chambre (lumières allumées et claquements de porte en bonus).

J’ai mal… très mal… rien de cyclique comme ce à quoi je m’attendais mais plutôt mal comme une infection urinaire où la douleur serait présente en continu… et augmente en intensité… c’est franchement insoutenable…je presse le bouton près de lit mais personne n’arrive… je réveille chéri, il part chercher une infirmière qui m’applique de la glace… une fois… deux fois…aucun effet je souffre toujours autant et la douleur ne fait qu’empirer…  je n’ai qu’une envie, qu’on me retire cette sonde… un médecin passe, non on ne retire pas la sonde, impossible… peu après la poche se teinte de sang… je n’en peux plus de cette douleur, ça n’est pas normal, l’accouchement n’a même pas commencé et je m’épuise déjà… chéri s’en va et revient avec le médecin qui consent à retirer la sonde (merci chéri je ne sais pas ce que tu lui a dis mais merci)… le soulagement est quasi immédiat… 20 minutes après je revis…

Le médecin s’inquiète du sang dans la poche et veut donc me remettre la sonde… ou une plus petite ou une dans un autre matériel…. Même pas en rêve tu me remets ce machin…

D’autant plus qu’on a réussi connaitre l’utilité de la sonde : quantifier mes sorties par rapport à mes entrées (en gros voir si je fais bien pipi rapport à tout le liquide qu’on m’injecte dans la perfusion). Soit, ça peut très bien se mesurer dans un haricot, une bassine, un seau ou tout autre récipient, non ?

Après d’âpres négociations, on obtient gain de cause et la sonde ne sera pas remise, vive les pipis dans un petit récipient !

S’ensuit un défilé de médecins, une échographie des reins, un puis deux néphrologues qui cherchent à percer le mystère du sang dans la poche. Et si on m’écoutait moi ? Si comme je le pressens, ce n’était qu’une allergie a la sonde(*), sonde qui m’a irritée jusqu’au sang (vu qu’on s’est obstine à me la laisser) ?

Les 6 heures après l’introduction de la première tablette étant passées, il faut se rendre à l’évidence, bébé ne veut pas quitter son nid… et nous sommes déjà bien éprouvés…

Re-apparition du médecin (celle que l’on appellera vieille bique ou Godzilla)  qui me propose (non qui m’impose plutôt) de percer la poche des eaux pour déclencher le travail. Cela ne me plait guère car on a appris en cours de préparation que la poche des eaux est là pour protéger le bébé des contractions, comme un tampon, mais bon, c’est elle le médecin et je ne suis pas en mesure de refuser… Elle en profite d’ailleurs au passage pour me décoller les membranes, ouille ouille ouille elle n’a pas la main légère…

Introduction de la deuxième tablette et c’est reparti, on attend les contractions. L’équipe médicale s’impatiente, ça ne vient pas assez vite, si le travail ne démarre pas dans quelques heures, ce sera une césarienne (**).

(*) L’hypothèse de l’allergie de contact à la sonde a paru très plausible au chef de service de néphrologie qui est venu me voir le lendemain et qui m’a écouté, lui…

(**) Qui aurait était dictée principalement par la rupture de la poche des eaux, m’a affirmée ma gynéco à qui j’ai raconté l’histoire, c’est un peu le serpent qui se mord la queue…

Le début des hostilités

Le premier épisode de l’épopée de l’accouchement est .

Retour à la maternité avec le futur papa ou je sens les regards accusateurs, me voilà devenue ‘celle qui est sortie contre avis médical’. On nous sermonne donc allégrement et on m’annonce que les résultats des analyses sont revenus et sont plutôt mauvais, si ma tension augmente il faudra déclencher l’accouchement. Et voilà pas que l’on me prend la tension dans la minute suivant cette annonce… bingo ça dépasse le seuil limite !
Ben oui, forcément… même le futur papa devait avoir une tension élevée à ce moment là…
Bref, cette soi-disant forte tension était à mon humble avis due en bonne partie au stress infligé par l’équipe médicale… elle a d’ailleurs été bien entretenue en venant me la prendre tous les quarts d’heure…

Le futur papa et moi nous retrouvons donc en salle de travail, où l’on va rester une bonne heure jusqu’ à ce que quelqu’un veuille bien nous en dire un peu plus sur la suite des évènements. Informations que nous n’aurons qu’au compte goutte, ne me demandez d’ailleurs pas le nom des médecins ou infirmières, personne n’a eu le civisme de se présenter…
Contexte idéal pour entretenir ma tension élevée, non?

Une infirmière viendra ensuite me donner une blouse et me poser un cathéter. Nous attendrons ensuite une autre heure avant que quelqu’un ne vienne remplir la perfusion dont nous ignorons le contenu. Pardon, c’est faux on nous a dit que c’était du magnésium mais à la question « Pourquoi me donne-t-on du magnésium ? » on nous a répondu : « parce que c’est le médecin qui l’a prescrit » (*). Hhmm… j’y avais pas pensé…

Ca y est la médecin revient et nous explique ( etc’est un bien grand mot) le deroulement des évènements : on va me déclencher par tablettes, une maintenant (comprendre dans une heure) et la seconde 6 heures après, d’ici là le travail devrait se déclencher et sinon on avisera.

« C’est a dire ? »

« On avisera en temps voulu ne vous inquietez pas. »

On ne s’inquiète pas, on veut juste savoir ce qui peut arriver pour s’y préparer, c’est tout… c’est justement de ne pas savoir qui m’inquiète et me stresse (et fait donc monter ma tension) !
Nous en proftions quand même pour discuter de notre plan de naissance, vu l’accueil on se doute bien qu’il ne sera pas suivi mais je suis plutôt surprise car elle répond favorablement à la plupart de nos demandes : être mobile pendant le travail, choisir la position d’accouchement, les soins du bébé, pas d’épisio, découvrir nous-mêmes le sexe du bébé, ne couper le cordon que lorsqu’il a fini de battre, allaiter a la naissance, nous laisser un peu de temps seul tous les 3…

Enfin…elle dit oui pour ne pas s’étendre sur le sujet je pense… elle nous demandera ensuite nos copies du plan pour « les distribuer dans le service ». Mouais… on se rendra compte plus tard que c’était pour les faire disparaitre…

(*) Après recherches (merci google), le magnésium sert à prévenir les convulsions dans les cas d’éclampsies… sachant que je n’étais qu’en supposition de pré-éclampsie, cela me parait un peu drastique comme protocole… m’enfin bon je ne suis pas médecin… néanmoins un avis éclairé sur la question m’interesserait : était-elle vraiment nécessaire cette perfusion ?

La reprise

L’un des avantages des émirats c’est que c’est un peu moins la croix et la bannière qu’en France pour trouver un mode de garde pour bébé quand maman retourne au travail.
On a donc trouvé sans trop de problèmes (à vrai dire le premier coup de fil fut le bon) une crèche pour accueillir la Poulette quand je travaille. Cette crèche est un peu loin du travail et de la maison mais :
– le lait maternel est accepté
– les lingettes lavables aussi (ils pourraient sans doute utiliser aussi les couches lavables mais je les utilise peu et juste à la maison pour l’instant), je les récupère en même temps que ma Poulette dans un petit sac plastique
– ils me remettent une petite fiche à la fin de la journée avec les heures de repas, les siestes et leur durée, les urines et selles ainsi que l’humeur de mon bébé, bref ce que j’ai souvent voulu faire lors de mon congé mais que je n’ai jamais réussi à tenir à jour !
Par contre il n’y a pas de période d’adaptation pour les bébés, on m’a dit qu’à cet âge ils étaient assez flexibles et que l’adaptation était plus pour les parents que les enfants. Etant donné que j’ai profité de plusieurs ponts pour reprendre le travail (a mi-temps), la reprise s’est faite progressivement et ça s’est très bien passé comme ça.
Laisser ma Poulette à la crèche ne m’a finalement pas paru insurmontable, elle fait de grands sourires à son éducatrice à chaque fois que je la quitte, je pars donc l’esprit tranquille…
N’empêche que… je suis quand même bien contente de la retrouver à 15h…

La gestion de la douleur

Ce second cours commence par la lecture de témoignages de mamans sur les contractions, elles y décrivent leurs impressions : une douleur qui monte en intensité puis diminue comme une vague, une douleur de règles très fortes, etc…

S’ensuit une simulation de contraction : à genoux, incliné aux ¾ pendant 60 secondes… ouille… ouille… ouillle…
Puis on recommence mais cette fois-ci on se concentre sur sa respiration, on bouge les hanches, on rit, bref on vérifie par nous même que plus on est détendus et que l’on se change les idées, plus la douleur se gère facilement. Le principe est démontré, c’est ce qu’il va falloir appliquer pendant le travail.

Pour cela, plusieurs moyens sont mis à notre disposition. Le premier est notre partenaire. Il peut nous aider de multiples façons : des massages, des encouragements, des mots doux, voire même ne rien faire : une présence apaisante peut parfois suffire.

La respiration joue également un rôle primordial, c’est ce qui permet de bien se relaxer. Expirer longuement en pensant à relâcher ses épaules et les muscles du visage, surtout ne pas se crisper…

Nous avons passé en revue la trousse à outils du travail : eau, barres de céréales, baume à lèvres, brumisateur, serviettes, homéopathie, fleurs de Bach, téléphone, musique, chaufferette, huile de massage (privilégier les huiles sans odeur car l’odorat est très développé durant le travail), une paille pour boire plus facilement… chacun peut y rajouter ce qui lui semble nécessaire y compris une TENS, une petite machine a électrodes (du style sport-elec) qui envoie un signal censé stopper le chemin de la douleur.

Ensuite séance « pratique » : ces messieurs s’entrainent aux différents massages, points de compression et ce qu’ils ont dans leur trousse a outils pendant que ces mesdames simulent une contraction en tenant bien fort un glaçon dans leur main pendant 60 secondes et essayent de se relaxer… aaarrff…
A ce point je pense que 98% des futures mamans présentes ont pensé : j’y arriverais jamais, pour moi ce sera la péridurale. Jusqu’à ce qu’on nous explique que les douleurs ne sont pas comparables, la douleur d’une contraction est plus diffuse et augmente progressivement en intensité contrairement au glaçon qui délivre une douleur ponctuelle et très intense du début à la fin.

On nous a ensuite présenté les différents moyens médicaux à notre disposition pour gérer la douleur : entonox (gas air ou gas hilarant), pethidine et peridurale ainsi que les avantages et inconvénients de chaque méthode.

  • Entnox (ou gas air ou gas hilarant) : mélange d’air et d’azote

+
Atténuation de la douleur
Se dissipe rapidement si on ne supporte pas
Agit rapidement
Permet de prendre de grandes inspirations donc de se concentrer sur sa respiration

Peut rendre malade mais ses effets se dissipent rapidement

+

Atténuation de la douleur
En cas de long travail, permet de faire une pause et de dormir

Narcotique qui peut rendre malade / faire halluciner et dont les effets sont longs à disparaitre

  • Péridurale

+
Atténuation totale de la douleur efficace à 95%
En cas de long travail, permet de faire une pause et de dormir

Peut ne marcher que d’un seul côté
Ralenti le processus hormonal naturel d’où introduction d’hormones de synthèse mais seulement les hormones agissant sur le muscle utérin (adrénaline et endorphine ne sont plus produites)
Position couchée -> 28% de place en moins d’où des difficultés à sortir le bébé qui entrainent des extractions instrumentales (ventouses, forceps) et épisiotomies.
Quand l’effet s’estompe, il peut être très dur de se « remettre dans le bain » des contractions qui seront tout de suite très fortes

Au travail!

Avant même de commencer nos cours de préparation à la naissance et à la vie de parents, nous avions des devoirs : lister chacun de son côté les idées reçues et préconçues que l’on se fait de la grossesse, la naissance et les premiers jours avec bébé puis mettre nos listes en commun et comparer… Pour notre part nous nous sommes rendus compte que nous ne savions pas grand-chose… peu de nos amis sont parents, chéri est le petit dernier et moi j’étais bien petite a la naissance de mon frère pour me souvenir de quoi que ce soit…
On part donc sans trop d’aprioris et un peu (beaucoup ?) à l’aventure…

Tout débute par un peu de théorie sur les mécanismes de la naissance et l’importance des hormones pour bien comprendre comment réagit le corps lors du travail et de l’accouchement.
Notre prof a vraiment bien insisté sur le fait que c’est lorsqu’on se sent bien, dans un environnement sécurisant, entouré des personnes qu’on aime, que la sécrétion d’ocytocine (aussi appelée hormone de l’amour ) est la meilleure. Cette dernière, associée à l’adrénaline et aux endorphines participent activement au processus de la naissance .
C’est pour cela qu’on observe souvent un ralentissement du travail à l’arrivée à la maternité : l’environnement change, l’hôpital ne nous est pas toujours familier, on ne connait pas forcement les personnes qui vont s’occuper de nous, la production d’ocytocine diminue donc et le travail ralentit…
Pour le faire repartir, privilégier le contact physique et visuel avec le futur papa (ou la sage-femme, la doula, bref toute personne dans laquelle vous avez confiance), personnaliser la chambre d’hôpital (apporter une veilleuse ou un foulard pour tamiser la lumière, mettre une musique relaxante, etc…) afin de mieux rentrer dans votre bulle.
Il est donc très important de choisir un lieu ou l’on se sent bien et de s’entourer de personnes de confiance pour accoucher. Cela permet au processus naturel de se dérouler au mieux donc de limiter les complications et surtout d’en garder un bon ressenti.

Toujours dans l’optique de mettre toutes les chances de son côté pour que son accouchement se déroule le plus simplement possible, on nous a indiqué quelques astuces et positions à pratiquer les dernières semaines de grossesse pour mettre à bébé de se mettre dans la position optimale a sa descente :
– veiller à ce que les genoux soient plus bas que les fesses, au besoin utiliser un petit coussin sous les fesses dans la voiture ou au bureau. Cela favorise l’ouverture du bassin, bébé a donc plus de place pour s’y engager.
– se pencher légèrement en avant plutôt que de se s’affaler en arrière… c’est une question de gravité, le bébé se placera donc préférentiellement ventre- à ventre et non dos- à -ventre (position reconnue pour allonger le travail et le rendre plus douloureux car bébé devra effectuer une rotation supplémentaire)
Les positions qui regroupent ces deux critères : s’asseoir sur un gros ballon ou à califourchon sur une chaise.

Nous avons ensuite passé en revue les différentes positions d’accouchement en les reproduisant avec un bassin en plastique et une petite balle pour simuler la tête du bébé. Un petit ballon de baudruche représentant la vessie nous a permis de visualiser la place qu’occupe celle-ci dans le bassin, place qu’on peut facilement gagner en pensant à aller régulièrement aux toilettes.

C’est aussi plus facile de comprendre en quoi une position « non-assise » favorise le passage du bébé lorsqu’on nous en fait la démonstration. Selon les positions, on peut gagner jusqu’à 28% d’espace d’ouverture en plus dans le bassin comparé a la position couchée!

Donc accoucher couchée, la vessie pleine ou debout la vessie vide, on ne part pas avec les mêmes cartes en mains…

On est ensuite passé aux différentes phases du travail :
La 1ere, la plus longue pendant laquelle l’utérus se contracte de bas en haut (à moins que ça ne soit de haut en bas, je ne sais plus… bref dans un sens, quoi) pour dilater le col.
La période de transition (ou phase de désespérance), rush d’adrénaline qui change le sens des contractions de l’utérus et nous fait nous sentir… désespérées…
La deuxième phase (expulsion), plus rapide que la première, où l’utérus se contracte de façon à faire sortir le bébé.
Et pour finir l’expulsion du placenta.

Le bilan de la séance pour les mamans est donc le suivant : suivre son instinct et adopter la position qui nous semble la plus appropriée.
Pour les papas : emmenez régulièrement vos femmes aux toilettes, faites les marcher, changer de position, lorsqu’elle voudra faire sa valise et rentrer chez elle car de toute façon elle en voulait pas de ce bébé, rappelez lui que c’est l’adrénaline qui parle et que ca signifie que la fin est proche…